Des binômes d'eurodéputés et de scientifiques en apprennent davantage sur leurs vies professionnelles respectives. Pour le moment, ce sont les scientifiques qui suivent les eurodéputés dans leurs réunions officielles sur des domaines politiques clés.
Les eurodéputés passeront ensuite du temps avec les scientifiques dans leurs organismes de recherches.
Organisé pour la première fois en 2007, ce programme a été mis sur pied pour que les eurodéputés et les scientifiques puissent procéder à des échanges multidisciplinaires dans un monde où la science revêt une importance de plus en plus accrue dans l'élaboration des politiques.
Ce programme a également pour objectif de développer des relations à plus long terme entre les législateurs et les scientifiques pour favoriser une évolution positive des domaines de recherches particulièrement visés.
Les futures compétences sur le devant de la scène
Cet échange permet aux eurodéputés de se faire une idée des recherches de pointe qui devraient revêtir une importance fondamentale pour les futures compétences européennes. Sur les 12 scientifiques du programme, les experts de l'environnement sont bien représentés. Le plus éminent expert de la gestion de crise dans l'UE ainsi qu'un pionnier de la robotique sont également de la partie.
Le professeur spécialisé en intelligence artificielle Angelo Cangelos, qui est en binôme avec l'eurodéputé Ioannis Tsoukalas (Parti populaire européen), réalise des recherches sur la manière d'apprendre aux robots comment reconnaître le nom des objets et comment s'adapter à l'environnement qui les entoure.
Ses recherches ont pour but de reproduire les facilités d'apprentissage de l'être humain chez les robots, afin qu'ils puissent développer une bonne perception de l'espace.
Il a déclaré lors d'une réunion explicative au Parlement cette semaine que l'on espérait que ces recherches en robotique, partiellement financées par l'UE, puissent à terme permettre de mettre au point des robots capable de prendre soin des personnes âgées et des enfants hospitalisés.
Dans le même temps, l'un des plus éminents experts de la gestion de crise dans l'UE, Delilah Al Khudhairy, la chef d'unité en charge de la sécurité globale et de la gestion de crise au Centre commun de recherche de la Commission, forme un binôme avec l'eurodéputé britannique conservateur Giles Chichester.
Les données sur l'eau traitées comme des secrets d'Etat
Mme Al Khudhairy s'est spécialisée dans les impacts imprévisibles des crises, comme le printemps arabe, l'épidémie e-coli qui a frappé l'Europe cette année, ou encore les troubles économiques.
Les scientifiques spécialisés dans la gestion de crise et l'environnement sont bien représentés dans le programme.
Ida Westerberg, qui fait équipe avec l'eurodéputée britannique Fiona Hall (Libéraux et Démocrates), est une experte de la modélisation des données d'observation.
Lors de son discours au Parlement, elle a soulevé la question du manque de données mondiales sur l'eau. Elle a affirmé que le volume des données de qualité sur l'hydrologie avait diminué depuis les années 1970, alors que ce type d'informations est nécessaire pour déterminer l'impact des pénuries en eau.
Les catastrophes naturelles telles que les ouragans sont en partie responsables de la destruction des stations météorologiques dans le monde, et elles n'ont pas été remplacées, a-t-elle avancé.
Mme Westerberg a ajouté que les pays ne fournissaient plus de données sur l'eau comme par le passé et que cela entravait la réalisation d'analyses détaillées. « Ces données sont de plus en plus traitées comme des secrets d'Etat par les gouvernements, car l'eau est un enjeu politique », a-t-elle expliqué.



