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Le haut débit se déploie « trop lentement » dans l’UE [FR][en

Publié: mercredi 19 mars 2008   

Selon le rapport de 2007 sur le secteur européen des télécommunications publié le 19 mars par la Commission européenne, les connexions Internet à haut débit sont maintenant présentes dans un ménage sur cinq dans l’UE, mais elles restent sous l’objectif des 30% fixé par Bruxelles.

Contexte:

L’introduction généralisée du haut débit à des prix abordables est l’un des principaux objectifs du plan d’action eEurope 2005  (lire notre LinksDossier), dont le but est d’amener chaque citoyen, foyer, école, entreprise et administration à l’âge du numérique et de contribuer à l’objectif de Lisbonne qui vise à faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde (lire notre LinksDossier sur l’agenda de Lisbonne).

En 2007, la Commission européenne a proposé d’atteindre un taux de pénétration du haut débit de 30% d’ici 2010 (lire EurActiv 12/12/07).

Mais les dirigeants européens n’ont pas approuvé cet objectif ambitieux. « Les Etats membres devraient s'efforcer de rendre l'Internet à haut débit accessible à tous les établissements scolaires d'ici 2010 et fixer  des objectifs nationaux ambitieux en ce qui concerne l'accès des ménages à ce service », ont-il convenuPdf external   lors du Sommet de printemps de mars 2008 (lire EurActiv 17/03/08).

Viviane Reding, la commissaire à la Société de l’information, est convaincue qu’il est essentiel de renforcer la concurrence afin d’augmenter les taux de pénétration. Elle estime que la séparation fonctionnelle des réseaux des activités d’approvisionnement est une solution efficace pour y parvenir. Son approche est reprise dans la révision du secteur des télécommunications proposée par la Commission en novembre 2007 (lire notre LinksDossier).

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Autres articles:

Le rapportPdf external  indique que certains pays du Nord de l’UE sont les leaders dans le déploiement du haut débit. Le Danemark et les Pays-Bas sont notamment les numéros un mondiaux avec des taux de pénétration atteignant respectivement plus de 34% et 33%.

De plus, la Finlande, le Royaume-Uni et la France, entre autres, devancent les acteurs mondiaux comme les Etats-Unis et le Japon. Cependant, la majorité des Etats européens reste à la traîne, leur niveau de déploiement du réseau haut débit étant inférieur à la moyenne européenne de 20%. Parmi les économies européennes les plus développées, l’Italie, l’Espagne et l’Irlande enregistrent des retards similaires.

La Commission publie régulièrement ces rapports d’étape, la dernière publicationPdf external   enregistrant un taux moyen de pénétration du haut débit dans l’UE de 1,8%.

L’Union dans son ensemble reste derrière les leaders mondiaux comme la Suisse, la Corée du Sud, la Norvège, l’Islande, le Canada, l’Australie, les Etats-Unis et le Japon.

L’approche de la commissaire Reding à la Société de l’information visant à combler le fossé consiste à réduire la part du marché des opérateurs nationaux historiques.

Un communiqué de pressePdf external  de la Commission précise que les opérateurs historiques détiennent plus de 46% des lignes à haut débit. Comme le souligne la commissaire, la concurrence est limitée pour accéder à un réseau fixe qui approvisionne toujours 86,5% des clients sur l’infrastructure des opérateurs historiques.

Cependant, les opérateurs historiques, comme France Télécom, Telefonica ou Telecom Italia, voient la situation d’une toute autre perspective et soulignent que les opérateurs alternatifs détiennent plus de 50% des parts de marché, selon un document d’ETNOPdf external , l’association des opérateurs historiques européens.

Bien que les deux approches soient valables, les solutions proposées sont contradictoires. Mme Reding veut une séparation fonctionnelle, appliquée aux régulateurs nationaux qui obligerait les géants des télécoms à séparer la gestion de leurs réseaux et les activités de services.

A l’inverse, les opérateurs historiques insistent sur la nécessité de nouveaux investissements pour permettre à l’Europe de rattraper son retard avec les concurrents. Ifs affirment que seules les grandes entreprises ont la force de supporter de lourdes innovations structurelles, mais qu’elles ne le feront pas si leur taille est réduire par les nouvelles réglementations. 

Positions:

« Le modèle réglementaire européen est conçu pour accroître la concurrence sur le marché des télécommunications, ce qui commence manifestement à porter ses fruits », a déclaré Mme Viviane Reding, membre de la Commission européenne responsable des télécommunications. « Toutefois, il reste du travail. La concurrence est limitée dans le domaine de l’accès au réseau fixe », a-t-elle déclaréPdf external .

Lors d’une visite aux Etats-Unis, le directeur de l’ETNO, Michael Bartholomew, a remarqué que les réseaux à large bande en fibre optique y sont plus fortement développés : étant donné que le Parlement européen et les Etats membres débattent actuellement des futures règles européennes en matière de télécoms, il est essentiel d’identifier les meilleures conditions pour encourager tous les acteurs à investir et à faire face aux défis auxquelles le secteur est actuellement confronté, a-t-il déclaréexternal .

Innocenzo Genna, président de l’ECTA, l’association des opérateurs alternatifs européens, soutient fortement les positions de Mme Reding. En commentant la proposition de révision du secteur des télécoms, il a déclaré que la décision de la Commission concernant la séparation fonctionnelle était particulièrement critique.

Selon lui, 17 pays en Europe sont à la traîne concernant l’accès au haut débit parce qu’ils ont peu, voire aucune séparation les opérateurs de réseau historique. L’Europe pourrait aujourd’hui avoir un leader mondial du haut débit si les régulateurs avaient eu l’opportunité d’avoir recours à la séparation fonctionnelle pour soutenir les marchés libéralisés.

Prochaines étapes:

  • 6 May: Debate on draft reports on telecoms review in Parliament's Industy, Research and Energy (ITRE) committee.
  • 3 Jun.: Presentation of amendments to reports.
  • 26 Jun.: ITRE vote on reports.
  • 7-11 Jul.: First reading vote in the European Parliament.

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