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L'adoption du cloud computing dans les banques entravée par le flou juridique

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Publié 02 décembre 2011, mis à jour 23 décembre 2011

Bien que les services financiers et les banques aient de plus en plus recours au cloud computing pour leurs affaires, le flou juridique et les désaccords entre l'UE et les Etats-Unis sur la question des données confidentielles empêchent le nuage de prendre son envol.

Selon les observateurs, les secteurs bancaire et financier étaient les plus susceptibles de se convertir au cloud computing. Les défenseurs du cloud affirment qu'il permettrait aux entreprises de réduire leurs frais généraux, d'augmenter la flexibilité des coûts informatiques, et d'ouvrir la voie à de nouveaux modèles commerciaux.

Selon une récente étude réalisée par l'une des plus grandes entreprises de recherche et de conseil informatiques, Gartner, 44 % des responsables de l'information du secteur financier européen espèrent que plus de la moitié de leurs transactions soient effectuées via le cloud computing d'ici 2015.

Peter Redshaw, le vice-président de Gartner, reste toutefois sceptique quant à ces chiffres, au vu de la situation actuelle. « Les niveaux actuels d'utilisation sont très bas, ils représentent moins de 5 %. [Atteindre 50 % d'ici 2015] représenterait une augmentation fulgurante, et rien n'indique que c'est ce qui va se produire », a-t-il affirmé.

M. Radshaw a assuré que même si plusieurs problèmes entravaient le succès du cloud computing, le plus important d'entre eux était l'incertitude juridique : « C'est bel et bien l'obstacle réglementaire qui inquiète 90 % des [entreprises de services financiers] ».

Les eurodéputés en faveur de la protection des données

À Bruxelles, dans le même temps, les législateurs européens sont plus que jamais en faveur de la protection de la vie privées en ligne, y compris dans le cadre des services de cloud computing.

Le Parti populaire européen (PPE), qui a la majorité au Parlement, a publié un document de stratégie sur la réglementation de l'Internet jeudi (1er décembre). Ce document entérine l'application de normes européennes pour toutes les données collectées au sein de l'UE, même si elles sont stockées sur des serveurs externes.

Tout en soulignant « les perspectives économiques et commerciales prometteuses du cloud computing », ce document affirme que : « Toutes les données collectées au sein de l'UE doivent faire l'objet d'une réglementation européenne ou d'accords internationaux autorisant l'UE à vérifier que les normes sont observées dans les pays tiers ».

Ce document vise à renforcer les nouvelles propositions de la Commission sur la protection des données attendues début 2012.

Selon une source de PPE proche du dossier, l'utilisation du cloud serait exclue en l'absence de cette protection. « Nous devons garantir la confidentialité des données pour les banques et les compagnies d'assurance, qui ne peuvent donc pas utiliser le cloud computing [en dehors de l'Europe]. Elles ont besoin d'un cadre réglementaire clair pour développer leurs modèles commerciaux », a-t-il expliqué.

Cela pourrait amener l'UE à s'opposer aux Etats-Unis, dans la mesure où la législation américaine, notamment les lois relatives à la lutte contre le terrorisme, autorise le gouvernement à utiliser les données stockées sur le sol américain. Joe McNamee, de l'entreprise de surveillance de la protection en ligne EDRI (European Digital Rights), a déclaré : « Le Patriot Act et le FAISA réclament l'accès à des données sans que la personne concernée n'en soit tenue informée. Déplacer des données aux États-Unis peut donc donner lieu à des conflits juridiques ou éthiques regrettables ».

Le Parlement a, par le passé, adopté une position ferme sur la question de la protection des données. En février 2010,  il a rejeté l'accord SWIFT qui devait permettre l'échange de données entre l'UE et les États-Unis. Une version renégociée de l'accord a ensuite été ratifiée en juillet 2010.

De l'économie à la sécurité

Même si la question de la sécurité reste un obstacle majeur à l'adoption du cloud computing, certaines entreprises considère également cette avancée technologique comme une opportunité commerciale.

C'est le cas d'ITpreneurs, une entreprise néerlandaise spécialisée dans la formation informatique, y compris en matière de cloud computing, et dans le secteur bancaire. Même si ITpreneurs travaille principalement avec d'autres entreprises du secteur, elle a formé plus de 2 500 employés des banques ING et ABN AMRO sur l'utilisation du cloud computing l'année dernière. Ces banques cherchent à réduire leur besoin de main-d'oeuvre et leurs coûts en serveurs.

Pour Laurens Gunneweg, responsable produit chez ITpreneurs, les priorités ont changé vis-à-vis du cloud : « [en 2010] on parlait surtout d'économies d'échelle et de nouvelles façons de travailler au sein des organisations. Je pense que cela a changé à présent [...] la sécurité est devenue un problème majeur pour le cloud computing. »

« C'est pour cela que nous voulons travailler avec des spécialistes de la sécurité afin de créer un certificat mondial pour la protection des données », a-t-il expliqué en référence à un programme de certification qui pourrait être étudié par le Cloud Credential Council.

EurActiv.com — Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Le terme « cloud computing » désigne tout un éventail d'infrastructures, de logiciels, de données ou d'applications présents dans le « nuage », et donc non dans des locaux, et qui sont accessibles via Internet.

Une étude réalisée par l'université de Milan, publiée fin 2010, estimait que le cloud computing pourrait entraîner la création de 1,5 million d'emplois en Europe au cours des cinq prochaines années. En 2010, le chiffre d'affaires mondial du secteur était estimé à 26,7 milliards d'euros.

Alors que les entreprises et les gouvernements se perdent en grandes envolées lyriques sur les avantages du cloud computing, la Commission reste plus prudente. En effet, une utilisation accrue des systèmes en nuage signifierait qu'une grande quantité de données publiques et commerciales pourrait migrer vers des serveurs peut-être situés à l'extérieur des frontières nationales ou même sur d'autres continents.

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