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Viktor Orbán demande de l'aide à l'UE et au FMI

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Publié 16 mars 2012

Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a adopté un ton conciliant avec la Commission dans le but d'obtenir une aide financière « préventive », une semaine après avoir qualifié d'« extrêmement stupide » la décision de l'exécutif européen de geler ses fonds régionaux si le pays ne réduisait pas son déficit budgétaire.

Dans une lettre adressée au président de la Commission, José Manuel Barroso, M. Orbán a promis de répondre aux inquiétudes de l'exécutif européen. Bruxelles souhaite en effet que la Hongrie règle certains problèmes avant qu'une « aide préventive » ne puisse lui être allouée par l'UE et le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à contrer d'éventuelles difficultés financières.

La semaine dernière, la Commission a lancé la seconde phase de deux procédures d'infraction contre la Hongrie pour interférence du gouvernement dans le système judiciaire et l'autorité de protection des données. La prochaine étape pourrait être un recours devant la Cour européenne de justice.

« Par la présente, je demande votre collaboration et vous demande de prendre les mesures nécessaires pour des négociations puissent être lancées sur la conclusion d'un accord avec la Hongrie concernant une aide préventive, dans le but d'éviter tout retard inutile », a écrit M. Orbán, selon l'agence de pression hongroise MTI qui a obtenu une copie de cette lettre.

Ce ton conciliant contraste avec les récentes déclarations du premier ministre hongrois. La Commission avait d'ailleurs refusé de les commenter.

M. Orbán aurait déclaré lors d'une conférence le 8 mars que la proposition de la Commission de geler les financements alloués aux régions les plus pauvres de Hongrie en 2013 était une « politique extrêmement stupide » faisant preuve d'une mauvaise gestion.

A propos de la lettre envoyée à M. Barroso, la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde Hansen, a déclaré hier (15 mars) que le président de l'exécutif européen y porterait l'attention nécessaire et qu'elle serait examinée dans le contexte des procédures d'infraction. La Hongrie doit répondre à deux lettres administratives et à deux avis motivés émis par la Commission avant la date butoir du 7 avril prochain.

Mme Hansen a déclaré que la Commission espérait que la Hongrie répondrait dans les temps et qu'elle règlerait les problèmes dans les domaines concernés. 

Naufrage du forint

La Hongrie doit trouver un accord avec le FMI et l'Union européenne sur une aide financière qui pourrait contribuer à la stabilisation du forint et permettre de restaurer la confiance des marchés, a affirmé un dirigeant de l'Organisation de coopération et de développement économiques, cité par l'agence de presse Bloomberg.

Le forint hongrois est la monnaie qui a enregistré les pires résultats au second semestre de 2011. Il a perdu 8 % de sa valeur par rapport à l'euro cette année.

Dans le même temps, le gouvernement de M. Orbán aux mains du Fidesz a essuyé un nouveau revers lorsqu'un tribunal hongrois a annulé une décision de l'autorité nationale des médias qui souhaitait allouer la fréquence d'une radio de l'opposition, Klubradio, à une autre chaîne.

Selon les détracteurs de M. Orbán, le gouvernement du Fidesz avait tenté de réduire au silence cette radio populaire en réattribuant sa fréquence à une radio inconnue.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

En avril 2010, les Hongrois ont voté en masse pour un changement radical, renvoyant les socialistes dans l'opposition et donnant la majorité qualifiée au centre-droit au parlement.

Ces élections ont été caractérisées par la plus grande victoire jamais remportée par un parti politique lors d'élections législatives depuis la chute du communisme 21 ans plus tôt. Plusieurs mesures mises en place par le nouveau gouvernement ont toutefois fait l'objet de controverses.

La nouvelle constitution controversée, entrée en vigueur le 1er janvier, a fait descendre dans les rues des dizaines de milliers de manifestants à Budapest. Ils estiment qu'elle entrave l'indépendance de la banque centrale, du système judiciaire et des médias. Les détracteurs de ces nouvelles mesures affirment également qu'elles représentent une attaque contre la liberté de religion étant donnée la diminution du nombre de groupes religieux reconnus de 300 à 14.

Dans le cadre de son traité d'adhésion à l'UE, la Hongrie sera obligée d'adopter l'euro dès qu'elle sera prête. La nouvelle constitution fait toutefois de la monnaie nationale, le forint, la seule devise légale dans le pays.

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