Avec l’agenda numérique européen, Bruxelles a souhaité que les Etats accélèrent le développement des nouvelles technologies. D’ici 2012, chaque pays doit avoir adopté un programme national dans le domaine du haut débit.
La France l’a fait il y a un an, mais les conditions du déploiement n’ont été précisées qu’au début du mois d’août, laissant aux préfets de région le soin de s’assurer de la bonne couverture du territoire par le très haut débit. La desserte devrait concerner 70% des foyers en 2020, étape intermédiaire avant une généralisation prévue pour 2025.
« Ils savent à quoi sert Internet »
Sauf que les élus s’impatientent, à en croire les premiers résultats d’une enquête menée par l’Association des maires ruraux de France. La quasi-totalité des 2000 élus sondés souhaitent l’accès au très haut débit dans les cinq ans à venir.
Un domaine qui caracole en tête des équipements prioritaires pour leur commune, loin devant les soins médicaux, les transports, ou même l’école. Si le résultat a été sans doute un peu « gonflé » par un questionnaire centré sur le numérique, les élus ont saisi l’occasion de montrer « qu’ils savent à quoi sert Internet », commente Cédric Szabo, directeur de l’association.
L’accès au web a, selon eux, deux intérêts primordiaux : l’implantation d’entreprises et la contribution des TIC à l’emploi. L’impatience manifestée par les maires serait donc avant tout le reflet d'une volonté de développement économique local. L’accès à la culture ou l’accueil de nouveaux habitants sont aussi cités, mais dans un second temps seulement.
Le chantier du numérique pose inévitablement la question de son financement. La majorité des maires interrogés s’accorde à dire que l’effort incombe avant tout à l’Etat et aux opérateurs privés, même si 48% concèderaient une contribution supplémentaire de leur commune.
Premier pas
Si l’intégralité des résultats sera dévoilée à l’occasion de la conférence Ruralitic prévue le 31 août à Aurillac, l’Association des maires ruraux tire une première conclusion. « Le calendrier de couverture de territoire en très haut débit » doit être revu et les « fonds d’intervention (…) abondés en lien avec cette urgence », écrit l'association dans un communiqué.
Fin juillet, le gouvernement a lancé une initiative visant à financer la fibre optique à hauteur de 900 millions d’euros, augmentant même sa participation financière dans les zones rurales. Un premier pas mais pas une solution globale, puisque le fonctionnement par appel à projets permettra de couvrir une partie du territoire seulement.
Dans cette lente pénétration de la fibre optique, la France ne fait pas figure d’exception. En 2009, seul 1% du territoire européen était desservi selon des chiffres publiés par la Commission européenne. L’Europe est dans ce domaine à la remorque du Japon (12%) ou de la Corée du Sud (15%).
Marie Herbet







