Les conclusions du Sommet de printemps, qui s’est déroulé à Bruxelles les 13 et 14 mars, ne mentionnent pas les objectifs concrets du déploiement des réseaux à haut débit en Europe. La seule indication explicite est l’objectif consistant à mettre en place une connexion haut débit par école d’ici 2010.
Cependant, même sur ce point, les dirigeants ne se sont pas fixés d’objectif contraignant : « les Etats membres devraient s’efforcer de rendre l’Internet à haut débit accessible à tous les établissements scolaires », comme le stipule le document. Il n’y a donc aucune obligation – contrairement à d’autres domaines, comme l’énergie ou l’environnement, où la réalisation d’objectifs précis a été fixée à des dates strictes (EurActiv 13/03/08).
L’approche indulgente adoptée par les dirigeants européens est en désaccord avec les objectifs beaucoup plus ambitieux fixés par la Commission dans son dernier rapport portant sur la stratégie de Lisbonne. Dans ce document, l’exécutif européen a proposé d’atteindre un taux de pénétration du haut débit de 30% d’ici 2010 (EurActiv 12/12/07).
Selon les derniers chiffres disponibles, la pénétration moyenne des connexions Internet à haut débit dans l’UE est de 18% et montre d’importantes différences entre les Etats membres. Les pays au Nord de l’UE, comme le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, la Finlande et la Belgique, sont des leaders mondiaux, loin devant des pays très avancés comme la Corée du Sud et le Japon.
A l’inverse, les taux de pénétration à l’Est et au Sud de l’Europe sont souvent nettement inférieurs à 10%. En outre, plus de la moitié des Etats membres de l’UE sont sous la moyenne des 18%. Parmi les Etats européens les plus développés, l’Italie et l’Irlande sont le plus à la traîne.
La commissaire européenne à la Société de l’information, Viviane Reding, doit présenter un rapport mis à jour sur l’état de l’économie européenne du haut débit mercredi prochain, avec la publication du rapport d’étape des marchés des télécommunications.
Dans la plupart des Etats membres, les niveaux insuffisants de pénétration vont de paire avec la couverture partielle. Un fonctionnaire européen a qualifié la situation dans les zones rurales de « désespérée ». Dans des pays comme la Grèce ou la Slovaquie, moins de 30% des zones isolées sont dotées d’une infrastructure permettant d’accéder rapidement à Internet. En République tchèque, aucune zone rurale n’est couverte, les ménages dans les campagnes sont donc totalement coupés de cette nouvelle technologie.
Même lorsque la zone est couverte, la vitesse des connexions est généralement lente. Le taux actuel de la vitesse de téléchargement à laquelle les citoyens européens sont enregistrés est lente comparé à d’autres expériences internationales, explique un document de travail interne de la Commission européen, devant être publié d’ici l’été et obtenu pas EurActiv.
L’échelle comprise entre 512 Ko/s (kilo octet par seconde) et 1 Mo/s (Méga octet par seconde) reste prédominante en Europe. Tous les nouveaux services exigeant une largeur de bande toujours plus grande et disponible sur Internet, comme louer des films ou regarder la télévision, ne sont tout simplement pas à la portée de ces connexions lentes, alors que développer davantage le service pourrait impliquer d’avoir à augmenter considérablement les vitesse du haut débit jusqu’à 100 méga octets par seconde, voire plus, comme l’a souligné la commissaire Reding.



