Vous pouvez être certains que les droits fondamentaux, y compris la protection des données, seront au sommet de ma liste de priorités, a affirmé Mme Reding lors de son audition de confirmation devant le Parlement européen il y deux semaines (EurActiv 13/01/10).
Les fonctionnaires proches de la commissaire ont déclaré à EurActiv que l’une des premières priorités de Mme Reding pour son nouveau portefeuille sera de remanier la directive sur la protection des données qui date de 1995. Le monde a changé depuis 1995, ont dit ces fonctionnaires.
La protection des données comprend un certain nombre de questions d’actualité, qui ne sont pas seulement importantes pour elles-mêmes mais également dans le cadre des relations de l’UE avec des partenaires internationaux clefs comme les Etats-Unis. Le traitement des données bancaires ou des informations personnelles des passagers aériens est sujet à négociations entre Bruxelles et Washington.
A l’occasion de la Journée de la protection des données de jeudi, cependant, Mme Reding devrait se concentrer sur la vie privée en ligne, qui a traditionnellement été la question centrale de cet évènement, sponsorisé par le géant des logiciels Microsoft.
Des débats sur les médias sociaux et la vie privée figureront au menu de cet évènement, qui doit se tenir dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles par les eurodéputés libéraux Alexander Alvaro et Sophia in’t Veld.
Des fonctionnaires proches de la commissaire insistent pour dire qu’elle ne manquerait pas l’opportunité d’exposer ses futurs projets pour la protection des données en ligne.
L’une des questions clefs concerne le traitement des données par les services en ligne. Les moteurs de recherche collectent les informations, comme les adresses IP et les requêtes postées par les utilisateurs, afin de monter des profils électroniques des personnes surfant sur Internet, et de gagner de l’argent en vendant ces informations stratégiques aux publicitaires.
La florissante industrie publicitaire pourrait se trouver en mauvaise posture si les institutions de l’UE décident de traiter les données collectées comme des données privées. Cela rendrait obligatoire pour les publicitaires d’obtenir l’aval des utilisateurs avant d’utiliser ces informations.
La manière de traiter avec les réseaux sociaux comme Facebook est une autre source d’inquiétude pour les régulateurs. Les jeunes gens continuent de poster leurs informations personnelles sur de telles plateformes sans être complètement conscients des impacts en termes de risques pour leur vie privée.
L‘avenir de la vie privée en ligne concerne également un autre développement important : la migration vers l’informatique en nuage, qui implique le stockage de tous les documents électroniques sur des matériels informatiques distants plutôt que sur des bureaux personnels.
Ce processus présente d’énormes avantages économiques et environnementaux, mais pose un sérieux problème en matière de vie privée, comme le soulignent de nombreux experts (EurActiv 17/06/09).



