Le bassin minier de 120 000 hectares du Nord-Pas de Calais, avec ses vieux puits et ses crassiers de 140 mètres de haut, a surtout été sélectionné pour ses maisons et villages de mineurs, qui datent du XIXe siècle.
L'architecture industrielle de haut niveau a également été un facteur décisif dans la sélection de quatre sites wallons qui s'étalent sur une bande 170 km de long, d'est en ouest de la Belgique. L'Unesco souhaite protéger « l'architecture utopique » des mines de charbon et des villages industriels construits à la fin du XVIIe siècle.
Patrimoine industriel mondial
Ces anciens puits sont venus allonger la liste annuelle du patrimoine mondial de l'Unesco, avec le site plus exotique de Xanadu, les ruines de l'ancienne capitale légendaire de l'empereur mongol Kubilaï Khan. Cette initiative s’inscrit également dans une tradition qui a débuté en Europe en 1978 lorsque l'Unesco a sélectionné les mines de sel polonaises de Wieliczka-Bochnia.
L'organisme des Nations unies a inscrit au patrimoine mondial des « propriétés et monuments du patrimoine industriel » avant de distinguer en 1997 les « paysages miniers » et les « régions minières ».
Aujourd'hui, sur la soixantaine de sites industriels protégés par l'Unesco, 24 ont trait à l'industrie minière, dont 15 sites européens.
La prestigieuse reconnaissance de l'Unesco permet à ces régions souvent défavorisées d'attirer des capitaux de redéveloppement afin de financer la conservation des sites et le développement du tourisme.
La ville minière de Blaenavon au sud du pays de Galles, le premier producteur mondial de fer et de charbon au XIXe siècle, a été sélectionnée en 2000. Elle accueille aujourd'hui un musée du charbon reconnu sur la scène internationale. En outre, la conservation de la fonderie de Blaenavon contribue à la relance économique de l'une des régions les plus pauvres du Royaume-Uni.
Reconnaissance transfrontalière
La domination de l'Europe dans cette liste témoigne de son glorieux patrimoine industriel et du succès de l'action du Comité international pour la conservation du patrimoine industriel, une organisation basée à Stockholm et créée en 1978. Elle fournit des recommandations sur les meilleurs à inscrire à l'Unesco.
Cette organisation est soutenue par des groupes comme la Route européenne du patrimoine industriel, qui plaide pour la conservation de l'héritage industriel européen et de ses premiers axes routiers, du Royaume-Uni aux Pays-Bas et à l’Allemagne.
Le groupe organise un événement annuel baptisé ExtraSchicht qui rend hommage à l'interaction entre la culture et les anciens sites industriels, une véritable vitrine du renouveau.
Même si cet événement a normalement lieu sur le site de Zollverein à Essen, dans la région de la Ruhr, il inclura pour la première fois l'année prochaine la République tchèque, la France et la Norvège.
Cela reflète un nouveau genre de candidature à l'Unesco, de nature transfrontalière. Les Monts Métallifères, une chaîne montagneuse vieille de 800 ans située entre l'Allemagne et la République tchèque, seront la prochaine région européenne à rivaliser pour la reconnaissance de l'Unesco.



