Selon une source proche du dossier, les énergies renouvelables seraient la force motrice du nouveau plan sur dix ans pour le développement du réseau, qui sera présenté en mars.
Ce plan comprendra des propositions détaillées sur les infrastructures qui contribueront aux objectifs européens pour l'énergie et la sécurité de l'approvisionnement. Il présentera notamment des projets visant à connecter les sources d'énergie renouvelable aux réseaux de transmission dans et entre les pays.
Cette connexion serait effectuée grâce à des flux énergétiques bidirectionnels depuis des régions riches en énergie éolienne, par exemple. L'énergie serait alors acheminée vers des centres européens. Le courant pourrait également être renvoyé vers sa région d'origine afin de compenser le manque de vent occasionnel.
Contrairement à celui présenté récemment par l'ENTSO-E, ce nouveau plan de développement du réseau placera ces projets dans une perspective plus large qui prend en compte la croissance de la consommation, le renforcement des réseaux et d'importants volumes de courant.
Près d'un quart des infrastructures sera consacré à des projets qui sont actuellement retardés en raison de la lenteur des procédures d'autorisation. « C'est la raison pour laquelle le nouveau « Règlement concernant des orientations pour les infrastructures énergétiques transeuropéennes » est un grand pas en avant, dans la mesure où il fournit des solutions pour accélérer la construction de nouvelles infrastructures », selon une source de l'ENTSO-E.
Analyses de rentabilité
Ce plan comprend également des critères et des indicateurs requis dans le cadre de la réglementation européenne, afin d'aider les décideurs politiques à sélectionner les projets les plus efficaces pour atteindre les objectifs de l'UE en matière d'énergie.
« L'interprétation de ces indicateurs dans le contexte d'une analyse de rentabilité devra être effectuée avec prudence, dans la mesure où il est très difficile de quantifier et d'évaluer les valeurs de tous les facteurs impliqués dans l'évaluation des projets », a déclaré l'ENTSO-E. « L'analyse de rentabilité pourra alors servir de point de référence pour prendre des décisions. »
L'utilité de l'analyse de rentabilité des projets individuels qui a été demandée à l'ENTSO-E est toutefois remise en cause.
Ces analyses examinent la répartition des coûts et le classement des projets d'infrastructure entre les pays qui pourraient transporter de l'électricité du sud au nord de l'Europe et vice versa.
António Correia de Campos, le rapporteur du Parlement européen pour le paquet Infrastructures énergétiques, a déclaré que les analyses coût-bénéfice aidaient les décideurs, mais ne dictaient pas leurs choix. »
Il souhaitait en fait que les analyses des coûts réalisées par l'ENTSO-E « apportent une mesure commune, la monétisation des avantages en termes de coûts, des analyses sociétales et parfois d'autres propositions en plus d'éclairer certaines parties des propositions qui restent vaguent ».
Une source de l'UE a toutefois déclaré qu'à cause du manque de clarté de ce règlement, la sphère politique européenne semblait vouloir « une boîte noire où il suffit d'appuyer sur un bouton pour avoir des chiffres précis. Mais cela ne fonctionne pas ainsi, du moins avec les projets d'intérêt commun ».
« On ne peut pas tout quantifier et tout monétiser », a ajouté cette source.
Interconnexions
Arthouros Zervos, le président de l'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA), a déclaré qu'il serait extrêmement difficile d'évaluer les avantages des interconnexions de réseau pour les deux parties dans toutes les situations.
« Dans le cas de deux pays voisins dont l'un a un marché où les prix sont plus élevés, les avantages différeront d'un pays à l'autre. Il sera alors difficile d'évaluer ces avantages », a-t-il expliqué à EurActiv.
« Ce n'est pas une tâche aisée, car les acteurs politiques renvoient la balle aux experts techniques (ENTSO-E), alors qu'il s'agit aussi d'une décision politique », a-t-il affirmé.
M. Zervos est également conseiller spécial auprès du ministère grec de l'environnement et a été pendant cinq ans conseiller scientifique pour le département de la Commission européenne en charge des énergies renouvelables.
L'implication de groupes régionaux pourrait être une solution de compromis. L'UE envisage créer ce type de groupes pour qu'ils se chargent de la validation des paramètres budgétaires pour les projets d'infrastructure.
« Mais nous ne fournirons pas de classement », a déclaré une source d'ENTSO-E. « Ce n'est pas notre rôle de privilégier certains projets plutôt que d'autres. » Une fois de plus, les difficultés résident dans les détails et notre rôle consiste à évaluer des projets en fonction d'une liste de critères. »



