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Course au cyber-armement : l'Europe rechigne à accuser la Chine

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Publié 02 août 2012

Des propositions pour renforcer la protection de la Commission dans le cyberespace seront présentées dans les semaines à venir en réponse à une « guerre d'usure » plutôt qu'à des attaques spécifiques, a déclaré un porte-parole de l'exécutif européen à EurActiv. Dans le même temps, certaines sources expliquent que Bruxelles rechigne à pointer la Chine du doigt.

EurActiv a cru comprendre que Bruxelles n'accuserait pas la Chine de l'attaque dont a été victime le Conseil européen en juin dernier et que Bloomberg a attribué aux Chinois et à leur puissante Armée populaire de libération.

« Nous n'avons été informés d'aucune attaque ciblée », a déclaré à EurActiv Antony Gravili, porte-parole de Maroš Šefčovič, le commissaire en charge des relations interinstitutionnelles.

Une guerre d'usure, une course à l'armement

« On ne parle pas d'une seule attaque en force et inattendue qui nous prendrait par surprise. On n'est pas assis là, et puis vlan ! Il y a des incidents », a expliqué M. Gravili. « En réalité, il s'agit d'une guerre d'usure, d'une course à l'armement. »

Il a affirmé que la Commission s'apprêtait à transformer son réseau d'équipes d'intervention en cas d'urgence informatique (CERT) en programme permanent dans les semaines à venir, à l'issue d'une année test.

Dans le cadre du régime des CERT, les gouvernements et les régions des Etats membres de l'UE réagissent aux incidents de sécurité et discutent des menaces potentielles. La Commission prévoit de créer de nouvelles CERT qui combleraient le fossé entre les secteurs public et privé, en plus de sa propre CERT dédiée à l'UE.

Bruxelles prépare en outre une stratégie globale en matière de cybersécurité qui devrait être publiée à l'automne. Son objectif est de s'attaquer au problème sous divers angles, comme les activités mafieuses, l'impact des vols d'identité en ligne sur l'activité commerciale et l'établissement d'un lien entre la stratégie européenne et les efforts consentis dans les autres pays.

Ne pas toujours se fier aux apparences

Une étude privée sur la sécurité à l'appui, Bloomberg a affirmé qu'une grande organisation de hackers chinois, appelée « Candeur byzantine » par les services de renseignement américains, avait pris pour cible le bureau du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, en juin dernier.

« Candeur byzantine est liée à l'armée chinoise, l'Armée populaire de libération, selon un câble diplomatique de 2008 diffusé par WikiLeaks », a expliqué le journaliste de Bloomberg dans son article, après avoir consulté d'anciens agents des services secrets américains.

« Bruxelles rechigne à pointer la Chine du doigt », a déclaré une source au fait du programme de sécurité de l'Europe, sous le couvert de l'anonymat.

« Cette attaque aurait très bien pu être organisée dans d'autres pays. Il est possible, par exemple, que des agents aient opéré via des adresses IP piratées en Chine puis qu'ils aient utilisé ces adresses volées pour une autre attaque, dans le but de semer la confusion sur les cibles et sur l'identité des hackers », a ajouté cette source.

Ces récents événements font suite à l'aveu de la Commission au printemps dernier (28 mars) qu'elle avait elle-même été victime d'une attaque. M. Gravili avait alors confirmé que les hackers visaient les informations détenues par certains fonctionnaires, et en particulier ceux du Service d'action extérieure en charge des relations diplomatiques de l'Union.

Réactions : 

« Les hackers trouvent de nouveaux moyens d'opérer. Même si nous disposons d'un système pour lutter contre le piratage, nous travaillons sans relâche à de nouvelles approches. Le piratage survient par vagues et non par pics, avec des tentatives d'attaque permanentes », a expliqué Antony Gravili, porte-parole de Maroš Šefčovič, le commissaire en charge des relations interinstitutionnelles.

Prochaines étapes : 
  • Automne 2012 : la Commission prévoit de présenter une stratégie globale sur la cybersécurité en Europe.
  • Jan. 2013 : le centre européen de lutte contre la cybercriminalité devrait ouvrir ses portes.
Jeremy Fleming - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Grid wars
Contexte : 

L'Union européenne devrait ouvrir un centre de lutte contre la cybercriminalité début 2013, dans le but de stopper des organisations criminelles dont les activités vont de la fraude bancaire en ligne à l'exploitation sexuelle des enfants.

Dans le cadre d'une stratégie visant à développer les échanges commerciaux en ligne, Bruxelles a annoncé en mars dernier la création d'un centre pour combattre la criminalité sur Internet.

Ce centre sera situé près des bureaux d'Europol, l'agence de police européenne basée à La Haye. Europol s'occupe déjà des crimes informatiques, mais ce nouveau centre devrait permettre d'intensifier la lutte contre la cybercriminalité avec l'engagement de 55 employés à temps plein et un budget annuel de 3,6 milliards d'euros.

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