Les chiffres de la Commission européenne montrent que 95,3 % des foyers de l'UE vivent dans des zones couvertes par le haut débit. Ces résultats ne sont pas loin de l'objectif des 100 % que l'Union souhaite atteindre d'ici 2013.
Certains pays, comme, la Belgique, Chypre, le Danemark, la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni sont à la pointe et ont déjà atteint cet objectif.
Le haut débit permet de disposer d'une connexion Internet rapide et d'avoir accès à une série de services uniquement disponible avec une connexion rapide, comme écouter de la musique en streaming ou jouer à des jeux vidéo en ligne.
Disposer d'une couverture totale est important pour éviter la « fracture numérique », mais dans ce domaine, les statistiques sont moins encourageantes : seul un quart des foyers européens a souscrit à un abonnement haut débit.
Au premier semestre de 2011, le taux de pénétration du haut débit était de 27,2 % de la population de l'UE (ou 500 millions de personnes), mais son taux de croissance a été le plus bas enregistré depuis 2003, a déclaré la Commission.
« Ce ralentissement est inquiétant, car l'UE est encore loin de la saturation », a affirmé la Commission dans un communiqué.
L'Internet ultra-rapide, une chimère ?
Avec un taux de pénétration si peu élevé pour le haut débit conventionnel, l'objectif officiel de l'Europe d'aboutir à une couverture totale pour l'Internet ultra-rapide d'ici la fin de la décennie apparaît comme une chimère.
D'ici 2020, l'exécutif européen souhaite que 100 % du territoire soit couvert par des connexions à haut débit (30 mégaoctets par seconde) et il espère que la moitié des foyers européens souscriront à des abonnements d'au moins 100 Mo/s, considérés comme l'Internet ultra-rapide.
Cet objectif semble toutefois difficile à atteindre, dans la mesure où seuls 65 % des connexions à haut débit fonctionne à 30 Mo/s et où seul 0,9 % d'entre elles fonctionne à 100 Mo/s.
« Les chiffres sur l'Internet ultra-rapide sont loin d'être rassurants », a reconnu un fonctionnaire européen, admettant que l'objectif ne pourrait pas être atteint, à moins d'un changement radical.
Une histoire de fibre
Jusqu'à présent, les Européens ont accès à l'Internet à vitesse réduite via des réseaux de cuivre qui représentent trois quarts des connexions existantes. Quelque 16,8 % des connexions sont opérées grâce à des services du câble qui se sont fort développés dans certains pays, comme en Belgique, aux Pays-Bas, au Portugal, à Malte et en Hongrie.
Le haut débit mobile est en pleine croissance, mais il s'agit surtout d'un service complémentaire et pas d'un produit autonome, car cette technologie ne peut pas être utilisée par trop d'utilisateurs en même temps.
La fibre optique est donc la technologie clé sur laquelle l'Europe devrait s'appuyer pour atteindre son objectif.
Toutefois, seuls 2 % des connexions Internet en Europe utilisent cette technologie.
Les grands opérateurs historiques comme Deutsche Telekom ou Telefonica en Espagne traînent les pieds lorsqu'il s'agit de mettre en place des réseaux de fibres optiques, car elles craignent de perdre des clients lors de la transition.
Elles ont demandé aux régulateurs de permettre une hausse des prix pour fournir un accès à leurs réseaux aux concurrents, affirmant que des marges plus importantes faciliteraient l'investissement dans la fibre optique. Réduire le prix d'accès au cuivre, comme l'a recommandé la Commission, ne fera que retarder l'investissement et « prolonger l'accès à du cuivre meilleur marché qui retardera à son tour la transition vers la fibre optique », a expliqué Luigi Gambardella de l'ETNO, le principal lobby européen des opérateurs en télécommunications.
Les petits opérateurs insistent quant à eux pour rendre le marché du cuivre plus rentable. Ils affirment que cela pourrait encourager les grands opérateurs à adopter la fibre optique.
L'une des autres pierres d'achoppement réside dans le déploiement de la fibre optique. La Commission favorise la connexion directe aux foyers, ou fibre jusqu'au foyer (FTTG) dans le jargon du secteur, une approche soutenue par les nouveaux entrants.
Les grands opérateurs sont quant à eux en faveur de la connexion des fibres à un point de concentration (FTTC) situé dans le voisinage. Cette technique permettrait de réduire les coûts du déploiement et de les partager entre les opérateurs. Elle pourrait néanmoins également ralentir l'adoption de la fibre optique.
La Commission semble jusqu'à présent accorder sa préférence à l'approche des nouveaux entrants, mais aucune décision contraignante n'a encore été prise pour imposer un modèle d'exploitation spécifique.



