Cette directive oblige les États membres de l'UE à rénover au moins 3 % des bâtiments dont la superficie totale dépasse 500 mètres carrés et qui sont « possédés et occupés par des gouvernements centraux ».
Même si ces bâtiments ne représentent que 12 % du parc immobilier de l'UE, la Commission européenne estime que cette initiative devrait servir d'exemple pour les propriétaires privés et avoir un effet boule de neige.
Adam McCarthy, le directeur des relations gouvernementales de Johnson Controls et président de l'organisation EuroAce qui représente les entreprises du secteur de l'efficacité des bâtiments, a déclaré que pour chaque million d'euros dépensé dans la rénovation des bâtiments, 19 emplois étaient créés dans le secteur de la construction, du bâtiment ou de la fourniture d'équipement.
L'exemple des États-Unis montre que le privé suit le public
M. McCarthy a rappelé qu'aux États-Unis, une décision prise dans les années 1990 au niveau fédéral concernant la modernisation des entreprises grâce à des fonds extérieurs avait permis de générer 7 milliards d'euros de constructions privées.
« Au fil du temps, nous avons vu l'ampleur de ce secteur [aux États-Unis] passer du secteur public au secteur privé. Il s'agit d'un exemple concret où le secteur public joue un rôle de leader », a expliqué M. McCarthy.
Il est probable que les autorités locales suivront l'exemple des gouvernements centraux, selon une porte-parole de Building Performance Institute Europe, une organisation à but non lucratif consacrée aux économies d'énergie dans le secteur de la construction.
Le niveau de rénovation ambitieux qui découle de cette nouvelle règle pourrait stimuler le marché de la construction, a-t-elle commenté. « Ainsi, la [règle de 3 %] fournira un exemple positif à la société, bénéficiera au marché public des bâtiments et servira sans doute de catalyseur pour un marché de la rénovation de grande qualité. »
Coup de pouce au secteur de la construction
Claude Turmes, eurodéputé vert luxembourgeois et négociateur en chef du Parlement sur la directive relative à l'efficacité, affirme que la rénovation des bâtiments constituera une part importante de l'initiative européenne pour la croissance validée par les dirigeants européens le 29 juin dernier.
La nouvelle disposition de 3 % de rénovation s'appliquera d'abord aux bâtiments d'une superficie utile totale de plus de 500 m2 jusqu'en juillet 2015, avant d'être étendue aux bâtiments de 250 m2.
Les anciens bâtiments industriels pourraient être les premiers à bénéficier des retombées positives de la nouvelle loi européenne.
Selon une étude publiée en 2011 par l'organisation publique English Heritage, près de la moitié des bâtiments industriels relevés pourrait être de nouveau utilisés à des fins économiques.
« Quarante pour cent de ces bâtiments pourraient être réutilisés pour accueillir des technologies de production avancées, d'ingénierie verte et des entreprises créatives et innovantes, qui bâtiront l'avenir économique du pays », a avancé Simon Thurley, le directeur exécutif d'English Heritage.
La plupart des promoteurs pourraient toutefois se montrer réticents « face à la taille des sites, le risque de contamination et les coûts de conversion », selon l'organisation. Pour les encourager, English Heritage a lancé un site Internet proposant des conseils sur la réutilisation des bâtiments industriels. Les promoteurs intéressés recevront ensuite une aide supplémentaire de la part de l'organisation qui les assistera tout au long du processus.
« Même si ce n'est pas facile, il existe d'innombrables exemples de bâtiments qui ont été sauvés et préservés par des groupes locaux engagés et qui proposent un accès au public ou des attractions touristiques », explique l'association.



