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Moins de travailleurs qualifiés, mais moins d'investissement dans la formation

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Publié 26 avril 2012, mis à jour 02 mai 2012

La plupart des employeurs européens (86 %) ont réduit ou gelé leurs investissements dans la formation l'an dernier, malgré le manque de travailleurs qualifiés. Il est plus que temps de réagir et ce sujet fera l'objet d'un débat lors du Sommet européen des affaires 2012 qui rassemblera aujourd'hui des chefs d'entreprise et des décideurs politiques.

La question des compétences sera au coeur de ce sommet auquel participeront le premier ministre italien, Mario Monti, le premier ministre belge, Elio Di Rupo, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ainsi que plus de 1000 chefs d'entreprises et décideurs politiques européens.

Dans ce contexte de crise économique, les nouvelles ne sont pas bonnes sur les fronts de l'emploi et des compétences.

Moins d'un cinquième (18 %) des 500 chefs d'entreprise et dirigeants politiques européens interrogés par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) prévoient d'augmenter leurs dépenses pour la formation au cours des 12 prochains moins. Quelque 43 % d'entre eux ont toutefois admis qu'ils étaient confrontés à un manque de travailleurs qualifiés et 72 % ont affirmé qu'il était nécessaire d'accroître l'investissement pour l'amélioration des compétences.

Mieux classer les chômeurs

Cette étude, réalisée par Accenture pour la FEB, a révélé que même avec un taux de croissance de 0,5 %, il faudrait sept ans à l'Europe pour retrouver des taux d'emploi similaires à ceux enregistrés en 2008.

Ce rapport se concentre sur les viviers de compétences inexploités, la faible mobilité de la main-d'œuvre et le manque de collaboration intersectorielle en vue de pallier les lacunes dans ces domaines.

Les consultants d'Accenture affirment que les employeurs traitent les 23 millions de chômeurs comme un groupe homogène et qu'ils ne reconnaissent ou n'abordent pas les différents défis posés par les chômeurs plus âgés, les mères sans emploi et les jeunes.

Reconnaissance des compétences

Près de deux tiers des répondants ont reconnu que les défis posés la pénurie de compétences ne pourraient être relevés que grâce à la collaboration. Dans le même temps, seuls 29 % des personnes interrogées coopèrent avec d'autres organisations dans leur secteur.

Adapter les aides aux différents groupes concernés sur le marché du travail, accroître la flexibilité et développer des réseaux entre les entreprises d'un même secteur font partie des actions clés que recommande ce rapport.

Les décideurs politiques devraient par ailleurs tenter d'améliorer la reconnaissance des compétences et des qualifications en Europe, tout en favorisant la création de partenariats entre les entreprises et les établissements d'enseignement, a ajouté Accenture dans son étude.

Les résultats de cette étude seront publiés à 11h00 (heure de Bruxelles).

Réactions : 

« Il existe un double paradoxe : les entreprises européennes investissent moins dans la formation alors qu'elles devraient faire le contraire et le manque de travailleurs qualifiés persiste malgré l'existence d'un grand vivier de compétences inexploité ici et dans le reste du monde », a expliqué Mark Spelman, le directeur de Strategy Accenture.

« Les employeurs reconnaissent la nécessité de se prêter à des investissements anticycliques dans le capital humain européen, mais ils peinent à trouver des solutions. Si les marchés des compétences européens fonctionnaient mieux, de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois seraient créés, ce qui remettrait l'Europe sur le chemin de la croissance économique », a ajouté M. Spelman.

« L'Europe est peut-être confrontée à des contraintes en termes de capital financier, mais elle n'est pas forcée de faire face à des contraintes similaires sur le plan du capital humain », a affirmé Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB. « L'Europe peut améliorer sa valeur, accroître ses liquidités et favoriser une distribution efficace de son capital humain, à condition qu'elle prennent des mesures qui se concentrent sur la collaboration entre tous les secteurs et acteurs. »

Prochaines étapes : 
  • 26 avril 2012 : le Sommet européen des affaires se tiendra au centre de conférence Square à Bruxelles.
Jeremy Fleming - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
le premier ministre italien, Mario Monti (gauche) rencontrera le président de la Commission, José Manuel Barroso, lors du sommet
Contexte : 

L'Europe est confrontée à un manque criant de travailleurs hautement formés et qualifiés dans les domaines de la science, de la technologie et de l'ingénierie, ce qui menace d'entraver la future compétitivité économique de l'UE.

La stratégie « Europe 2020 », approuvée par les dirigeants de l'UE en 2010, comprend un objectif qui stipule une augmentation du taux d'emploi dans les Etats membres de son niveau actuel à 69-75 % d'ici 2020.

Atteindre cet objectif, qui s'applique aux hommes et aux femmes âgés de 20 à 64 ans, impliquera de réduire le nombre de personnes au chômage dans l'UE de 23 millions (9,5 % de la main-d'œuvre) au début de 2011, à moins de 12 millions (5 % de la main-d'œuvre) en 2020.

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