La Commission européenne devrait présenter une proposition sur la cybersécurité en février dès qu'elle aura reçu les remarques du Parlement européen et des États membres.
En mai, il avait été indiqué que la proposition devait être présentée au troisième trimestre de cette année, mais elle a été reportée.
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Les actions de l'UE en vue de protéger les infrastructures critiques rejoignent les préoccupations mondiales relatives au nombre croissant de cyberattaques qui peuvent perturber des domaines importants de l'économie, des services de banque en ligne aux marchés boursiers.
« Des normes minimales de sécurité devraient également s'appliquer aux administrations publiques et aux opérateurs d'infrastructures informatiques de première importance afin de promouvoir une culture de gestion du risque et de s'assurer que les incidents les plus graves sont signalés », peut-on lire dans le rapport.
Aux États-Unis, toute attaque en ligne doit être obligatoirement signalée, ce qui oblige les entreprises à maintenir des moyens de cyberdéfense efficaces. À la différence de ce pays, l'UE adopte une approche fragmentaire de la question.
Certains pays comme le Royaume-Uni s'opposent au rapport obligatoire, car il encouragerait les entreprises à dissimuler toute faille dans les systèmes de sécurité en ligne pour ne pas inquiéter leurs clients.
Un fonctionnaire de l'UE a indiqué que l'objectif de ce rapport était de sensibiliser les entreprises aux cyberattaques et de les aider à les contrer.
« Nous voulons changer la culture autour de la cybersécurité; actuellement, on a parfois peur ou on a honte de reconnaître qu'il y a un problème. Dorénavant, les autorités et les propriétaires de réseaux doivent collaborer plus pour maximiser la sécurité », a-t-il ajouté.
Les entreprises européennes des secteurs essentiels de l'économie « manquent d'incitations efficaces afin de fournir des données fiables sur l'existence ou les conséquences » des incidents relatifs à la sécurité des réseaux, d’après ce rapport.
Les entreprises craignent que la divulgation de leur vulnérabilité puisse leur faire perdre des clients. Les autorités sont toutefois en faveur d'une transparence accrue afin d'essayer de mettre fin aux méthodes utilisées par les pirates pour exploiter les réseaux avant qu'ils ne causent des dommages considérables.
« Les incidents touchant à la cybersécurité augmentent à un rythme alarmant et risquent de perturber des prestations de service essentielles que nous tenons pour acquises comme l'eau, le sanitaire, l'électricité ou les réseaux mobiles », toujours selon ce rapport.
La proposition de l'UE obligerait les entreprises gérant des infrastructures essentielles à pratiquer une évaluation du risque et à travailler avec les autorités nationales pour établir une norme minimale valable pour l'ensemble des Vingt-Sept.
Des mesures incohérentes sur la cybersécurité présentent également un coût économique. En 2012, 38 % des utilisateurs de l'Internet au sein de l'UE ont indiqué qu'ils craignaient d'effectuer des paiements en lignes, selon un sondage de l'UE.







