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La Commission a déclaré hier (22 avril) que la vente de jeux vidéo au contenu violent devrait être interdite aux mineurs. Elle appelle à un renforcement du système de classification des jeux dangereux afin de mieux protéger les enfants.
Bruxelles veut que les détaillants multiplient les contrôles et appliquent un code de conduite volontaire, d’ici deux ans, afin de d’empêcher les jeunes d’acheter des jeux vidéo dangereux avec succès. Lors d’une conférence, la commissaire européenne chargée de la Société de l’information et médias Viviane Reding a déclaré que la vente de matériels pornographiques n’est pas autorisée aux mineurs, il devrait en être de même pour les jeux vidéo au contenu violent.
En 2003, l’industrie des jeux vidéo a déjà introduit un système de classification des jeux dangereux au sein de l’UE. Dans le cadre de ce système, dénommé PEGI (système paneuropéen de classification par catégorie d’âge des logiciels de loisirs), les principaux fabricants de consoles de jeux ont accepté d’assortir un symbole et une catégorie d’âge, allant de 3 à 18 ans, aux jeux vidéo afin d’aider les parents et les détaillants à indiquer aux mineurs le contenu des jeux vidéo.
Jusqu’à présent, 20 des 27 Etats membres de l’UE appliquent le système PEGI et trois autres se sont dotés de leurs propres systèmes de classification. Seuls la Chypre, le Luxembourg, la Roumanie et la Slovénie n’ont mis en place aucun système de classification.
Néanmoins, selon Mme Reding, il s’avère que le système « PEGI fonctionne bien, mais il n'est malheureusement pas assez connu du public ». Elle a déploré le fait que, bien que le système de classification soit en place depuis déjà cinq ans, les mineurs continuent à acheter des jeux vidéo dangereux dans les magasins.
Bruxelles propose de résoudre la question en augmentant les contrôles effectués par les détaillants tout en faisant mieux connaître le système de classification actuellement en place. « Aujourd'hui, notre message est clair: l'industrie et les autorités nationales doivent aller plus loin pour que les parents soient en mesure de prendre les bonnes décisions pour eux-mêmes et leurs enfants, a ajouté Meglena Kuneva, membre de la Commission responsable de la protection des consommateurs.
La Commission ne cherche pas à imposer une interdiction sur la publicité pour les jeux vidéo violents et limite les mesures restrictives seulement au contenu incitant à la haine raciale et religieuse.
Le secteur des jeux vidéo actuellement en pleine expansion en Europe s’est transformé en un « mainstream medium » générant des revenus dépassant ceux du marché des salles de cinéma et représentant une valeur marchande de 30 milliards d’euros. D’après les chiffres de la Commission, un tiers de ces revenus est concentré en Europe.
En raison de l’augmentation des jeux violents entre les enfants et les adolescents, on reproche aux jeux vidéo d'être à l’origine des comportements agressifs et violents des jeunes, comme la fusillade en Finlande en 2007 où un jeune âgé de 18 ans a assassiné 9 personnes. Cependant, le lien entre les comportements agressifs et les jeux vidéo n’a pas été prouvé par les scientifiques.
Cependant, la principale faille de l’initiative de la Commission pourrait être qu’elle ne couvre pas les jeux vidéo en ligne. Les ventes via l’internet ou les téléphones mobiles montent en flèche et devraient représenter 33 % du total des recettes du secteur d’ici 2010. De plus, le téléchargement illégal de jeux vidéo est déjà un phénomène très répandu. Néanmoins, les nouvelles propositions visent les magasins et ne prévoit pas de mesures concernant les ventes en ligne.