Ces chiffres proviennent du célèbre rapport « Living Planet » du World Wildlife Fund, publié en 2008, date depuis laquelle la situation a encore empiré. Que pouvons-nous faire exactement pour réduire notre impact sur l'environnement ? Comment procéder ?
La population a désespérément besoin de replacer l'impact environnemental de leurs produits en perspective, selon Martin Barrow, consultant senior chez Carbon Trust au Royaume-Uni, une organisation qui fournit des certifications pour l'étiquetage des produits.
En leur fournissant de plus en plus d'informations, ils pourront déterminer l'impact de leurs décisions », a-t-il expliqué à l'issue d'un atelier sur la consommation durable organisé par EurActiv le 13 juin dernier. « Nous sommes à une époque de changement comportemental », a-t-il ajouté.
Des études réalisées par Carbon Trust ont révélé que les consommateurs changeraient de comportement s'ils disposaient d'informations simples sur l'impact environnemental d'un produit via une mention sur l'étiquette.
Avec des nombres et des couleurs, selon Carbon Trust, les gens pourraient rapidement se faire un idée et définir des règles pour leur consommation.
Accroître la présence et la qualité de ce type d'informations serait une manière simple de régler les problèmes de consommation durable, a déclaré Ulrike Sapiro, la directrice en charge de la durabilité écologique chez Coca-Cola Europe, à la suite du même atelier.
Plus d'étiquettes
« La suite logique serait donc de réclamer plus d'étiquettes », a-t-elle expliqué à EurActiv. « Mais est-ce que ça tient vraiment la route ? Est-ce que cela est d'une aide quelconque ? Les consommateurs reçoivent-ils l'information dont ils ont besoin pour faire des choix informés ? »
« En tant qu'entreprise, Coca-Cola doute et reste sceptique quant au fait que proposer toujours plus d'étiquettes soit la solution », a-t-elle déclaré.
Grâce à son propre projet de crédits carbone personnels, Coca-Cola a réalisé que les consommateurs faisaient confiance aux institutions, aux gouvernements et aux entreprises pour véhiculer un message harmonisé quant à l'impact environnemental des produits qu'ils consomment, a-t-elle ajouté.
« Notre difficulté en tant que société, aussi bien pour les entreprises que les parties prenantes, c'est de transposer ces messages », a-t-il argué. « Des résultats rapides ont donné aux consommateurs l'impression que leurs choix pesaient dans la balance ».
Les défenseurs de l'environnement et les politiques de gauche sont parfois mal à l'aise avec le débat sur les étiquetages carbone, mais pour des raisons différentes.
Déplacement du fardeau
Certains considèrent ce système commun un moyen de déplacer le fardeau de l'adaptation au changement climatique des producteurs plus riches dans le monde développé qui profitent le plus de la production des biens, aux consommateurs plus pauvres et plus faibles qui souvent n'ont pas vraiment le choix d'acheter tel ou tel produit.
Mieux vaut prévenir les dégâts sur l'environnement que de demander aux consommateurs de s'adapter aux changements occasionnés.
Toutefois, l'eurodéputé néerlandais Bas Eickhout (Verts) a déclaré à EurActiv que s'occuper de la consommation durable était « aussi crucial que d'aborder la question de la production ».
« Les deux doivent aller de pair, mais c'est bien plus difficile », a-t-il expliqué. « Comment dire aux gens ce qu’ils doivent consommer ? Il n'est pas possible de leur interdire des produits. »
Il souhaiterait que de meilleures informations environnementales soient fournies à la population pour l'encourager à abandonner les modes de consommation non durables comme la consommation excessive de viande.
Pour Franz Fiala, porte-parole de l'organisation européenne de défense des consommateurs ANEC, le principal problème est l'absence de feuille de route ou de plan pour régler le problème.
« Nous avons quelques éléments, mais pas de stratégie globale », a-t-il affirmé à EurActiv. « Une stratégie globale impliquerait des changements fondamentaux dans la manière dont nous vivons, produisons et consommons. Il est clair que nous devons consommer moins. »
La réduction de la consommation devra néanmoins s'opérer rapidement en accord avec les principes d'équité sociale, a-t-il précisé.
« Nous savons que nous fonçons dans le mur [sur le plan économique] », a-t-il expliqué. « Cela se produira dans la seconde moitié du XXIe siècle. Nous devons donc opérer des changements drastiques et ne devons pas laisser le marché s'en charger. »
Le débat se poursuivra.



