EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

La crise ralentit la mise en place du modèle de « flexicurité » dans l'UE

Version imprimable
Send by email
Publié 22 novembre 2011

Les chances de voir naître de nouvelles politiques de flexicurité combinant sécurité de l'emploi et organisation du travail flexible sont minces au niveau européen, en raison des grandes différences entre les Etats membres sur les questions d'ordre social.

Les participants à une récente conférence de la Commission européenne ont affirmé que les différences d'ordre national nécessitaient un dialogue social renforcé entre les employeurs et les syndicats.

Cette réunion rassemblant des parties prenantes, qui a eu lieu le 14 novembre à Bruxelles, avait pour objectif de lancer des consultations informelles sur la flexicurité, afin d'alimenter le paquet emploi que présentera la Commission européenne en 2012.

Les participants ont toutefois affirmé lors de la conférence qu'il n'existait pas de solution universelle en termes de flexicurité et que cette question devrait plutôt être abordée au niveau national. La flexicurité est un concept qui combine flexibilité et sécurité de l'emploi.

Aucun progrès possible sans les partenaires sociaux

Andrea Benassi, qui dirige l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME), s'est fait le porte-parole d'une série de parties prenantes en faveur d'une consultation plus systématique entre les partenaires sociaux et les autorités publiques dans les pays souhaitant mettre en oeuvre des politiques de flexicurité. « Il n'est pas possible d'aborder des questions de sécurité sociale sans prendre en compte les inquiétudes des partenaires sociaux », a-t-il expliqué.

Koos Richelle, le directeur général de la DG Emploi et Affaires sociales à la Commission européenne, a déclaré lors de la conférence :  « Le dialogue social n'est pas un luxe que l'on ne peut s'offrir qu'en des temps de croissance économique; la tenue d'un dialogue social tripartite est une nécessité. »

Soulignant les différences qui émergent entre les différents marchés du travail en Europe en raison de la crise financière (avec des taux d'emploi oscillant entre 4,4 et 20 %), M. Richelle a reconnu que toute nouvelle politique devrait prendre en compte cette diversité.

« Je ne veux pas dire qu'il faudrait créer une UE à plusieurs vitesses, mais nous devrions nous assurer que notre cadre politique est adapté à l'éventail des situations que vivent les Etats membres », a-t-il ajouté.

Pas de temps à perdre

Ton Wilthagen, un professeur spécialiste des marchés de l'emploi qui a dirigé la tentative de l'UE de mettre en place de nouvelles politiques de flexicurité, a reconnu lors d'un entretien en marge de la conférence que ce genre de politique devrait être introduite au niveau des Etats membres.

M. Wilthagen accorderait sa préférence à un système dans le cadre duquel le gouvernement verserait de l'argent aux entreprises pour leur permettre d'engager des travailleurs qu'ils ne pourraient pas engager sans cela, au lieu d'un système où le gouvernement verse des indemnités aux chômeurs.

Il a affirmé qu'il n'y avait pas de temps à perdre et a prévenu qu'il serait dangereux d'attendre qu'une proposition émerge au niveau paneuropéen.  « Nous entendons aujourd'hui le même type de doléances qu'il y a quatre ans. La machine avance très lentement, mais rien n'empêche de prendre des initiatives au niveau local. »

Le Danemark est souvent cité comme le meilleur exemple, s'agissant de la flexibilité et de son efficacité.

Lone Henriksen, membre du ministère de l'emploi danois, a admis lors d'un discours donné en amont de la conférence que l'expérience de son pays n'était sans doute pas directement transposable dans les autres Etats, en raison de conditions de marché trop différentes.

Réactions : 

Dans ces temps de contraintes budgétaires, la question que tout le monde se pose est « qui va payer ? », a expliqué Koos Richelle, le directeur général de la DG Emploi et Affaires sociales à la Commission. « Tous les acteurs, l'Etat, l'employeur et l'employé, bénéficieraient de plus de flexibilité et de sécurité. L'Etat ne peut pas continuer à internaliser tous les coûts de la flexibilité, nous savons que cela serait tout simplement insoutenable financièrement pour de nombreux pays », a-t-il ajouté.

« Alors que l'austérité pousse de plus en plus de PME vers la faillite et que 66 % des PME ont dû réduire leur nombre de salariés, promouvoir les politiques de flexicurité pourrait passer par une alliance entre les groupes représentants les PME et les agences publiques », a déclaré Andrea Benassi, le secrétaire général de l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME).

Prochaines étapes : 
  • 2012 : la Commission continuera à mener des consultations informelles en amont de la publication d'un paquet pour l'emploi qui devrait contenir des propositions sur la flexicurité.
Jeremy Fleming - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Flexicurité : plus facile à dire qu'à faire
Contexte : 

Les marchés européens du travail sont généralement considérés comme trop rigides. Rendre les règles régissant les marchés du travail plus flexibles tout en fournissant un bon niveau de protection sociale est l'un des principaux défis de l'UE s'agissant de sa vision à long terme pour les réformes économiques, sociales et environnementales à mettre en oeuvre (l'objectif « UE 2020 », voir EurActiv 19/11/09).

Depuis le début du siècle, la flexicurité (des règles d'embauche et de licenciement moins rigides, des indemnités pour les chômeurs, ainsi qu'une politique proactive pour le marché du travail) est le véhicule que les décideurs européens ont choisi pour parcourir la longue route des réformes à mettre en place sur le marché du travail.

Toutefois, étant donné les grandes différences entre les Etats membres, une approche unique de la flexicurité pourrait bien se révéler problématique en Europe. Pour résoudre ce problème et trouver le moyen de faire fonctionner cette politique dans les différents Etats, la Commission européenne a lancé une « Mission pour la flexicurité », dont les résultats ont été présentés en décembre 2008.

Bien que les résultats de cette consultation aient réaffirmé l'engagement de l'UE envers cette politique, l'aggravation des problèmes financiers et économiques de l'Europe a suscité des questions quant à la capacité de la Commission à insister pour la mise en place de cette réforme.

A lire aussi

More in this section

Publicité

Vidéos

Video General News

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Video General Promoted

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Publicité

Publicité