L'exposition présentant 50 projets de recherche et d'innovation financés par l'UE portait surtout sur le domaine de la santé et presque tous les projets étaient liés à l'innovation numérique.
Parmi les projets présentés se trouvaient des plateformes virtuelles contribuant au contrôle du stress, ainsi qu'un appareil permettant aux handicapés physiques d'utiliser des « capteurs cérébraux » pour communiquer sans aucun mouvement.
La majorité des innovations dans le domaine de la santé mettaient en évidence la priorité de la Commission européenne : le vieillissement rapide de la population.
Le vieillissement sain et actif : l'avenir du numérique
Un système de capteurs intégrant des connexions logicielles permet par exemple à une unité centrale d'examiner la raison de la chute d'une personne âgée vivant seule. Grâce à deux autres systèmes, les hôpitaux peuvent surveiller à distance les conditions médicales des patients atteints de la maladie de Parkinson et d'autres maladies chroniques. Les patients ont également l'occasion de faire de l'exercice en utilisant des systèmes en ligne.
D'autres programmes permettent aussi d'aider les personnes âgées à faire de l'exercice à domicile et d'adapter la technologie actuelle aux besoins des handicapés physiques.
Toutes les innovations numériques présentées ne portaient toutefois pas sur le domaine de la santé.
C'est le cas de « V-City ». Il s'agit d'un logiciel d'origine belge reconstituant des paysages urbains en trois dimensions qui permet, grâce à des lunettes spéciales, aux planificateurs de mesures d'urgence ou aux militaires de planifier des évacuations ou des attaques perpétrées sur des bâtiments.
Cette exposition a certes présenté des technologies européennes, mais les exposants ont été soigneusement sélectionnés par la Commission, et véhiculent le message clair que la recherche dans le secteur en plein essor du vieillissement sera la grande favorite des financements européens pour la recherche.
Le nouveau programme-cadre de la Commission pour la recherche, dévoilé la semaine dernière, devrait bénéficier d'un budget de 80 milliards d'euros pour 2014-2020.
L'Europe arrogante face aux systèmes de santé étrangers
L'approche générale de l'Europe concernant les partenariats de santé pour l'innovation a toutefois été critiquée pendant la conférence.
« Le point de vue de l'UE est considéré comme étriqué, l'Union est repliée sur elle-même. Les États-Unis sont plus enclins à partager leurs recherches. L'UE a tellement d'opportunités de s'impliquer, ailleurs, dans des marchés innovants locaux, en particulier dans le domaine de la santé », a déclaré Kiran Mazumdar-Shaw, le fondateur de Biocon, l'une des premières entreprises de biotechnologie indiennes, lors d'une séance plénière portant le titre de Building a Global Innovation Economy.
Ann Mettler, la directrice générale du groupe de réflexion Lisbon Council et modératrice du débat, a qualifié de « fondamentalement arrogants » les points de vue des entrepreneurs qui rejettent l'idée qu'ils pourraient apprendre de l'Inde en matière d'innovation pour la santé.



