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ACAC : la Commission choisit le camp des entreprises

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Publié 05 avril 2012

La Commission européenne a pris position hier (4 avril) en faveur de l’adoption rapide de l’accord commercial anti-contrefaçon (ACAC), contre la volonté du Parlement européen qui projette de rejeter cet accord par un vote en plénière d’ici l’été.

Le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, un fervent partisan de l'ACAC (voir « Contexte »), a demandé au Parlement européen de respecter la Cour européenne de justice (CEJ) et d'attendre qu'elle rende son avis avant de définir sa position sur l'ACAC.

M. De Gucht a tenu ces propos après que le Collège des commissaires a décidé hier (4 avril) de saisir la CEJ pour lui demander son avis sur la conformité de l'ACAC avec les traités européens.

Le commissaire a souhaité s'exprimer en réponse aux bruits qui courent chez les socialistes et les verts au Parlement européen quant au fait qu'ils aient promis d'« enterrer » l'ACAC avant l'été, bien avant que la Cour européenne de justice n'ait eu l'occasion de rendre son verdict.

« Je pense qu'il est de la responsabilité de la Commission européenne de fournir à nos représentants parlementaires démocratiquement élus et à la population dans son ensemble les informations les plus détaillées et précises possible », a-t-il expliqué.

« La plupart des critiques contre l'ACAC émanent de personnes eu Europe qui se concentrent sur l'éventuel problème qu'il représenterait dans le domaine des droits fondamentaux. Par conséquent, un renvoi permettra à la plus haute Cour d'Europe de déterminer de manière indépendante si cet accord est légal ou non », a-t-il martelé.

Le mois dernier, la Commission européenne a demandé à la CEJ de déterminer si l'ACAC était compatible ou non avec les droits fondamentaux de l'UE, tels que la liberté d'expression et d'information, la protection des informations personnelles et les droits de propriété intellectuelle.

Les groupes de pression en faveur de l'accord anti-contrefaçon ont expliqué que ce recours en justice marquait un retour en arrière, dans la mesure où la Cour pourrait prendre un ou deux ans avant de rendre sa décision.

Les secteurs qui militent pour une protection renforcée des droits d'auteur ont quant à eux été clairs : ils comptent bien utiliser le temps mis à leur disposition pour expliquer « ce qui se trouve et ce qui ne se trouve pas » dans ce traité.

Le Bureau du Parlement, qui rassemble les dirigeants des groupes politiques européens, prendra la décision d'organiser ou non un vote. Bien que la position des socialistes et des verts soit claire, le groupe libéral ADLE et le Parti populaire européen de centre-droit (PPE) doivent encore donner leur avis.

Conformément au projet de traité ACAC, l'accord pourra entrer en vigueur une fois qu'il aura été ratifié par six Etats signataires. Aucun Etat ne l'a fait jusqu'à présent. Nombreux sont ceux qui pensent qu'un vote négatif au Parlement mettrait un terme à l'ACAC.

Prochaines étapes : 
  • 12 avril : audience sur l'ACAC organisée par le groupe des socialistes au Parlement européen.
EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

COMMENTS

  • C'est la guerre entre ceux qui produisent des richesses, collectives, et ceux qui profitent de ces richesses, sans vouloir en payer le prix.

    L'Europe sera t'elle une zone économique composée exclusivement de consommateurs et de "jouisseurs", dans une logique égotiste,où les de producteurs seront découragés, inutiles et donc absents ?

    Alors, il est inutile que les Etats consacrent autant d'argent à l'éducation,à la recherche,à la culture,à la formation des élites et de chercheurs de toutes sortes.

    ...C'est un choix de civilisations qui pose le problème de la liberté et de ses limites.... Le déclin est à la sortie.

    By :
    Peter Keep
    - Posted on :
    13/04/2012
Contexte : 

L'ACAC a d'abord été annoncé fin 2007, lorsque les Etats-Unis, l'UE, la Suisse et le Japon ont fait savoir qu'ils négocieraient un nouvel accord sur la propriété intellectuelle pour lutter contre la contrefaçon des articles à l'échelle transfrontalière.

Selon les anciens négociateurs, les pays de l'UE souhaitaient conclure un accord sous l'égide de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), mais comme les membres ne parvenaient pas à se mettre d'accord, les nations qui le souhaitaient ont rédigé l'ACAC.

Les Etats-Unis ont signé ce traité de 52 pages en octobre dernier, en même temps que l'Australie, le Canada, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud. Le 26 janvier, 22 pays européens et la Commission européenne l'ont également signé (les pays non-signataires étant l'Allemagne, Chypre, l'Estonie, les Pays-Bas et la Slovaquie).

La Commission soutient l'ACAC et y voit des avantages pour les exportateurs et les créateurs européens. Elle affirme qu'ils bénéficieront de conditions de concurrence plus justes à l'échelle mondiale. L'accord n'entrera en vigueur qu'après que six Etats signataires l'auront ratifié. Aucun Etat ne l'a fait jusqu'à présent. La ratification par le Parlement européen de la signature de la Commission est également requise.

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