Au cours de l’audience au Parlement européen le 19 janvier, M. Fleischer a souligné que l’intérêt de Google à racheter DoubleClick reflète principalement sa volonté d’entrer sur le marché des outils publicitaires de mesure d’audience (ad-serving).
D’après M. Fleischer, le rachat n’impliquera pas la fusion des bases de données des deux entreprises, principalement parce que DoubleClick ne possède pas les données de ses propres clients.
M. Fleischer a expliqué que l’entreprise de publicité en ligne peut uniquement utiliser les données obtenues en mesurant l’audience publicitaire afin de fournir des informations générales et anonymes. Ce sont les éditeurs ou les entreprises publicitaires, pour qui travaille DoubleClick, qui possèdent les données. Il ajoute que les clients de DoubleClick n’apprécieraient pas du tout qu’une personne tente de rompre leurs engagements contractuels en partageant des informations entre publicitaires.
A Bruxelles, beaucoup préfèrent envisager la question sous l’angle de la protection de la vie privée, plutôt que comme une simple affaire de concurrence. Néanmoins, la Commission n’est pas suffisamment compétente pour aborder le sujet depuis cette perspective, dans la mesure où la protection de la vie privée relève de la compétence des Etats membres (EurActiv 14/01/08).
En dépit de l’issue de la fusion, les activités de Google sont de plus en plus remises en question en Europe. En effet, les craintes sont principalement ciblées sur la collecte des données personnelles sans le consentement explicite du consommateur ou même sans qu’il en ait connaissance.
Plus précisément, la pratique de Google consistant à proposer des campagnes publicitaires ciblées après avoir collecté les données personnelles des utilisateurs (par exemple, via des recherches effectuées sur son moteur de recherche, par la détection d’adresses IP ou en scannant le contenu des emails, comme ceux des utilisateurs de Gmail) est de plus en plus critiquée.
En réponse, les dirigeants de Google ont affirmé que l’utilisateur était la seule personne en mesure de lire les messages envoyés ou reçus sur sa boîte électronique Gmail. Selon eux, c’est simplement un ordinateur qui fait correspondre les mots de passe dans les emails avec des publicités ciblées.
Actuellement, le dossier est dans les mains de la DG Concurrence qui examine les violations potentielles de règles antitrust sur le marché intermédiaire de la publicité en ligne.



