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L'Europe doit transformer radicalement sa politique de l'eau

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Publié 21 mai 2012, mis à jour 14 décembre 2012

L'Union européenne doit « radicalement changer » la manière dont elle gère l'eau, l'énergie et les terres pour répondre aux besoins des plus pauvres et s'assurer que l'environnement est protégé, selon le nouveau Rapport européen sur le développement.

Ce rapport phare, intitulé « Confronting scarcity: managing water, energy and land for inclusive and sustainable growth », exhorte l'UE à adopter une approche intégrée dans la gestion des trois éléments indispensables pour garantir un accès universel à l'eau, l'énergie et la sécurité alimentaire durable.

Environ 1 milliard de personnes sont sous-alimentées, près de 900 millions n'ont pas accès à des sources d'eau sûres et 1,5 milliard n'ont pas accès à l'électricité. La demande en eau et en énergie devrait augmenter de 40 % d'ici 2030. La demande alimentaire devrait quant à elle croître de 50 %. La mauvaise gestion des ressources et leur raréfaction touchent généralement les populations les plus pauvres.

« L'échec de la coordination des politiques relatives à l'eau, à l'énergie et aux sols doit être corrigé afin d'éviter les impacts négatifs de ces interrelations », peut-on lire dans ce rapport publié le 16 mai. Il a pour objectif de définir une stratégie mondiale en amont de la conférence Rio+20 de juin prochain sur le développement durable.

« Une goutte d'eau, une parcelle de terre ou un kilojoule d'énergie renouvelable ne peuvent être pris en considération à travers une seule politique ou un seul système de gestion. Une politique efficace dans un domaine peut s'avérer nuisible dans un autre », peut-on lire dans cette étude.

Cette approche conjointe nécessitera l'implication des secteurs privé et public ainsi que de l'UE. Le secteur public pourrait fournir les cadres réglementaire et juridique nécessaires aux modifications et une part des financements requis. Cela pourrait créer un environnement propice aux investissements du secteur privé. 

Le secteur privé devrait appliquer des techniques plus durables en matière d'accès et de consommation des ressources naturelles. L'UE pourrait quant à elle soutenir les pays plus pauvres par le biais de fonds d'aide et de sa politique de développement.

Le commissaire européen au développement, Andris Piebalgs, a déclaré lors de la publication du rapport : « Ce rapport est très pertinent et tombe à point nommé, juste avant la conférence des Nations unies Rio+20 et le lancement de l'année internationale de l'énergie durable pour tous. L'eau, l'énergie et les sols sont des ressources cruciales pour le développement et le bien-être de l'Homme. Le problème de la raréfaction des ressources ne peut pas être réglé par des actions ponctuelles. »

Ce rapport annuel a été rédigé en partenariat par l'Overseas Development Institute, le Centre européen de gestion des politiques de développement et l'Institut allemand de développement. Il regorge d'idées à l'intention des gouvernements, des entreprises et de l'UE. Pour faciliter l'accès à l'eau dans les communautés pauvres, par exemple, le rapport suggère que les gouvernements nationaux soient soutenus pour mettre en oeuvre des programmes de gestion intégrée des ressources en eau.

Il appelle à une réduction significative de l'empreinte environnementale de la consommation dans les pays développés, mais pas exclusivement.

Les gouvernements sont également encouragés, dans ce rapport, à garantir que les investissements fonciers contribuent au développement économique et qu'aucun accord ne nuise aux écosystèmes affaiblis ou à la subsistance des populations. Le renforcement des régimes fonciers pourrait ainsi servir à protéger les droits collectifs et des consommateurs.

Les initiatives visant à protéger l'environnement, en mettant un terme à la déforestation, par exemple, devraient être financièrement récompensées. Le rapport cite l'exemple d'un programme en vigueur au lac Naivasha au Kenya qui oblige les entreprises à rémunérer les petits exploitants locaux qui font un bon usage de leurs terres.

Ce rapport va de pair avec l'intérêt grandissant pour une approche conjointe face aux défis posés par l'eau, les terres, l'énergie et la sécurité alimentaire. En mars dernier, la déclaration des ministres réunis à l'occasion du Forum mondial de l'eau appelait à une meilleure reconnaissance de la corrélation qui existe entre l'eau, l'alimentation et l'énergie, afin que les décisions à venir améliorent « la gestion durable des ressources rares ».

En novembre, un rapport de l'Institut international pour l'environnement et le développement établissait un lien clair entre l'eau et les terres. Selon ce rapport, les gouvernements africains cédaient des droits d'accès à l'eau à des investisseurs fonciers qui voulaient profiter des tarifs appliqués sur l'eau pour améliorer les rendements et les revenus.

Les acteurs de ces « ventes d'eau » font peu de cas de l'impact sur les populations, souligne le rapport. « Les gestionnaires des ressources en eau doivent déterminer la part des droits d'utilisation de l'eau qui devrait être liée aux terres avant de créer un précédent à long terme qui pourrait compromettre un approvisionnement durable et équitable en eau pour tous les consommateurs ».

Ce rapport a été publié deux jours après que les ministres des affaires étrangères ont approuvé le programme pour le changement proposé par la Commission européenne. Ce programme prévoit d'allouer davantage de fonds aux pays les moins avancés et d'accorder des budgets en fonction des bilans nationaux en matière de droits de l'Homme et de gouvernance.

Le nouveau programme indique clairement que l'UE souhaite favoriser la croissance et le développement durables et inclusifs, ainsi que l'implication du secteur privé en lui accordant notamment un accès à l'aide au développement.

Les détracteurs de ce programme estiment toutefois que le rôle du secteur privé reste flou. « Parle-t-on d'entreprises locales dans des pays en développement ou de multinationales étrangères ? Les pays de l'UE doivent s'assurer de na pas éloigner ces aides essentielles de ceux qui en ont le plus besoin », a contesté Olivier Consolo, le directeur de la confédération d'ONG européennes Concord.

Le mois dernier, l'UE a promis un soutien de 50 milliards d'euros aux projets pour l’énergie propre dans les pays en développement.

Prochaines étapes : 
  • 22-25 mai : événement « Every Drop Counts » dans le cadre de la semaine verte européenne à Bruxelles.
Liz Ford pour le Guardian, dans le cadre du Guardian Environment Network
Contexte : 

La conférence de l'ONU sur le développement durable (ou conférence Rio+20) aura lieu vingt ans après la conférence internationale historique qui s'était déjà déroulée à Rio de Janeiro.

Intitulée « sommet de la Terre », la conférence de 1992 avait donné lieu à un plan d'action (Action 21) et à une déclaration faisant état des principes sous-jacents du développement durable.

Dix ans plus tard à Johannesburg, il a été reconnu que des changements fondamentaux dans la manière de produire et de consommer des sociétés seraient nécessaires pour atteindre les objectifs mondiaux de développement durable. Tous les gouvernements ont été invités à promouvoir une consommation et une production durables et un plan visant à renforcer la mise en oeuvre d'Action 21 a été adopté.

Organisé au Brésil, le sommet de 2012 tentera d’assurer un engagement renouvelé en faveur du développement durable et d'évaluer les progrès accomplis au cours des 20 dernières années.

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