À l'heure actuelle, la formation et les diplômes en optométrie varient d’une partie à l’autre de l’Europe. Par exemple, l'optométrie en Allemagne est pratiquée par des ophtalmologues et des opticiens certifiés ayant suivi une formation professionnelle.
Contrairement aux opticiens, les ophtalmologues détiennent des diplômes en médecine.
En France, il n'existe aucun cadre réglementaire et des optométristes reçoivent parfois une formation grâce à un apprentissage professionnel dans un cabinet privé d'ophtalmologues.
Le syndicat qui représente les opticiens français, l'Union des opticiens, a réaffirmé ce mois-ci son intention de reconnaître officiellement les optométristes en France. Il appelle à l’établissement de règles en vue d'instaurer la profession « d'opticien-optométriste ».
Directive sur les qualifications professionnelles
Selon un communiqué du syndicat, cette directive faciliterait l'accès des Français aux soins de santé et aiderait à clarifier le statut des optométristes dans le contexte d'une prochaine directive sur les qualifications professionnelles en Europe.
Le syndicat français désire donner à cette profession les droits de réaliser des examens de la vue ainsi que de prescrire des lentilles et des lunettes après qu'un ophtalmologue a fait passer un examen.
Dans le même temps, le représentant de la France à l'European Council of Optometry and Optics (ECOO) a demandé de créer des établissements d'enseignement accrédités en Europe et de mettre au point un diplôme européen en optométrie.
Quatre pays délivrent un diplôme à l'heure actuelle
Des écoles en Allemagne, Norvège, République tchèque et Suisse délivrent maintenant un tel diplôme. S'il était reconnu dans neuf États membres de l'UE, ce diplôme bénéficierait d'un statut juridique reconnu et il permettrait aux optométristes d'exercer leur profession dans tout l’espace Schengen, selon le syndicat français.
Lors d'une réunion pour célébrer la Journée mondiale de la vue au Parlement européen le 11 octobre à Bruxelles, des eurodéputés ont faire part de leurs critiques aux gouvernements de l'UE à propos du manque de coopération et de procédures de renvoi adéquates entre les disciplines des soins de santé.
« En négligeant ce domaine, les gouvernements provoquent indirectement de graves handicaps chez leurs citoyens, déclenchant des retraites anticipées, des retraites d'invalidité, des coûts supplémentaires pour les soins de santé et l'exclusion sociale », a déclaré l'eurodéputé grec Ioannis Tsoukalas (Parti populaire européen).
« En outre, les personnes atteintes de cécité sont confrontées à des défis financiers importants, en plus de la charge psychologique », a-t-il expliqué lors de la réunion.
L'intégration professionnelle est une question politique importante
Ioannis Tsoukalas a ajouté qu'il était donc crucial que la cécité évitable soit considérée comme une priorité de santé publique et que l'Union européenne et les États membres doivent également collaborer pour établir des programmes cibles visant à assurer le dépistage, la prévention à temps et le traitement à l'échelle européenne.
Marian Harkin, eurodéputée indépendante irlandaise, a expliqué à EurActiv que les statistiques du National Council for the Blind of Ireland (NCBI) indiquaient que le coût estimé de la déficience visuelle sur le système de santé irlandais s'élevait à 116 millions d'euros par an et augmenterait sans doute à 136 millions d'euros d’ici 2020.
« L'augmentation des coûts peut être évitée et la qualité de vie de nombreuses personnes s'améliorerait si des campagnes de sensibilisation encourageaient les citoyens irlandais à passer un examen », a-t-elle indiqué.
Dans le même temps, l’European Forum Against Blindness (EFAB) (créé en juin 2012 comme partenariat multipartite visant à sensibiliser les décideurs politiques) compte parmi ses objectifs « une meilleure coopération entre les professionnels des soins de santé » tels que les optométristes et les ophtalmologues « afin de mettre au point une procédure de renvoi améliorée et une approche vers les soins plus intégrée ».



