La Commission a clairement indiqué à Microsoft que pour éviter de nouvelles amendes de l’UE, le géant américain doit vendre une version de Windows qui offre des navigateurs concurrents, et pas seulement une option de désactivation d’Internet Explorer.
Dans une déclaration obtenue par EurActiv fin février, Jonathan Todd, porte-parole de la Commission pour la Concurrence, a précisé que Bruxelles pourrait demander à Miscosoft de concevoir Windows de manière à ce que les utilisateurs puissent choisir quel(s) navigateur(s) concurrent(s) ils souhaitent installer au lieu du, ou en plus du, navigateur Internet Explorer et lequel ils souhaitent avoir par défaut, a-t-il indiqué (EurActiv 23/02/09).
Comme l’avait prédit la presse, Microsoft a annoncé hier sur son blog technique que Windows 7 (la dernière version du système d’exploitation omniprésent qu’on devrait trouver dans les magasins début 2010) inclura un outil donnant la possibilité aux utilisateurs de désactiver Internet Explorer 8, Windows Media Player, Windows Media Centre, Windows Search, Windows DVD Maker, ainsi que d’autres produits Miscrosoft qui sont d’habitude couplés à Windows.
Toutefois, Bruxelles a des doutes quant au fait que la désactivation d’Internet Explorer sera permanente, étant donné que le navigateur fait partie intégrante du système d’exploitation.
Dans tous les cas, « Microsoft ne nous a informés de rien pour l’instant », a indiqué M. Todd à EurActiv. « S’ils pensent que cette mesure est pertinente, ils vont certainement l’inclure dans leur réponse à notre déclaration d’objections », a-t-il ajouté.
La proposition de Microsoft n’a pas non plus satisfait ses concurrents du marché des navigateurs. Jon von Tetzchner, PDG d’Opera, développeur norvégien de navigateurs, qui a déposé la plainte contre Microsoft par rapport à Internet Explorer conjointement avec l’UE, a indiqué à EurActiv : « La possibilité de désactiver Internet Explorer ne donne pas réellement le choix aux utilisateurs. Internet Explorer reste le navigateur par défaut ».
Un porte-parole de Google, qui opère sur le marché des navigateurs Internet après avoir récemment lancé Chrome, a indiqué qu’Internet a été fondé sur le choix et l’ouverture, ce qui nécessite un environnement commercial aux règles équitables et de multiples options d’accès. Dès qu’un ordinateur est allumé, les gens devraient pouvoir accéder facilement et rapidement à un grand nombre de navigateurs, selon le porte-parole.
Interrogé par EurActiv sur la question de savoir si Microsoft allait utiliser la mesure annoncée dans le cadre de sa réponse aux objections de l’UE, Jesse Verstraete, porte-parole de Microsoft à Bruxelles, a refusé de faire tout commentaire.
La Commission avait initialement accordé deux mois au géant américain pour répondre aux objections. Toutefois, Microsoft a demandé un délai supplémentaire. Aujourd'hui (11 mars), Bruxelles a reporté le délai d'un mois, à fin avril. Microsoft pourrait également demander une audition. L'organe européen chargé de la concurrence n’adoptera pas de décision finale avant d’avoir reçu une réponse officielle de la part de Microsoft.



