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La technologie pour des pratiques agricoles plus vertes

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Publié 29 mars 2012, mis à jour 16 novembre 2012

L'une des façons d'atteindre l'objectif de l'Union européenne en matière de durabilité et de compétitivité du secteur agricole est le recours aux technologies vertes, affirme Janez Potočnik, le commissaire européen à l'environnement.

Les dernières avancées technologiques peuvent contribuer à la diminution du gaspillage et à l'amélioration de la productivité, a déclaré cette semaine M. Potočnik aux acteurs du secteur et aux décideurs politiques.

Le phosphore, un nutriment cultural essentiel qui doit être importé, est une source majeure de pollution de l'eau en raison des eaux de ruissellement agricoles, a expliqué M. Potočnik.

« Il est clair que de nombreuses technologies et adaptations sociales pourraient permettre d'améliorer significativement l'exploitation de l'eau et des autres ressources naturelles limitées », a-t-il déclaré lors du Forum sur l'avenir de l'agriculture organisé à Bruxelles le 27 mars dernier.

« Bon nombre d'entre elles coûtent relativement peu cher et leur utilisation a besoin d'être encouragée par la politique. »

Les financements pour la recherche agricole

L'exécutif européen a proposé davantage de fonds pour la recherche et le développement liés à l'écologie et à l'exploitation efficace des ressources dans le cadre du fonds pour l'environnement LIFE+, du programme de recherche Horizon 2020 et de la politique agricole commune (PAC) après 2013.

Les décideurs politiques appellent également à davantage de coordination et à un financement partagé, afin d'optimiser l'impact de l'argent public en ces temps d'austérité budgétaire.

Plus de 300 projets de recherche liés à l'agriculture ont été financés dans le programme-cadre de recherche et de développement actuel de l'UE.

Des recherches sur des semences résistantes à la sécheresse, sur la purification de l'eau ainsi que sur des capteurs utilisant la nanotechnologie pour détecter toute trace, même infime, de contamination dans les sols font partie des projets récemment financés.

Dans le cadre de recherches indépendantes dont pourraient bénéficier tous les agriculteurs du monde, les laboratoires autrichiens de l'Agence internationale de l'énergie atomique (surtout connue pour ses inspections des sites nucléaires et ses examens de traités relatifs aux armes à fission) utilisent le nucléaire pour contrôler le niveau des réserves d'eau souterraines et développer des micro-capteurs visant à accroître l'efficacité des techniques d'irrigation.

« Les investissements dans la recherche et le développement ont offert des taux de rendement élevés dans d'autres secteurs. L'agriculture ne fait certainement pas exception », a affirmé M. Potočnik.

L'exécutif européen prévoit un soutien financier plus important pour la recherche et le développement dans le cadre de la future PAC, à savoir 5,1 milliards d'euros des 435,6 proposés pour 2014-2020.

Les entreprises agroalimentaires veulent saisir cette opportunité

L'industrie agroalimentaire encourage la recherche et le développement de nouvelles technologies appliquées à l'agriculture, car elle y voit un avantage en termes de productivité élevée à bas coût.

Yara, une entreprise mondiale d'engrais, a développé des capteurs optiques mobiles permettant de mesurer les besoins en azote des cultures. L'entreprise, basée en Norvège, affirme que ses dispositifs portatifs ou montés sur des tracteurs ont permis de réduire la consommation de carburant et l'utilisation d'engrais tout en stimulant le rendement des cultures.

Les appareils installés sur les tracteurs coûtent environ 35 000 euros et les autres dispositifs, à peine plus gros qu'un téléphone portable, coûtent environ 2000 euros. Ces appareils portatifs sont rentabilisés au bout de quelques années par les économies d'engrais et de carburant qu'ils permettent de réaliser, selon l'entreprise.

Ce système, tout comme les autres techniques visant à réduire l'utilisation des éléments nutritifs et des pesticides, pourraient permettre de faire face à ce que l'Agence européenne pour l'environnement a qualifié de menace de pollution majeure en Europe : la pollution chimique générée par l'agriculture. Plus de 90 % des bassins fluviaux de l'UE sont touchés par la pollution au nitrate et au phosphore, selon l'exécutif européen.

Egil Hogna, vice-président de Yara International, a déclaré à EurActiv qu'il était important de disposer de technologies de pointe mais que l'Europe devrait prendre en compte sa propre productivité. Il a évoqué des chiffres du secteur indiquant que les importations européennes de produits de base équivalaient à près d'un tiers de ses terres arables.

« Pour l'Union européenne, il s'agit d'une question fondamentale et éthique : peut-on envisager de continuer à dépendre autant de la production alimentaire des autres continents au lieu de prendre nos responsabilités envers notre propre population et la nourrir ? », s'est interrogé M. Hogna.

« Nous devons nous concentrer sur la productivité, car si nous souhaitons conserver nos forêts et nos habitats naturels, nous devons optimiser la production des terres agricoles », a expliqué M. Hogna lors d'un entretien.

Les petits exploitants poussés vers la faillite ?

Selon certains détracteurs de la future PAC, les propositions de l'exécutif européen vont dans la direction opposée, en appelant par exemple à la réduction de la surface cultivée et en introduisant des mesures de diversification des cultures.

Des organisations de défense du secteur de l'agriculture, des eurodéputés et certains dirigeants nationaux craignent que ces mesures ne poussent les petits exploitants vers la faillite et freinent les rendements, alors que la demande alimentaire mondiale ne cesse de croître.

M. Potočnik a toutefois défendu les propositions de verdissement présentées par le commissaire à l'agriculture, Dacian Cioloş.

La gestion de l'environnement doit être « au cœur de la politique agricole », a affirmé M. Potočnik lors d'une conférence.

« Il est possible et même nécessaire de réconcilier l'agriculture et l'environnement, pas seulement pour l'un ou l'autre, mais aussi pour notre survie à tous, les humains et les espèces animales qui peuplent notre planète », a affirmé M. Potočnik.

Prochaines étapes : 
  • 14-15 mai : réunion du Conseil Agriculture et pêche à Copenhague.
  • Juin : la commission Agriculture du Parlement européen devrait présenter un rapport sur les propositions de la PAC.
  • 20-22 juin : conférence de l'ONU sur le développement durable à Rio de Janeiro au Brésil.
  • 2014-2020 : prochaine phase de politiques et de dépenses de la PAC.
EurActiv.com — Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Le programme-cadre de recherche et développement de l'UE, rebaptisé « Horizon 2020 »,  finance des projets dans de nombreux domaines, notamment les innovations visant à améliorer l'efficacité agricole, réduire le gaspillage des ressources et limiter la pollution.

Plus de 300 projets de recherches liés à l'agriculture ont été financés dans le programme-cadre de recherche et développement actuel de l'UE.

L'exécutif européen prévoit un soutien financier supplémentaire pour la recherche et le développement dans la prochaine série de financements de la PAC, de l'ordre de 5,1 milliards d'euros sur les 435,6 milliards proposés pour 2014-2020.

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