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L'OTAN renforce son rôle dans la cyberdéfense [FR]

Publié 13 février 2008
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D’après un responsable de l’OTAN, l'alliance militaire a convenu de créer un nouvel organe pour coordonner les réponses aux cyberattaques à l’encontre de ses membres et collecter des renseignements pour empêcher ce type d’attaques à l’avenir.

Cette initiative devrait être approuvée lors du sommet de l’OTAN, qui aura lieu en avril à Bucarest, Roumanie. Il a été convenu de créer un nouvel organe de renseignements et de coordination des actions contre le cybercrime, d’après le général-major Georges D'Hollander, directeur de l’agence de l’OTAN en charge de ces questions. 

Le principal rôle de la nouvelle autorité sera de collecter des renseignements sur la cybercriminalité et les éventuels actes de cyberterrorisme. Lors de la conférence organisée cette semaine à Bruxelles par le think tank Security and Defence Agenda (SDA), le responsable a déclaré qu’il fallait tout d’abord être en mesure d’identifier qui porte les attaques. 

En effet, il est souvent très difficile de trouver d’où vient une attaque. Le professeur Peter Sommer, expert dans la sécurité des systèmes d’information à la London School of Economics (LSE), a cité un exemple : récemment, les serveurs officiels du Royaume-Uni ont subi une attaque, qui a d’abord été considérée comme venant de Corée du Nord ou de Lettonie. Plus tard, on a découvert qu’elle provenait en fait d’un adolescent de 16 ans de Londres.  

Parallèlement, l’Alliance doit améliorer la coordination de ses réponses en cas d’attaques. Il semble que cette question relève de l’article 4, a déclaré le général D’Hollander. L’article 4 du traité de l’OTAN stipule : « Les parties se consulteront chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée ». 

Jusqu’ici, l’OTAN a ciblé ses efforts dans la lutte contre les cyberattaques sur la protection de son propre système de communication. « Aujourd’hui, la question est de savoir si nous comptons étendre cette surveillance à d’autres infrastructures sensibles », a confié un responsable de l’OTAN à EurActiv.

Récemment, lors d’une attaque en Estonie, l’une des plus économies du monde les plus basées sur Internet, les serveurs des sites publics et de la banque nationale ont été bloqués. Jaak Aaviksoo, ministre estonien à la Défense a expliqué qu’en Estonie, 90 % des déclarations d’impôt sont effectuées par Internet. Cela donne un aperçu du sentiment de vulnérabilité de la population quand ces services sont rendus indisponibles par une attaque.

Réactions : 

Lors d’une conférence du think tank SDA à Bruxelles, Jaak Aaviksoo, le ministre estonien à la Défense, a déclaré que les événements dans le cyberespace peuvent avoir d’importantes répercussions sur nos vies lorsque nous les percevons comme une menace à la sécurité nationale.

Il a réitéré les accusations de son pays contre la Russie. Selon lui, il n’y avait aucune empreinte sur Internet, par conséquent, il n’existe encore aucune preuve concrète de l’implication de la Russie. Mais il y a plusieurs indices. 

Pour Vladimir Chizhov, ambassadeur de la Russie auprès de l’UE, des allégations restent des allégations.

L’approche de l’OTAN sur la cybercriminalité a été rappelée par son secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer, en février : la cyberdéfense est une responsabilité nationale, mais l’OTAN peut proposer des conseils dans les cas de cyberattaques sérieuses. Il existe un accord sur le concept concernant la cyberdéfense.  Il s’agit maintenant de perfectionner ce concept, a-t-il déclaré lors d’une réunion des ministres de la Défense à Vilnius.

Selon le professeur Peter Sommer, expert en sécurité des systèmes d’information à la London School of Economics (LSE), la priorité principale dans le domaine de la cybercriminalité est de corriger la façon dont nous parlons du sujet, notamment parce qu’il est très difficile de diagnostiquer les événements. Nous devons toujours nous assurer que les attaques sont portées par de vrais terroristes et non par des adolescents extravagants.

Prochaines étapes : 
  • 2-4 avril 2008 : sommet de l’OTAN à Bucarest.
Contexte : 

La cybercriminalité a pris de l’importance dans l’agenda de l’OTAN, suite à la vague de cyberattaques contre l’Estonie l’été dernier, qui a paralysé l’infrastructure critique du pays, comme les serveurs des banques et des télécommunications. 

Les attaques ont eu lieu en mai 2007, après la décision du gouvernement estonien de déplacer la statue du soldat de l’Armée rouge érigée durant l’ère soviétique. Cette initiative a irrité la Russie et la minorité russe vivant dans le pays balte. Les autorités estoniennes ont accusé Moscou d’être à l’origine de ces attaques, mais aucune preuve tangible n’a pu être fournie. 

Suite à ces événements, les ministres de la Défense de l’OTAN ont envisagé de développer une politique commune pour mettre un terme à la cyberguerre lors de leur rencontre à Vilnius le 8 février. D’après le communiqué de presse publié par l’organisation militaire suite à la réunion, les ministres ont convenu que l’OTAN devait avoir une politique substantielle en matière de cyberdéfense soulignant le rôle de l’Alliance dans ce domaine. 

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