Quinze mois après avoir soumis à consultation un projet de recommandation sur les RFID, la Commission doit maintenant adopter le document, laissant la proposition originale largement inchangée (EurActiv 26/02/08).
Même non obligatoire, le texte assurera une certaine certitude juridique sur le déploiement des RFID, que de nombreuses sociétés utilisent déjà largement en complément ou en alternative aux bien connus mais peu efficaces codes barres.
Selon les chiffres de la Commission, en 2008 presque 2,2 milliards de puces RFID ont été vendues dans le monde, dont peine un tiers en Europe : une croissance significative par rapport à 2007. Le marché mondial des RFID en 2008 valait 4 milliards d’euros et on prévoit qu’il augmente encore dans les prochaines années, jusqu’à 20 milliards d’euros en 2018. La part de marché européenne pour les puces intelligentes atteindra 35 % dans les huit prochaines années, peut-on lire dans un document européen interne que s’est procuré EurActiv.
Conformément à ce que la Commission a proposé en février 2008, la recommandation exigera des détaillants qui utilisent des plaques RFID pour conserver et tracer les produits de les désactiver sur le point de vente. Cela évitera d’éventuels problèmes de vie privée et de sécurité concernant les consommateurs.
Les acheteurs se verront aussi offrir la faculté de rétractation, ce qui signifie qu’ils pourront accepter de garder les plaques actives s’ils le veulent, de manière à identifier et récupérer un produit s’il se révélait dangereux, par exemple. Cela devrait aider les consommateurs aussi bien que les industriels, puisque les entreprises ne seront pas forcées de retirer du marché des stocks entiers de produits dont la dangerosité même limité serait prouvée, comme ce fut le cas récemment avec la poudre de lait chinoise contaminée. Si les consommateurs s’abstiennent de participer volontairement, les plaques seront au contraire désactivées.
Les groupes de protection de la vie privée font pression pour que le principe de l’opt-in/opt-out soit adopté pour éviter que des données personnelles – tels que le nom, le prénom et les numéros de carte de crédit – soient volées et que les informations ne soient accessibles via des lecteur RFID.
Cependant, la Commission souligne que l’approche adoptée pour le moment a pour but de prévenir de tels vols, qui sont pour l’instant peu probable au vue de la relative faible diffusion des lecteurs RFID et leur faible développement technologique.
Le BEUC, l’organisation européenne des consommateurs, a salué cette recommandation longtemps attendue comme étant un premier pas important pour enfin répondre à certaines des questions essentielles que se posent les consommateurs en rapport au RFID.
La Commission a aussi donné aux organes européens de standardisation le mandat de définir un signe standard pour identifier les RFID, qui devraient être affiché à tous les endroits où des plaques et des lecteurs sont localisés pour faire en sorte que les consommateurs soient au courant de leur présence.



