Cette initiative devrait être approuvée lors du sommet de l’OTAN, qui aura lieu en avril à Bucarest, Roumanie. Il a été convenu de créer un nouvel organe de renseignements et de coordination des actions contre le cybercrime, d’après le général-major Georges D'Hollander, directeur de l’agence de l’OTAN en charge de ces questions.
Le principal rôle de la nouvelle autorité sera de collecter des renseignements sur la cybercriminalité et les éventuels actes de cyberterrorisme. Lors de la conférence organisée cette semaine à Bruxelles par le think tank Security and Defence Agenda (SDA), le responsable a déclaré qu’il fallait tout d’abord être en mesure d’identifier qui porte les attaques.
En effet, il est souvent très difficile de trouver d’où vient une attaque. Le professeur Peter Sommer, expert dans la sécurité des systèmes d’information à la London School of Economics (LSE), a cité un exemple : récemment, les serveurs officiels du Royaume-Uni ont subi une attaque, qui a d’abord été considérée comme venant de Corée du Nord ou de Lettonie. Plus tard, on a découvert qu’elle provenait en fait d’un adolescent de 16 ans de Londres.
Parallèlement, l’Alliance doit améliorer la coordination de ses réponses en cas d’attaques. Il semble que cette question relève de l’article 4, a déclaré le général D’Hollander. L’article 4 du traité de l’OTAN stipule : « Les parties se consulteront chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée ».
Jusqu’ici, l’OTAN a ciblé ses efforts dans la lutte contre les cyberattaques sur la protection de son propre système de communication. « Aujourd’hui, la question est de savoir si nous comptons étendre cette surveillance à d’autres infrastructures sensibles », a confié un responsable de l’OTAN à EurActiv.
Récemment, lors d’une attaque en Estonie, l’une des plus économies du monde les plus basées sur Internet, les serveurs des sites publics et de la banque nationale ont été bloqués. Jaak Aaviksoo, ministre estonien à la Défense a expliqué qu’en Estonie, 90 % des déclarations d’impôt sont effectuées par Internet. Cela donne un aperçu du sentiment de vulnérabilité de la population quand ces services sont rendus indisponibles par une attaque.



