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L'UE prévoit de créer un centre de lutte contre la cybercriminalité

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Publié 29 mars 2012

L'Union européenne prévoit de créer un centre spécialisé dans la cybercriminalité début 2013, dans le but de lutter contre les opérations en ligne des groupes du crime organisé. Ce centre tentera de combattre aussi bien la fraude sur Internet que l'exploitation sexuelle des enfants sur la toile.

Dans le cadre d'une stratégie visant à développer les échanges commerciaux en ligne, Bruxelles a annoncé hier (28 mars) la création d'un centre pour combattre la criminalité sur Internet.

Ce centre sera établi au coeur de l'Office européen de police, Europol, à La Haye. Europol s'occupe déjà des crimes informatiques, mais ce nouveau centre devrait permettre d'intensifier la lutte contre la cybercriminalité grâce à 55 employés à temps plein et un budget annuel de 3,6 milliards d'euros.

Des obstacles majeurs menacent toutefois de compliquer le fonctionnement de ce nouveau centre : la difficulté de collecter des informations dans des régions aux juridictions différentes et la réticence probable du secteur privé.

« Dans la mesure où le cyberespace et les infrastructures Internet sont pour la plupart aux mains du secteur privé, seule une approche commune entre les différentes communautés permettra de donner des résultats durables dans la lutte contre la cybercriminalité », peut-on lire dans un communiqué de la Commission.

Les entreprises de télécommunications qui possèdent la quasi-totalité des réseaux se sont par le passé révélées vivement opposées aux initiatives visant à les transformer en « policiers de la toile ». Les coûts et les responsabilités qui résultent d'une telle activité sont en effet considérés comme trop importants. Convaincre ces acteurs incontournables d'apporter leur pierre à l'édifice sera donc un test quant à l'efficacité du centre.

La cybercriminalité coûte des milliards

L'unité de sécurité en ligne Norton de Symantec Corporation estime que la cybercriminalité coûte 85 milliards d'euros chaque année. Selon elle, les citoyens ont plus de chances d'être victimes d'un crime en ligne que dans le monde réel.

Les cyber-crimes les plus fréquents sont les virus et les logiciels malveillants (malwares) qui attaquent les ordinateurs, les endommagent ou volent les informations confidentielles qu'ils contiennent.

« Plus d'un million de personnes sont victimes de la cybercriminalité chaque jour », a affirmé la commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Les crimes d'ordre économique sont en pleine croissance. Les groupes du crime organisé se spécialisent en effet dans le vol de données sensibles, comme les mots de passe et les numéros de carte de crédit. Le marché noir prospère dans ce domaine.

La lutte contre ce phénomène est depuis longtemps l'une des priorités de nombreuses organisations nationales et internationales. Les institutions européennes souhaitent à tout prix éradiquer ce type d'activités, alors qu'elles continuent de promouvoir l'e-commerce sans frontières.

Le marché en ligne pourrait en effet faire tomber les dernières barrières qui empêchent la mise en place d'un véritable marché intérieur européen. Les dangers que représente la cybercriminalité pourraient toutefois retarder l'émergence d'un réel marché européen en ligne, dans la mesure où les consommateurs ont encore peur de faire leurs achats sur Internet.

L'objectif du nouveau centre européen sera également de rendre la toile plus sûre pour les millions de jeunes Européens qui l'utilisent et y créent des profils en ligne sur les sites des réseaux sociaux et autres plateformes.

Les risques liés aux réseaux sociaux ne sont pas négligeables. Entre 250 000 et 600 000 comptes Facebook sont bloqués chaque jour pour couper court à des tentatives de piratage, affirme la Commission.

Vers une directive sur les cyber-attaques

Dans le même temps, une nouvelle directive vouée à prévenir et à contrer les cyber-attaques contre les infrastructures stratégiques pourrait bientôt être adoptée par les institutions européennes.

Cette semaine, la commission des libertés civiles du Parlement européen a adopté un nouveau texte avec une majorité écrasante, ce qui devrait faciliter son approbation en plénière dans les semaines à venir.

Un accord avec les Etats membres devrait être conclu avant les vacances d'été.

Si ces nouvelles règles sont adoptées, les attaques contre les systèmes électroniques stratégiques deviendront des crimes punissables par au moins deux ans de prison partout dans l'UE. Cette initiative fait suite à une cyber-attaque massive menée contre l'Estonie en 2007 (voir « Contexte »).

Réactions : 

Cecilia Malmström, la commissaire aux affaires intérieures, a déclaré : « Nous ne pouvons permettre aux criminels informatiques de perturber notre vie numérique. Un Centre européen de lutte contre la cybercriminalité, situé dans les locaux d'Europol, se placera au cœur de la coopération dans la défense d'un internet à la fois libre, ouvert et sûr. »

Rob Wainwright, directeur d'Europol, a déclaré : « L'établissement d'un centre européen de lutte contre la cybercriminalité sera un grand pas en avant dans ce combat que mène l'UE. Je suis heureux que la Commission ait proposé qu'il soit créé au sein d'Europol. Les groupes du crime organisé, les groupes terroristes et les autres criminels sont à la pointe lorsqu'il s'agit d'exploiter les opportunités offertes par les nouvelles technologies et il est temps que les autorités progressent dans ce domaine. Le centre européen de lutte contre la cybercriminalité fournira aux gouvernements, aux entreprises et aux citoyens des outils pour lutter contre la cybercriminalité. »

Monika Hohlmeier (Parti populaire européen),rapporteur du Parlement européen sur la directive relative aux attaques contre les systèmes d'informations, a expliqué :  « Les efforts de collaboration dans la lutte contre la cybercriminalité doivent être renforcés, que ce soit entre les différentes autorités, ou entre les entreprises et les organismes publics. J'espère que le nouveau centre européen pour la cybercriminalité à Europol pourra permettre de prévenir et de lutter contre les crimes en ligne dans l'UE. »

« La population ne réalise pas vraiment l'ampleur que peut prendre la cybercriminalité », a expliqué Adam Palmer, conseiller en cyber-sécurité chez Norton. « La cybercriminalité est bien plus répandue que les gens ne le pensent. Au cours des 12 derniers mois, selon un sondage, trois fois plus d'adultes ont été victimes de crime en ligne en comparaison aux crimes en dehors du monde virtuel. Par contre, moins d'un tiers des répondants pensent avoir plus de chances d'être victimes d'un cyber-crime plutôt que d'un crime dans le monde réel l'année prochaine. Et bien que 89 % des répondants soient d'accord sur le fait qu'il est nécessaire d'en faire davantage pour renvoyer les cybercriminels devant la justice, la lutte contre la cybercriminalité reste une responsabilité partagée. Nous devons tous nous montrer plus vigilants et investir dans notre sécurité sur Internet. »

Prochaines étapes : 
  • 2012 : la Commission prévoit de présenter une stratégie globale sur la cybersécurité en Europe.
  • Eté 2012 : accord possible entre les institutions européennes sur le texte final d'une directive relative aux attaques contre les systèmes d'information.
  • Jan. 2013 : le centre européen de lutte contre la cybercriminalité devrait ouvrir ses portes.
Francesco Guarascio - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

L'UE et l'OTAN ont commencé à reconsidérer leur approche commune quant à la protection des réseaux de télécommunication suite à une vaste cyber-attaque contre les infrastructures stratégiques publiques et privées de l'Estonie en 2007.

En mars 2009, la Commission européenne a publié une nouvelle communication visant à protéger l'Europe des cyber-attaques à grande échelle.

En avril 2008, les dirigeants de l'OTAN se sont rassemblés lors d'un sommet à Bucarest où ils se sont mis d'accord sur une politique commune de cyber-défense. Ils se sont engagés à établir une nouvelle autorité dont l'objectif premier serait de coordonner les réactions « politiques et techniques » de l'OTAN face aux cyber-attaques.

En 2010, la Commission européenne a proposé un nouveau texte législatif visant à contrer les cyber-attaques. Cette directive devrait être votée en plénière au Parlement européen et au Conseil.

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