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Les producteurs de whisky devraient contester la politique de prix minimums

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Publié 17 avril 2012
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alcohol, pricing, Taxation

L’initiative de l’Ecosse et de l’Angleterre pour imposer des prix minimums pour les boissons alcoolisées pourrait bien faire face à des actions en justice si elle est menée à terme, selon des sources du secteur.

Le mois dernier, le Royaume-Uni a emboîté le pas à l'Ecosse et annoncé que des prix minimums seraient d'application dans les supermarchés anglais et gallois, dans le but de contrer les offres à bas prix qui attireraient les buveurs orgiaques (« binge drinkers »).

Le gouvernement écossais sera le premier gouvernement européen à imposer des prix minimums et le gouvernement irlandais envisagerait d'appliquer des mesures similaires.

Un porte-parole de la Scottish Whisky Association a confié à EurActiv qu'elle était en train de prendre conseil auprès de juristes en vue d'une action en justice. D'autres acteurs du secteur feraient de même.

Infraction aux règles commerciales ?

Selon la Scotch Whisky Association, l'imposition de prix minimums en Ecosse enfreint les règles européennes et mondiales du libre-échange en portant atteinte aux conditions de concurrence. Elle affirme que ces mesures entraveraient également ses efforts pour que les autres pays abandonnent leurs droits de douane sur le Scotch.

Des sources du secteur des spiritueux ont expliqué à EurActiv que cette décision pourrait empêcher la levée des droits de douane dans des marchés potentiels très lucratifs tels que l'Inde. L'imposition de « taxes pour la santé » en Europe pousserait ces marchés à conserver leurs droits de douane sur les spiritueux en provenance d'Europe, dans la mesure où ils pourraient avancer des arguments sanitaires similaires.

Le porte-parole de la Whisky Association a déclaré que le premier défi surviendrait après l'imposition des prix minimums, lorsque l'impact anticoncurrentiel frappera les commerçants.

Les gouvernements se préparent à des poursuites

Dans le même temps, les gouvernements écossais et britannique se préparent à des poursuites judiciaires.

La ministre écossaise de la santé, Nicola Sturgeon, a récemment déclaré lors d'une réunion au parlement écossais qu'il était « quasiment certain » que ces mesures sur les prix seraient contestées devant les tribunaux.

« Je travaille en gardant à l'esprit que cette décision sera contestée devant la Cour. Mon travail est de m'assurer que nous disposions d'une loi qui pourra contrer ces poursuites et je suis confiante. »

La ministre britannique de la santé publique, Anne Milton, a annoncé en janvier dernier que l'instauration d'un prix minimum à l'unité pourrait donner lieu à des contestations devant les tribunaux et enfreindre le droit européen de la concurrence.

Réactions : 

« Nous pensons qu'il est bénéfique que le Royaume-Uni avance dans cette voie », a déclaré Mariann Skar, la secrétaire générale de l'Alliance politique européenne sur l'alcool. « Nous sommes d'accord avec la Commission sur le fait que cet argent devrait être reversé au gouvernement, mais l'élément principal reste l'augmentation des prix. »

Pierre-Olivier Bergeron, le secrétaire général des Brewers of Europe, s'est montré sceptique quant aux effets que pourrait avoir l'introduction de prix minimums.  « Je pense que la hausse des prix aura un impact sur le comportement d'achat des consommateurs moyens et non pas sur les buveurs orgiaques. Donc si ce sont les jeunes qui sont ciblés, ils chercheront à coup sûr des alternatives. Je comprends le concept, le fait que cela pourrait pousser les consommateurs à moins boire, mais je ne suis pas convaincu que cette mesure aura l'impact espéré dans la pratique. »

« L'Ecosse est le plus beau pays du monde selon moi, mais ça ne veut pas dire que je suis aveugle quant aux problèmes dont nous souffrons. [La manière dont] vous jugez un pays repose sur la façon dont il règle ses problèmes », a déclaré le premier ministre écossais, Alex Salmond.

Prochaines étapes : 
  • Automne 2012 : l'Ecosse instaurera des prix minimums pour les boissons alcoolisées.
Jeremy Fleming - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Les Européens sont les plus grands consommateurs d'alcool au monde et la boisson est responsable de près d'une maladie ou d'une mort prématurée sur dix. 

Le droit européen sur les droits d'accise définit une taxe minimum pour les différentes catégories de boissons alcoolisées.

Les Etats membres doivent respecter ces taux minimums, mais rien dans le droit européen n'empêche les pays à imposer des prix minimums pour l'alcool, tant que ces prix sont compatibles avec les règles de l'UE, comme la non-discrimination entre les produits importés et nationaux et la non-restriction de la libre circulation des produits.

La stratégie informelle de la Commission européenne sur l'alcool sera évaluée cette année. L'objectif politique de cette stratégie est de réduire les dommages sanitaires et sociaux dus à la consommation d'alcool.

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