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Connexion à haut débit ultra-rapide : l’UE n’atteindra sans doute pas ses objectifs

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Publié 27 février 2012

Presque 100 % de l'Europe bénéficie de connexions Internet à haut débit, mais les connexions ultra-rapides restent peu répandues et bien en dessous des objectifs officiels de l’UE, malgré les grands discours sur les avantages de l’économie numérique.

Les chiffres de la Commission européenne montrent que 95,3 % des foyers de l'UE vivent dans des zones couvertes par le haut débit. Ces résultats ne sont pas loin de l'objectif des 100 % que l'Union souhaite atteindre d'ici 2013.

Certains pays, comme, la Belgique, Chypre, le Danemark, la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni sont à la pointe et ont déjà atteint cet objectif.

Le haut débit permet de disposer d'une connexion Internet rapide et d'avoir accès à une série de services uniquement disponible avec une connexion rapide, comme écouter de la musique en streaming ou jouer à des jeux vidéo en ligne.

Disposer d'une couverture totale est important pour éviter la « fracture numérique », mais dans ce domaine, les statistiques sont moins encourageantes : seul un quart des foyers européens a souscrit à un abonnement haut débit. 

Au premier semestre de 2011, le taux de pénétration du haut débit était de 27,2 % de la population de l'UE (ou 500 millions de personnes), mais son taux de croissance a été le plus bas enregistré depuis 2003, a déclaré la Commission.

« Ce ralentissement est inquiétant, car l'UE est encore loin de la saturation », a affirmé la Commission dans un communiqué.

L'Internet ultra-rapide, une chimère ?

Avec un taux de pénétration si peu élevé pour le haut débit conventionnel, l'objectif officiel de l'Europe d'aboutir à une couverture totale pour l'Internet ultra-rapide d'ici la fin de la décennie apparaît comme une chimère.

D'ici 2020, l'exécutif européen souhaite que 100 % du territoire soit couvert par des connexions à haut débit (30 mégaoctets par seconde) et il espère que la moitié des foyers européens souscriront à des abonnements d'au moins 100 Mo/s, considérés comme l'Internet ultra-rapide.

Cet objectif semble toutefois difficile à atteindre, dans la mesure où seuls 65 % des connexions à haut débit fonctionne à 30 Mo/s et où seul 0,9 % d'entre elles fonctionne à 100 Mo/s. 

« Les chiffres sur l'Internet ultra-rapide sont loin d'être rassurants », a reconnu un fonctionnaire européen, admettant que l'objectif ne pourrait pas être atteint, à moins d'un changement radical.

Une histoire de fibre

Jusqu'à présent, les Européens ont accès à l'Internet à vitesse réduite via des réseaux de cuivre qui représentent trois quarts des connexions existantes. Quelque 16,8 % des connexions sont opérées grâce à des services du câble qui se sont fort développés dans certains pays, comme en Belgique, aux Pays-Bas, au Portugal, à Malte et en Hongrie.

Le haut débit mobile est en pleine croissance, mais il s'agit surtout d'un service complémentaire et pas d'un produit autonome, car cette technologie ne peut pas être utilisée par trop d'utilisateurs en même temps.

La fibre optique est donc la technologie clé sur laquelle l'Europe devrait s'appuyer pour atteindre son objectif.

Toutefois, seuls 2 % des connexions Internet en Europe utilisent cette technologie.

Les grands opérateurs historiques comme Deutsche Telekom ou Telefonica en Espagne traînent les pieds lorsqu'il s'agit de mettre en place des réseaux de fibres optiques, car elles craignent de perdre des clients lors de la transition.

Elles ont demandé aux régulateurs de permettre une hausse des prix pour fournir un accès à leurs réseaux aux concurrents, affirmant que des marges plus importantes faciliteraient l'investissement dans la fibre optique. Réduire le prix d'accès au cuivre, comme l'a recommandé la Commission, ne fera que retarder l'investissement et « prolonger l'accès à du cuivre meilleur marché qui retardera à son tour la transition vers la fibre optique », a expliqué Luigi Gambardella de l'ETNO, le principal lobby européen des opérateurs en télécommunications.

Les petits opérateurs insistent quant à eux pour rendre le marché du cuivre plus rentable. Ils affirment que cela pourrait encourager les grands opérateurs à adopter la fibre optique.

L'une des autres pierres d'achoppement réside dans le déploiement de la fibre optique. La Commission favorise la connexion directe aux foyers, ou fibre jusqu'au foyer (FTTG) dans le jargon du secteur, une approche soutenue par les nouveaux entrants.

Les grands opérateurs sont quant à eux en faveur de la connexion des fibres à un point de concentration (FTTC) situé dans le voisinage. Cette technique permettrait de réduire les coûts du déploiement et de les partager entre les opérateurs. Elle pourrait néanmoins également ralentir l'adoption de la fibre optique.

La Commission semble jusqu'à présent accorder sa préférence à l'approche des nouveaux entrants, mais aucune décision contraignante n'a encore été prise pour imposer un modèle d'exploitation spécifique.

Réactions : 

Ryan Heath, le porte-parole de la commissaire européenne à la stratégie numérique, Neelie Kroes, a déclaré : « L'Europe s'en sort très bien en terme de haut débit mobile et basique, mais le haut débit par fibre progresse lentement. »

« Cela ne signifie pas qu'il n'existe pas de haut débit rapide, mais jusqu'à présent, il provient d'autres sources, comme le câble et les combinaisons câbles-fibres, plutôt que de fibres directement connectées aux foyers », a-t-il expliqué.

Luigi Gambardella, le président du Conseil exécutif de l'ETNO, une organisation qui regroupe les principaux opérateurs de télécommunications européens, a déclaré : « En 2010 et 2011, les recettes totales du secteur des télécommunications en Europe ont baissé de 1,4 et 2 % respectivement, malgré une croissance économique modérée. Cela confirme que des changements structurels plutôt que cycliques caractérisent le secteur. »

« Il est urgent d'agir pour que cette évolution négative n'entrave pas les ambitions de l'Europe définies dans sa stratégie pour la croissance d'ici 2020. Insister sur le déploiement de la fibre jusqu'au foyer uniquement entraîne l'éviction d'autres options rentables s'agissant de fournir des services de haut débit rapides dans un futur proche. Ce n'est pas la recette du succès, il s'agit de la recette du retard et de l'échec », a-t-il conclu.

Ilsa Godlovitch, la directrice de l'ECTA, le principal lobby des nouveaux opérateurs, a déclaré : « L'adoption du haut débit est liée à la concurrence et à la qualité des infrastructures. Pour atteindre les objectifs, les consommateurs doivent pouvoir avoir accès à du haut débit de qualité. Ce n'est actuellement pas le cas en Europe, notamment parce que les règles favorables à la concurrence ne sont pas correctement mises en oeuvre et parce que les opérateurs historiques dans bon nombre de pays continuent de faire payer des prix élevés pour l'accès aux télécommunications sans investir dans des infrastructures modernes de fibres. »

Dans une lettre consultée par EurActiv, les principaux PDG de l'industrie du câble européenne affirment : « Nous nous inquiétons de l'évident parti pris croissant envers le FTTH/FTTP et des approches réglementaires envisagées pour le renforcer. »

« En particulier, la récente consultation sur les méthodes d'établissement des coûts laisse entrevoir la possibilité de fixer des prix peu élevés pour l'accès à des réseaux de cuivre si les opérateurs n'investissent pas dans des réseaux ultra-rapides capables d'offrir des services à 100 Mo/s.  Cette approche ne permettrait pas d'atteindre l'objectif d'encourager l'investissement dans la fibre et, en raison des effets à plus grande portée de la réglementation des prix de l'accès des opérateurs, elle mettra également en péril les investissements actuels et futurs dans les infrastructures par d'autres acteurs comme les opérateurs du câble. »

Francesco Guarascio - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

COMMENTS

  • Je désire connaitre les taux de raccordement des foyers au gaz dans les pays suivant: Italie, Espagne, France, Allemange, Grèce et Turquie

    Merci beaucoup

    By :
    KOURTAA
    - Posted on :
    28/02/2012
  • I want to know the rate of connection of the fireplaces in the following countries: Italy, Spain, France, Germany, Greece and Turkey Thanks much

    By :
    KOURTAA
    - Posted on :
    28/02/2012
Contexte : 

L'Internet rapide, ou haut débit est disponible pour presque tous les citoyens de l'UE, bien que seul un quart d'entre eux l'utilisent.

Le haut débit ultra-rapide reste quant à lui très peu utilisé, avec seulement 2 % des connexions. Dans ce domaine, l'Europe est à la traîne par rapport aux Etats-Unis, au Japon et à la Corée du Sud.

La fibre est au coeur de l'« accès de nouvelle génération », les réseaux Internet ultra-rapides sur lesquels devraient s'appuyer de nouveaux services devant encourager la croissance.

La fibre optique permet une transmission accrue et plus rapide des données qu'avec les réseaux utilisant du cuivre ou le câble. Dans sa stratégie Europe 2020, l'Union européenne définit des objectifs ambitieux visant à encourager l'utilisation de l'Internet au sein de l'Union.

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