Les organisateurs de Fraternité 2020 souhaitent renforcer les programmes d'échanges de l'UE comme Erasmus ou le Service volontaire européen (SVE) pour une Europe plus unie.
Fraternité 2020 a décidé de collecter ses signatures uniquement en ligne.
Ils doivent donc mettre en place un système de collecte en ligne (SCL). Le SCL est constitué de deux éléments : un logiciel pour collecter les signatures et des serveurs pour le faire fonctionner. Les serveurs sont fournis gratuitement par la Commission européenne, mais ils ne fonctionnent toujours pas depuis leur mise en place en mai dernier. L'entreprise informatique autrichienne More-onion a donc proposé au Comité des citoyens de Fraternité 2020 la certification du système de production en ligne pour 7200 euros.
« Malheureusement, l'offre n'est valable que jusqu'au 26 juillet, car ils ont d'autres projets en cours », a déclaré Simona Pronckute, membre du Comité des citoyens de cette initiative, lors d'une conférence de presse au Parlement européen mercredi (11 juillet).
« Pour payer ces serveurs, nous prévoyons de demander l'aide de citoyens et de fondations. Nous avons déjà réuni 1000 euros pour le SCL jusqu'à présent et nous espérons trouver le reste de la somme à temps », a-t-elle expliqué, ajoutant que les problèmes liés aux signatures en ligne touchaient également d'autres ICE.
La Commission va repousser la date butoir
L'eurodéputé allemand Gerald Häfner du groupe des Verts a affirmé que le Parlement et la Commission tentaient de trouver une solution.
« Nous sommes confrontés à une situation où le système fourni par la Commission ne fonctionne tout simplement pas. Nous avons des problèmes de serveurs, beaucoup de problèmes, et en tant qu'ancien rapporteur sur l'ICE, j'ai travaillé très dur sur ce point. De nombreux initiateurs d'ICE m'écrivent pour me parler de leurs problèmes », a déploré M. Häfner.
Il a ajouté que la Commission avait accepté de repousser le début de la période de collecte (12 mois) au moment où tous les problèmes seraient résolus.
Cette décision a été confirmée par l'exécutif européen qui s'est dit prêt à exceptionnellement prolonger la période de collecte pour les premières initiatives, afin qu'elles ne pâtissent pas des problèmes liés à la phase de lancement du système.
« La Commission examine sérieusement les difficultés rencontrées par certains organisateurs. Selon elle, ces problèmes sont intrinsèquement liés à la phase de lancement de ce nouvel instrument », a fait savoir la porte-parole de la Commission Marilyn Carruthers dans un communiqué.
« Des mesures visant à aider les organisateurs qui ont besoin de trouver un hébergement abordable pour leur logiciel sont actuellement à l'examen et devraient être communiquées rapidement aux organisateurs », a-t-elle ajouté.
M. Häfner a expliqué que ces problèmes étaient déplorables et qu'il aurait espéré que tout fonctionne dès le début.
« Nous avons défini toutes les règles 18 mois avant le lancement de ce nouvel outil en avril. Nous annonçons aux citoyens que nous attendons leurs propositions, ils commencent à s'investir, puis le système ne fonctionne pas... C'est insensé », s'est insurgé l'eurodéputé allemand.
Des initiatives importantes en temps de crise
Si Fraternité 2020 atteint son objectif, les organisateurs avancent que leur initiative pourra aider l'UE sur le plan économique. Une plus grande mobilité permettrait aux citoyens de trouver un emploi plus facilement dans les pays où leurs compétences sont recherchées, ce qui ferait baisser les taux de chômage dans l'UE et stimulerait la croissance économique.
Participer à des programmes d'échanges permet également d'améliorer ses compétences linguistiques et d'être capable de travailler avec des personnes de cultures différentes. Selon les organisateurs, à terme, l'Europe en ressortira plus compétitive avec un chômage en baisse.
Ces initiatives sont en outre très importantes en temps de crise, ont souligné les eurodéputés lors de la conférence.
« Je dois également mentionner la crise, nous disons souvent que plus d'Europe est la seule solution à la crise, mais nous ne pouvons pas aboutir à une Europe renforcée uniquement grâce aux décideurs politiques », a expliqué Kinga Göncz, une eurodéputée hongroise membre du groupe des Socialistes et Démocrates.
« Pour avoir plus d'Europe, nous devons nous tourner vers les citoyens, vers les jeunes qui proclameront vouloir une identité européenne en plus de leur identité nationale. Ces deux identités ne sont pas incompatibles », a-t-elle ajouté.
M. Häfner a déclaré que les programmes d'échanges comme Erasmus permettaient de construire une Europe plus forte.
« Il s'agit de construire l'avenir de l'Europe via des échanges, grâce aux jeunes, à l'apprentissage de la variété et de l'unité de l'Europe dans sa variété. »
Malgré des débuts difficiles, Mme Göncz a noté que Fraternité 2020 émanait de la jeune génération habituée aux pétitions en ligne et qu'elle ne s'attendait donc pas à toutes ces difficultés dans la collecte des signatures.
« Je pense que c'est important que cela vienne des jeunes. Ils sont de la génération très active sur Facebook et Twitter qui sont d'excellents outils pour la collecte des signatures et je pense que cela symbolise également l'avenir de l'Europe. »







