« Les conclusions provisoires de l'ORECE relatives à la gestion du trafic sur Internet en Europe révèlent que le blocage de la téléphonie sur IP est une pratique courante », a déclaré l'organisation dans un communiqué.
Ces résultats sont issus d'une étude menée par l'ORECE pendant plusieurs mois, avec des informations compilées sur 250 lignes fixes et 150 opérateurs mobiles à travers l'Europe.
Les régulateurs européens ont découvert que les services de téléphonie en ligne, comme Skype, étaient surtout bloqués par les opérateurs mobiles. Le trafic poste à poste, qui permet l'échange de fichiers entre utilisateurs d'Internet, est lui aussi régulièrement ralenti ou bloqué par les opérateurs mobiles et de lignes fixes.
Un quart des opérateurs interrogés ont déclaré que leurs pratiques de gestion du trafic en lignes étaient fondées sur la sécurité, mais l'ORECE souligne que ces mesures « sont plutôt des techniques de gestion de la congestion ».
Ces techniques peuvent être appliquées sans viser une application en particulier. Mais l'approche inverse est plus répandue et tend à marginaliser certains services.
La concurrence menacée ?
Les principales inquiétudes, non évoquées par l'ORECE mais plutôt par certains experts du secteur, concernent le fait que les entreprises de télécommunications pourraient freiner la concurrence sur les plateformes en ligne, en bloquant les services concurrents.
Avec ses offres d'appels en ligne gratuits et de services téléphoniques à bas prix, Skype constitue une alternative populaire aux opérateurs de télécommunication. En détournant une partie du trafic des services de téléphonie en ligne vers d'autres activités, les entreprises de télécommunication pourraient porter atteinte à leurs concurrents.
Les opérateurs affirment que le filtrage, le blocage et le ralentissement sont nécessaires pour permettre une gestion optimale du trafic, ce qui, au final, est dans l'intérêt de tous les utilisateurs de l'Internet et empêche sa congestion.
Toutefois, alors que de plus en plus de services migrent sur la toile, les opérateurs pourraient être tentés de bloquer ou de ralentir d'autres services en concurrence avec les leurs ou qui ne leur rapportent pas beaucoup d'argent. Ce genre de pratiques donnerait lieu à des services plus lents ou plus rapides en fonction du choix de l'opérateur. La neutralité du Net serait alors sérieusement remise en question (voir « Contexte »).
La commissaire européenne à la stratégie numérique, Neelie Kroes, n'a pour l'instant pas pris de position claire quant à cette question épineuse. Dans une réponse envoyée par courriel, elle a toutefois souligné : « [la Commission] salue le développement de nouveaux modèles commerciaux stimulant le dynamisme du marché ». Elle a ajouté : « les consommateurs doivent être libres de changer d'opérateur facilement et rapidement. »
La Commission devrait rendre sa réponse définitive d'ici l'été prochain, lorsque l'ORECE aura rendu publics les résultats d'un rapport complet ainsi qu'une nouvelle série de lignes directrices sur la neutralité du Net.
Les entreprises de télécommunication contactées par EurActiv n'ont pas souhaité faire de commentaire.







