« Cette approche pourrait simplifier l'information sans avoir recours à une approche simpliste », a déclaré Joe Hennon, le porte-parole du commissaire à l'environnement, Janez Potočnik.
« La nouvelle norme de performances environnementales des produits (PEF) se concentrera sur les trois catégories les plus importantes et comprendra sans doute un système de classement », a-t-il déclaré à EurActiv.
Ce système serait « comparable à celui utilisé pour l'étiquetage énergétique que connaissent et apprécient les consommateurs et fondé sur des indicateurs précis », a expliqué M. Hennon.
Conformément au programme d'étiquetage énergétique de l'UE, les principaux produits de l'électroménager, les ampoules électriques et les véhicules doivent être assortis d'étiquettes indiquant leurs performances en matière d'efficacité sur une échelle de A à G.
Selon un récent rapport de l'UE, ces étiquettes sont « bien connues des consommateurs » et faciles à comprendre.
Darran Messem, le directeur général de la certification au sein de l'organisation britannique Carbon Trust, qui mesure l'empreinte carbonique des entreprises, s'est dit optimiste quant à l'extension de cette méthode à d'autres produits.
« Les systèmes de classification comme celui utilisé sur les étiquettes énergétiques dans l'UE et ailleurs sont bien établis et reconnus par les consommateurs », a-t-il déclaré à EurActiv.
Il était crucial que les programmes de certification et d'étiquetage « trouvent le bon équilibre entre les informations fournies et la transmission d'un message clair et simple aux consommateurs », a-t-il affirmé.
Analyse du cycle de vie
L'étiquetage carbone fournit une analyse du cycle de vie (ACV) qui permet de déterminer de la quantité totale de CO2 émise lors de la fabrication, de l'utilisation et de l'élimination d'un produit. On parle également d'empreinte carbonique.
Idéalement, il devrait garantir aux consommateurs que le produit étiqueté qu'ils ont acheté émet moins de carbone, comme spécifié sur l'étiquette.
Les consommateurs et les défenseurs de l'environnement ont toutefois critiqué les pratiques actuelles d'étiquetage carbone, qu'ils jugent trompeuses, déroutantes et sujettes à manipulation dans l'intérêt des entreprises.
« Une ACV, c'est comme une boîte noire », a expliqué Jürgen Resch de l'organisation verte allemande Deutsche Umwelthilfe, en octobre 2010. « Si vous entrez des données inexactes ou invalides et des hypothèses trompeuses dans la méthode de calcul, les résultats seront faux. »
« C'est ce qui s'est passé avec l'ACV récemment publiée par l'industrie des plastiques et des canettes », a-t-il poursuivi en référence à l'analyse de ce secteur sur les bouteilles et les cannettes en PET à usage unique.
Flexibilité
M. Hennon a reconnu que le système d'étiquetage carbone actuel était fondé, dans le meilleur des cas, sur des normes « flexibles » qui ont par conséquent souvent été utilisées pour influencer l'analyse dans la direction voulue.
Il a néanmoins précisé que la révision des méthodologies de l'UE avait pour but de « minimiser cette flexibilité en fournissant un cadre plus clair et plus structuré pour mener ces études, afin d'obtenir des résultats clairement comparables et de réduire les incertitudes et le manque de précision ».
Selon un récent rapport d'un observateur européen de la consommation, le niveau de complexité de la méthode utilisée sur les étiquettes carbone pourrait même désorienter les experts chargés de les concevoir.
Ce document du groupe ANEC a appelé l'UE à développer davantage le système d'étiquetage au lettrage coloré.
M. Hennon a indiqué que la nouvelle méthodologie se dirigerait justement dans cette direction, malgré les critiques quant à la complexité de cette tâche.
« Il faut trouver un juste milieu. Des informations trop denses ou trop floues ne seront pas bénéfiques et risquent au contraire de dissuader les consommateurs de faire des choix mieux informés. »
Étude européenne
Avec le recul, une étude récente de l'UE sur les différents moyens de transmettre des informations sur l'impact environnemental des produits (dans le cadre de la révision de 2008 du plan d'action pour une consommation et une production durables et pour une politique industrielle durable) pourrait avoir préfiguré bon nombre de propositions européennes.
Cette étude a notamment révélé que :
- définir trop d'indicateurs environnementaux déstabilise les consommateurs. Par conséquent, un maximum de trois indicateurs serait préférable ;
- les informations devraient provenir d'une source fiable, idéalement d'un tiers et non du fabricant ;
- des termes généraux, des systèmes de notation et des unités de mesure plus simples sont plus efficaces que des descriptions techniques ;
- les informations devraient être fournies directement au point de vente pour optimiser leur impact sur le comportement des consommateurs ;
- les consommateurs comprennent plus facilement les systèmes de classement lettrés, même si les couleurs utilisées compliquent la tâche des fabricants en matière de conception d'emballages.
« Carbon Trust soutient le principe de comparabilité des produits, car il permet aux consommateurs de faire des choix informés », a déclaré M. Messem.



