Lors d'une réunion au Parlement européen la semaine dernière (10 octobre) pour célébrer la Journée mondiale de la vue, Peter Ackland, le directeur général de l'Agence internationale pour la prévention de la cécité, a signalé qu'étant donné que la population européenne vieillissait, les troubles de la vue étaient plus fréquents.
Selon les statistiques d'Eurostat, la proportion de personnes de plus de 65 ans passera de 17,6 % à 29,9 % de la population d'ici 2050.
L'Europe prend de l'âge et perd la vue
Le nombre de personnes atteintes de diabète augmenterait à 35 millions d'ici 2030. Parmi eux, 40 % souffriront d'une rétinopathie non détectée et 3 % de graves troubles de la vue.
« La cécité évitable a d'énormes conséquences sur les systèmes de soins de santé et sur l'ensemble de la société. Environ un Européen sur 30 connaît une perte de la vue et 75 % des personnes partiellement malvoyantes en âge de travailler sont au chômage », a déclaré l'eurodéputé grec Ioannis Tsoukalas (PPE) pendant la réunion.
Ce phénomène s'accentuera sans doute en raison du vieillissement de la population, de l'augmentation du nombre de maladies chroniques liées à l'âge et des complications de santé désastreuses engendrées par des maladies chroniques, a-t-il ajouté.
Les raisons principales de la cécité évitable en Europe proviennent de la dégénération maculaire liée à l'âge, la cataracte, la rétinopathie diabétique et des glaucomes.
Puisqu'il s'agit d'une complication résultant d'autres maladies ou de problèmes de santé, on peut prévenir la cécité évitable si elle est découverte à un stade précoce.
Dépistages et examens indispensables pour prévenir la cécité
L'eurodéputé grec a expliqué que la moitié de la cécité en Europe pourrait être évitée grâce à un traitement préventif comme un examen de la vue approprié et un traitement a posteriori.
« Il est donc possible de prévenir à temps et il est important de réduire le fardeau grandissant de la cécité », a-t-il ajouté en affirmant que les coûts liés à la cécité (notamment des frais non médicaux tels que l’adaptation du domicile ou la nécessité de recourir à une assistance quotidienne) représentent environ 11 500 € par patient et par an.
Marian Harkin, eurodéputée indépendante irlandaise, a rejoint son appel en demandant d'organiser à l'échelle nationale des dépistages adéquats et systématiques de la cécité ainsi qu'une procédure d'évaluation adéquate entre les branches des soins de santé.
Dans le même temps, une enquête publiée en même temps que l’European Forum Against Blindness (EFAB) a révélé que plus de la moitié des participants (53 %) ont déclaré s'inquiéter de voir moins bien ou de devenir aveugles dans les prochaines années et décennies.
Selon l'enquête menée auprès de plus de 5 000 personnes à travers cinq pays de l'UE, les personnes interrogées craignent plus de perdre la mémoire que la vue et elles sont deux fois plus nombreuses que celles préoccupées par d’autres troubles comme le diabète.
Demande d'actions en attente
Pendant la réunion, Peter Ackland a annoncé une série de mesures préventives à mettre en oeuvre, dont des messages de santé publique sur les yeux, des tests de la vue réguliers et l'incitation à faire de l'exercice.
Il a ajouté que la santé oculaire restait négligée à l'échelle européenne. L'adoption par seulement trois pays européens des stratégies « Vision 2020 » confirme ces propos.
L'Organisation mondiale de la santé et l'Agence internationale pour la prévention de la cécité ont créé une initiative mondiale sur la santé publique, Vision 2020 : Le Droit à la vue pour encourager et promouvoir le développement des programmes de soins oculaires dès 1999.
Sur la base des résultats de l'événement au Parlement, l’EFAB voudrait développer un appel à agir et à construire une coalition solide et durable contre la cécité.



