EurActiv a cru comprendre que Bruxelles n'accuserait pas la Chine de l'attaque dont a été victime le Conseil européen en juin dernier et que Bloomberg a attribué aux Chinois et à leur puissante Armée populaire de libération.
« Nous n'avons été informés d'aucune attaque ciblée », a déclaré à EurActiv Antony Gravili, porte-parole de Maroš Šefčovič, le commissaire en charge des relations interinstitutionnelles.
Une guerre d'usure, une course à l'armement
« On ne parle pas d'une seule attaque en force et inattendue qui nous prendrait par surprise. On n'est pas assis là, et puis vlan ! Il y a des incidents », a expliqué M. Gravili. « En réalité, il s'agit d'une guerre d'usure, d'une course à l'armement. »
Il a affirmé que la Commission s'apprêtait à transformer son réseau d'équipes d'intervention en cas d'urgence informatique (CERT) en programme permanent dans les semaines à venir, à l'issue d'une année test.
Dans le cadre du régime des CERT, les gouvernements et les régions des Etats membres de l'UE réagissent aux incidents de sécurité et discutent des menaces potentielles. La Commission prévoit de créer de nouvelles CERT qui combleraient le fossé entre les secteurs public et privé, en plus de sa propre CERT dédiée à l'UE.
Bruxelles prépare en outre une stratégie globale en matière de cybersécurité qui devrait être publiée à l'automne. Son objectif est de s'attaquer au problème sous divers angles, comme les activités mafieuses, l'impact des vols d'identité en ligne sur l'activité commerciale et l'établissement d'un lien entre la stratégie européenne et les efforts consentis dans les autres pays.
Ne pas toujours se fier aux apparences
Une étude privée sur la sécurité à l'appui, Bloomberg a affirmé qu'une grande organisation de hackers chinois, appelée « Candeur byzantine » par les services de renseignement américains, avait pris pour cible le bureau du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, en juin dernier.
« Candeur byzantine est liée à l'armée chinoise, l'Armée populaire de libération, selon un câble diplomatique de 2008 diffusé par WikiLeaks », a expliqué le journaliste de Bloomberg dans son article, après avoir consulté d'anciens agents des services secrets américains.
« Bruxelles rechigne à pointer la Chine du doigt », a déclaré une source au fait du programme de sécurité de l'Europe, sous le couvert de l'anonymat.
« Cette attaque aurait très bien pu être organisée dans d'autres pays. Il est possible, par exemple, que des agents aient opéré via des adresses IP piratées en Chine puis qu'ils aient utilisé ces adresses volées pour une autre attaque, dans le but de semer la confusion sur les cibles et sur l'identité des hackers », a ajouté cette source.
Ces récents événements font suite à l'aveu de la Commission au printemps dernier (28 mars) qu'elle avait elle-même été victime d'une attaque. M. Gravili avait alors confirmé que les hackers visaient les informations détenues par certains fonctionnaires, et en particulier ceux du Service d'action extérieure en charge des relations diplomatiques de l'Union.







