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Commerce en ligne : renforcement de la protection des commerçants

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Publié 12 janvier 2012, mis à jour 14 février 2012

La proposition de doubler le volume du commerce en ligne en Europe d’ici 2015, annoncée dans une communication publiée hier (11 janvier), devrait soulever la question de la responsabilité des commerçants en ligne.

Cette communication, initiée par le commissaire en charge du marché intérieur, Michel Barnier, la commissaire chargée de la stratégie numérique, Neelie Kroes, et le commissaire en charge de la santé et de la politique des consommateurs, John Dalli, comprend un plan d'action visant à stimuler l'e-commerce. Ils souhaitent que son volume passe de 3,4 % des ventes de détail (3 % du PIB de l'UE) à 7 %.

Elle contient des propositions qui devraient permettre de faciliter l'accès à la vente en ligne pour les consommateurs, de rendre les paiements en ligne et les livraisons plus simples, d'accroître la transparence sur les prix et la protection du consommateur, de le protéger contre la fraude et de stimuler les réseaux à grande vitesse.

Le point le plus controversé concerne la responsabilité des prestataires de services Internet en cas de contenu illégal ou frauduleux.

Responsabilité des commerçants

Actuellement, les prestataires sont protégés tant qu'ils prennent des mesures pour supprimer les produits ou les publicités illégaux une fois le problème identifié.

La Commission compte toutefois renforcer ces protections et adoptera cette année une initiative sur les procédures de « notification et action ».

James Waterworth, le président de la European Digital Media Association (EDiMA), une organisation regroupant certaines des plus grandes entreprises de nouveaux médias et du secteur de l'Internet, a salué les mesures visant à réaliser le potentiel de croissance du marché unique. Il a toutefois confié à EurActiv qu'il faudrait s'assurer que « les pierres angulaires de l'environnement actuel, comme le régime de responsabilité des intermédiaires en ligne, restent en place ».

Monique Goyens, la directrice générale de l'organisation de protection des consommateurs BEUC, a quant à elle déclaré que la procédure de notification et action devrait être bien encadrée.

« Nous avons vu que les efforts visant à criminaliser les consommateurs sont une perte de temps », a-t-elle expliqué. « Les Européens ont clairement démontré que la disponibilité plus grande d’offres légales, associée à des paiements sécurisés, sont les voies de l’avenir. »

Un marché de 310 milliards d'euros

Mme Kroes a affirmé que 6 mille milliards d'euros circulaient via l'e-commerce dans le monde chaque année, mais que l'Europe restait à la traîne. Sur les 200 millions d'Européens qui achètent sur Internet (avec des réglementations nationales différentes) moins d'un quart faisaient leurs achats dans un autre pays.

Copenhagen Economics, un groupe de réflexion économique, a publié une nouvelle étude montrant que les activités intermédiaires en ligne dans l'UE ont contribué au PIB européen à hauteur d'environ 310 milliards d'euros (données datant de 2009).

Il affirme que cette somme comprend une contribution directe au PIB de 160 milliards d'euros pour les intermédiaires en ligne et a un impact indirect de 150 milliards d'euros via des retombées sur les autres entreprises et secteurs.

On peut lire dans ce rapport que d'une année à l'autre, l'e-commerce se développe en suivant une tendance à la hausse.

Réactions : 

« Nous avons bon espoir qu’il s’agit là d’un réel progrès vers  une économie numérique européenne compétitive et progressiste. Mais ces efforts européens seront, en fin de compte, jugés sur leur capacité à consolider les droits fondamentaux des consommateurs et à prendre en compte leurs préoccupations », a déclaré Monique Goyens, la directrice générale du BEUC, l'organisation européenne de protection des consommateurs.

« Nous avons également besoin d'une répression plus ferme des pratiques commerciales déloyales sur Internet, qu’elles soient existantes ou émergentes », a-t-elle ajouté. « C’est seulement par ce biais que la confiance des consommateurs dans le commerce transfrontalier sera renforcée et rendra possible un marché unique numérique dynamique. »

« Une grande partie de l'économie numérique européenne résulte de l'activité des intermédiaires en ligne », a déclaré Martin H. Thelle, partenaire chez Copenhagen Economics. « Selon nous, les décideurs politiques européens ont fait le bon choix en consacrant des limitations de responsabilité pour les plates-formes en ligne dans la directive sur le commerce électronique et ils semblent qu'ils fassent à nouveau le bon choix en tentant de renforcer le régime actuel. »

« Les deux documents montrent que les services de la Commission se sont fait une image assez juste des problématiques qui ont besoin d'être abordées et que les actions proposées visant à faciliter les transactions du commerce électronique doivent être soutenues par notre secteur », a déclaré Susanne Czech, la secrétaire générale de la European Multi-channel and Online Trade Association (EMOTA).

« Toutefois, nous serons attentifs à la manière dont ces actions seront formulées, dans la mesure où des initiatives bien intentionnées peuvent parfois résulter en un fardeau pour les entreprises si elles perdent de vue l'intérêt légitime des commerçants en ligne pour un secteur très rentable. »

Prochaines étapes : 
  • 2013 : la Commission organisera une conférence des parties prenantes sur l'e-commerce et proposera diverses actions dans le cadre de sa communication.
Jeremy Fleming - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
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Contexte : 

La croissance de l'e-commerce transfrontalier au sein de l'UE progresse lentement. C'est ce que démontre un récent sondage de la Commission européenne qui laisse entendre qu'il reste beaucoup à faire si l'Union veut atteindre ses objectifs pour 2020.

L'UE s'est fixé l'objectif d'augmenter à 20 % d'ici 2020 la proportion des consommateurs européens qui achètent en ligne dans d'autres pays de l'Union, comme stipulé dans la « stratégie numérique » qui vise à développer ce pan de l'économie.

Quelque 36 % des consommateurs de l'UE achetaient des produits en ligne chez des commerçants de leur pays en 2010, contre 34 % en 2009, a révélé la 5e édition du tableau de bord des marchés de consommation qui a fait état d'une faible croissance de la popularité de l'e-commerce à l'échelle nationale.

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