Les participants à une récente conférence de la Commission européenne ont affirmé que les différences d'ordre national nécessitaient un dialogue social renforcé entre les employeurs et les syndicats.
Cette réunion rassemblant des parties prenantes, qui a eu lieu le 14 novembre à Bruxelles, avait pour objectif de lancer des consultations informelles sur la flexicurité, afin d'alimenter le paquet emploi que présentera la Commission européenne en 2012.
Les participants ont toutefois affirmé lors de la conférence qu'il n'existait pas de solution universelle en termes de flexicurité et que cette question devrait plutôt être abordée au niveau national. La flexicurité est un concept qui combine flexibilité et sécurité de l'emploi.
Aucun progrès possible sans les partenaires sociaux
Andrea Benassi, qui dirige l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME), s'est fait le porte-parole d'une série de parties prenantes en faveur d'une consultation plus systématique entre les partenaires sociaux et les autorités publiques dans les pays souhaitant mettre en oeuvre des politiques de flexicurité. « Il n'est pas possible d'aborder des questions de sécurité sociale sans prendre en compte les inquiétudes des partenaires sociaux », a-t-il expliqué.
Koos Richelle, le directeur général de la DG Emploi et Affaires sociales à la Commission européenne, a déclaré lors de la conférence : « Le dialogue social n'est pas un luxe que l'on ne peut s'offrir qu'en des temps de croissance économique; la tenue d'un dialogue social tripartite est une nécessité. »
Soulignant les différences qui émergent entre les différents marchés du travail en Europe en raison de la crise financière (avec des taux d'emploi oscillant entre 4,4 et 20 %), M. Richelle a reconnu que toute nouvelle politique devrait prendre en compte cette diversité.
« Je ne veux pas dire qu'il faudrait créer une UE à plusieurs vitesses, mais nous devrions nous assurer que notre cadre politique est adapté à l'éventail des situations que vivent les Etats membres », a-t-il ajouté.
Pas de temps à perdre
Ton Wilthagen, un professeur spécialiste des marchés de l'emploi qui a dirigé la tentative de l'UE de mettre en place de nouvelles politiques de flexicurité, a reconnu lors d'un entretien en marge de la conférence que ce genre de politique devrait être introduite au niveau des Etats membres.
M. Wilthagen accorderait sa préférence à un système dans le cadre duquel le gouvernement verserait de l'argent aux entreprises pour leur permettre d'engager des travailleurs qu'ils ne pourraient pas engager sans cela, au lieu d'un système où le gouvernement verse des indemnités aux chômeurs.
Il a affirmé qu'il n'y avait pas de temps à perdre et a prévenu qu'il serait dangereux d'attendre qu'une proposition émerge au niveau paneuropéen. « Nous entendons aujourd'hui le même type de doléances qu'il y a quatre ans. La machine avance très lentement, mais rien n'empêche de prendre des initiatives au niveau local. »
Le Danemark est souvent cité comme le meilleur exemple, s'agissant de la flexibilité et de son efficacité.
Lone Henriksen, membre du ministère de l'emploi danois, a admis lors d'un discours donné en amont de la conférence que l'expérience de son pays n'était sans doute pas directement transposable dans les autres Etats, en raison de conditions de marché trop différentes.



