De grandes entreprises et des petits créateurs d'applications en ligne ont été accusés au cours des derniers mois d'avoir manipulé des données personnelles.
La semaine dernière, le Wall Street Journal a rapporté que le géant de l'Internet Google et plusieurs agences de publicité n'avaient pas respecté les paramètres de sécurité de millions d'utilisateurs du navigateur d'Apple Inc. sur leurs iPhones et sur leurs ordinateurs, afin d'épier les habitudes des internautes qui pensaient avoir bloqué cette surveillance.
Ces entreprises ont utilisé un programme informatique incitant le navigateur d'Apple, Safari, à les autoriser à surveiller de nombreux internautes, selon le Journal.
L'obligation de consentement préalable
L'ébauche de règlement proposée par la commissaire à la justice, Viviane Reding, impose que les entreprises souhaitant utiliser les informations personnelles contenues dans les applications pour smartphones demandent le consentement des utilisateurs au préalable.
Même si ces règles concernent les utilisateurs d'ordinateurs ordinaires, leurs effets se feront particulièrement sentir dans le secteur des smartphones, où la concurrence est rude entre les créateurs d'applications pour ces téléphones.
Ces entreprises offrent souvent des services gratuits et tirent leurs revenus de publicités en lignes personnalisées en fonction des données personnelles des consommateurs.
Le texte proposé par Mme Reding autoriserait la protection des informations personnelles et interdirait aux entreprises d'exploiter ces données.
Une réglementation suffisante ?
La solidité de la réglementation finale sur la protection des données est toutefois remise en cause. Certains craignent en effet que les règles proposées pour le secteur privé ne soient affaiblies et inscrites dans une directive, ce qui donnerait lieu à des interprétations nuancées parmi les États membres.
Kimon Zorbas, le vice-président de l'organisation IAB Europe, qui représente les publicitaires en ligne, a déclaré à EurActiv que la possibilité pour les entreprises de recueillir et d'analyser des données affectait l'innovation et que la productivité de ces entreprises n'était pas prise en compte dans l'ébauche de règlementation sur la protection des données.
« En réalité, le monde se tourne de plus en plus vers l'analyse de données. Nos économies ne pourront pas être compétitives si elles ne peuvent pas recueillir, stocker et analyser des données », a expliqué M. Zorbas.
Le débat sur la confidentialité fait également rage aux États-Unis, où les législateurs, soucieux de rassurer un public inquiet, ont présenté au Congrès plus d'une douzaine de projets de loi sur la vie privée. Le gouvernement de M. Obama a appelé à l'élaboration d'une déclaration des droits sur la confidentialité afin d'encourager les entreprises à adopter de meilleures pratiques.



