L'étude menée par la société londonienne Carbon Disclosure Project, qui porte sur de grandes entreprises informatiques françaises et britanniques, conclut que ces entreprises pourraient réaliser des économies et des réductions de carbone importantes d’ici à 2020 si elles transféraient leurs systèmes informatiques vers des réseaux de données partagés.
Les grandes entreprises informatiques développent également des services autour du cloud et souhaiteraient étendre ces services. Cette étude intervient à la suite de l'annonce récente selon laquelle ces services pourraient être multipliés par trois au cours des deux prochaines années.
L'organisme Open Data Center Alliance, qui regroupe plus de 300 entreprises, dont des banques mondiales, a déclaré la semaine dernière qu'ils auraient recours plus tôt que prévu aux services du cloud.
Des entretiens menés par les auteurs du rapport du Carbon Disclosure Project démontrent que les grandes entreprises britanniques projettent d'accélérer l'adoption du cloud computing de 10 % à environ 70 % de leurs technologies de l'information d'ici 2020. Selon cette étude, les entreprises pourraient ainsi économiser des milliards d'euros.
Des économies considérables
Le cloud computing permet aux entreprises de réduire leurs coûts en achetant moins de matériel informatique, et en utilisant plutôt des serveurs situés en dehors de leurs structures pour stocker, gérer et traiter leurs données.
Par exemple, d'ici 2020, les grandes entreprises britanniques utilisant le cloud computing pourraient bénéficier d'économies d'énergie à hauteur de 1,2 milliard de livres (1,39 milliard d'euros), et de réductions de carbone comparables aux émissions annuelles de plus de 4 millions de véhicules, selon cette étude.
En France, où les centrales nucléaires génèrent l'essentiel de la production d'électricité, ces chiffres sont bien moins élevés.
Selon les analystes en investissement, l'argument le plus convaincant en faveur de l'adoption du cloud n'est pas l'épargne réalisée ni la réduction énergétique, mais le temps gagné pour que l'entreprise puisse amorcer ses échanges commerciaux.
« La réduction de carbone est un facteur significatif, mais pas le plus important », a déclaré Paul Stemmler de Citigroup. « Le principal moteur est le temps gagné pour la mise sur le marché. Auparavant, acquérir de nouveaux serveurs aurait pris 45 jours. Aujourd'hui, avec l'infrastructure de cloud que nous utilisons dans notre propre réseau privé, ce n'est l'affaire que de quelques minutes. »
Cette technologie a été présentée comme une nouvelle panacée pour les entreprises, mais de nombreux acteurs du secteur s'y opposent. La confidentialité et la sécurité des données font en effet l'objet d'inquiétudes. Les défenseurs de l'open source arguent que les utilisateurs seront pris au piège des systèmes propriétaires, favorisant ainsi le développement de grands monopoles dans ce domaine.
Richard Stallman, le fondateur de la fondation pour le logiciel libre FSF et créateur du système d'exploitation GNU, a ouvertement qualifié le cloud de « piège ».
En outre, la contribution du cloud en termes de diminution des émissions mondiales s'apparente davantage à une goutte d'eau dans l'océan, si l'on en croit certains calculs.
L'UE hésite toujours à s'engager pour une réduction des émissions de CO2 de 20 % ou de 30 % d'ici 2020.
De plus, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie a récemment tenté de remettre les réductions de carbones en perspective.
« Certains seraient satisfaits avec une réduction de 20 %, d'autres avec une diminution de 30 %. La différence entre ces deux niveaux d'émissions ne représente que deux semaines d'émissions en Chine », a déclaré Faith Birol lors d'un entretien accordé à EurActiv.
« Cela signifie que même si cet engagement représenterait un grand pas en avant pour l'UE [...] il aurait des conséquences limitées sur les tendances mondiales d'émissions de carbone, si aucun des autres acteurs internationaux ne suit cette route », a commenté M. Birol.






