« L’Europe devrait envisager d'ajouter un quatrième objectif aux objectifs 20-20-20 pour l'énergie en 2020 », a affirmé M. Oettinger dans le quotidien économique allemand Handelsblatt.
Les objectifs en question concernent l'augmentation de 20 % de l’efficacité énergétique, la réduction de 20 % des émissions de dioxyde de carbone et l'augmentation à 20 % de la part d'énergies renouvelables dans le bouquet énergétique d'ici 2020.
L’Europe devrait « fixer un [autre] objectif permanent pour faire passer à 20 % la contribution de l'industrie au produit intérieur brut [d'ici 2020] », a proposé M. Oettinger.
Cette part est passée d'environ 22 % en 2000 à 18 % en 2010. « Nous avons besoin d'une stratégie de réindustrialisation en Europe », a-t-il souligné.
M. Oettinger estime que l'Europe dépend trop des importations d'énergie. Son principal fournisseur de gaz est la Russie et son pétrole provient en grande partie du Moyen-Orient. Il faut donc garantir une production et une consommation énergétiques efficaces afin de pouvoir lutter contre des concurrents comme les États-Unis, où le prix du gaz a chuté.
L'électricité devrait devenir le fer de lance de l'énergie européenne en étant de plus en plus impliquée dans le transport, a expliqué M. Oettinger avant d'ajouter que l'Europe avait besoin d'une politique « envisageant la sécurité d'approvisionnement et le prix de l'électricité comme des facteurs clés dans un contexte mondial ».
Le commissaire allemand relaye des inquiétudes croissantes quant à la flambée des prix de l'électricité dans son pays, où les subventions aux sources d'énergie vertes en plein essor sont un lourd fardeau pour les consommateurs industriels et particuliers.
Cela a déjà donné du fil à retordre au gouvernement qui a finalement abandonné ses subventions à l'énergie solaire.
Le ministre allemand de l'environnement, Peter Altmaier, a déclaré au journal Bild am Sonntag qu'il restait sceptique quant à certains objectifs clés de la transition énergétique de l'Allemagne, mise en oeuvre l'année dernière dans le sillage de la catastrophe nucléaire de Fukushima.
M. Altmaier se demande notamment si la consommation pourra être réduite de 10 % d'ici 2020, un objectif fixé par le gouvernement en parallèle à sa volonté de sortir du nucléaire et de favoriser l'énergie verte.



