Les chiffres récemment publiés par Eurostat révèlent que 3,4 % des étudiants dans l'Union des Vingt-Sept ont été diplômés en informatique en 2009, contre 4,0 % en 2005, bien que ce pourcentage varie en fonction des pays.
La plus grande augmentation a été enregistrée à Malte (1,9 % des diplômés en 2005 et 5,6 % en 2009) et en Hongrie (2,0 % contre 3,4 %). Les diminutions les plus frappantes ont été observées au Portugal (de 5,1 % à 1,7 %) et au Royaume-Uni (de 5,9 % à 4,0 %).
En 2009, les plus grands pourcentages de diplômés en informatique ont été enregistrés à Malte et en Autriche (5,6 % des diplômés), ainsi qu'en Espagne (5,1 %), à Chypre (4,7 %) et en Estonie (4,4 %).
L'utilisation des ordinateurs varie d'un pays à l'autre
Ces statistiques ont également révélé une grande différence dans l'utilisation des ordinateurs chez les 16-74 ans dans les pays membres de l'Union.
En 2011, selon Eurostat, seule la moitié des Roumains avait déjà utilisé un ordinateur. Les Bulgares et les Grecs ne s'en sortent pas beaucoup mieux avec 55 % et 59 % respectivement.
En Suède, presque tous les citoyens (96 %) ont déjà utilisé un ordinateur. C'est également le cas au Danemark, au Luxembourg et aux Pays-Bas (94 %).
Les données sur la baisse du nombre de diplômés en informatique ont été récoltées par Eurostat dans le cadre de la semaine des compétences numériques qui a pour objectif de sensibiliser la population à la nécessité de développer les compétences informatiques en Europe.
En outre, il y a une semaine, Dan Reed, expert politique chez Microsoft Research, a averti l'exécutif européen que les technologies informatiques changeaient à une telle vitesse que les régulateurs étaient à la traîne.
Des ordinateurs qui pensent
Lors d'un débat sur la manière dont l'Europe pourrait gérer cette révolution technologique, il a déclaré : « Le rythme auquel évoluent les technologies surpasse la capacité d'adaptation des structures sociales. »
M. Reed a expliqué que dans le domaine de la technologie, les grands changements survenaient en général tous les six ans, mais qu'il était difficile de prévoir ce qu'il se passerait à l'avance : « C'est de la science-fiction. »
Selon lui, le monde est sur le point de vivre une révolution majeure alors que l'ordinateur est en train de devenir un assistant actif de l'être humain.
« Nous sommes très près de mettre au point des ordinateurs intelligents et pouvant faire des anticipations », a-t-il déclaré lors d'un débat organisé par les Amis de l'Europe.
Les régulateurs auraient dû définir avec soin leurs objectifs politiques et appliquer des règles horizontales claires dans ce secteur pour les questions telles que la protection des données, au lieu de mettre en oeuvre des lois spécifiques, a-t-il ajouté.
En réponse à M. Reed, Anne Glover, le conseiller scientifique principal du président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il était nécessaire d'en faire davantage pour introduire les jeunes diplômés en sciences dans la sphère politique et que les scientifiques devraient plus souvent communiquer avec les décideurs politiques. « Ainsi, nous pourrons disposer d'une politique plus affutée et plus appropriée », a-t-elle ajouté.







