Dans les propositions soumises la semaine dernière, l'éducation bénéficie de la plus forte augmentation dans le budget à long terme de l'UE et son financement fait un bond de 71 %, passant de 8,76 milliards à 15,2 milliards d'euros.
Toutefois, l'exécutif européen souhaite que cette augmentation aille de pair avec une organisation simplifiée, ce qui pourrait de prime abord causer des problèmes avec d'autres programmes qui reçoivent actuellement des fonds de l'UE.
Le financement de l'éducation est aujourd'hui divisé en trois parties. Le programme d'apprentissage tout au long de la vie englobe le programme Erasmus d'échanges universitaires, le programme Leonardo da Vinci de formation professionnelle, le programme Comenius d'échange et de coopération entre les établissements scolaires, et le programme Grundtvig de formation des adultes.
Ensemble, ces programmes se taillent la part du lion (7,1 milliards d'euros) des financements actuels. Jeunesse en action – le programme qui offre l'opportunité de participer à des formations plus informelles – ainsi que les programmes mondiaux, tels qu’Erasmus Mundus, sont gérés séparément.
La dénomination Erasmus pour tous les programmes
Selon des documents politiques internes consultés par EurActiv, avant que leur financement ne soit massivement augmenté, ces programmes seront tous regroupés sous le programme « Education Europe ».
Dennis Abbott, le porte-parole de la commissaire à l'éducation, Androulla Vassiliou, a déclaré à EurActiv : « Ils [les programmes distincts] sont caractérisés par la prolifération de petits projets et certains n'ont pas suffisamment d'envergure pour avoir l'impact à long terme nécessaire. En outre, certains programmes se chevauchent, ce qui a mené à une augmentation des coûts de gestion et a désorienté des candidats potentiels ».
L'exécutif européen devrait abandonner le nom de ces programmes et miser sur la dénomination la plus connue et la plus attractive en les renommant tous Erasmus, ou « Nouvel Erasmus », une idée qui reste très controversée.
La Commission pense que, contrairement à certains autres noms de programmes, Erasmus est reconnu presque partout et est sans doute le programme européen le plus connu.
Miser sur la visibilité d'Erasmus permettrait que la Commission apporte un plus grand soutien financier à l'étude, à la formation et au volontariat dans toutes les sphères et pour tous les âges, selon les représentants de l'Union.
Le changement de nom est-il une bonne idée ?
Le changement de nom est encore débattu au Parlement européen et certaines parties prenantes craignent que la perte de dénominations telles que « Jeunesse en action » mène à une réduction des financements.
Un représentant de l'UE a expliqué à EurActiv : « Ce n'est pas vrai. La proposition de la Commission implique davantage de soutien pour l'éducation formelle et la jeunesse. Il n'est pas vrai que la suppression, par exemple, d’un programme Jeunesse en action distinct signifie une suppression ou une réduction des programmes d'éducation informelle pour les jeunes ».
Il a ajouté : « Un programme est un moyen et non une fin en soi. Nous voulons nous concentrer sur la meilleure manière d'aider les jeunes et non pas sur la meilleure façon de garder les actuelles structures administratives inchangées ».
Le regroupement des programmes sous la dénomination Erasmus surgirait à un moment significatif, dans la mesure où dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le nombre de jeunes, d'étudiants et d'universitaires qui seront engagés dans différents programmes de formation et de mobilité devrait pratiquement doubler pour passer de 400 000 chaque année pour l'instant à 700 000, voire 800 000 par an.
Les domaines qui devraient bénéficier d'une augmentation spécifique sont la recherche au niveau du Master – avec un nouveau programme impliquant la Banque européenne d'investissement qui fournira des garanties aux étudiants – et les échanges d'enseignants.
Jeremy Fleming – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet



