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Des émissions de CO2 « inutiles » en raison du manque de choix de carburants

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Publié 19 septembre 2011

Etant donné le choix limité de carburants disponibles, les ménages des zones rurales utilisent le fioul et le charbon très polluants comme principale source d'énergie. Cet état de fait met en exergue le potentiel d'un passage à des sources d'énergies plus propres, a déclaré lors d'un entretien accordé à EurActiv Ann Gardiner, d'Ecofys, évoquant les résultats d'une nouvelle étude.

« A ce jour, l'utilisation des différentes énergies dans les zones rurales n'est pas vraiment très connue », a déclaré Ann Gardiner, directrice d'Ecofys, une société de conseil qui a récemment publié une étude sur l'énergie dans les zones rurales européennes.

« Et si vous voulez améliorer les choses, il faut savoir où vous en êtes actuellement et disposer de points de référence », a-t-elle confié à EurActiv lors d'un entretien.

Cette étude sera présentée à Bruxelles lors de la journée de l'énergie rurale 2011, mercredi prochain (21 septembre), et a été financée par une plate-forme du nom de FREEFuture of Energy in Europe, l'avenir de l'énergie rurale en Europe – qui rassemble divers secteurs industriels et des autorités locales.

Le rapport compare les bouquets énergétiques urbains et ruraux dans cinq pays – l'Allemagne, la France, l'Italie, la Pologne et le Royaume-Uni – afin de donner un aperçu de la consommation énergétique de toute l'Europe.

Emissions de carbone

Connaître les bouquets énergétiques dans les zones rurales est essentiel pour deux raisons, a expliqué Ann Gardiner. Tout d'abord, certains carburants génèrent de plus fortes émissions, tels que le fioul et le charbon de chauffage.

Généralement, ces carburants sont davantage utilisés dans les régions rurales, car les réseaux de gaz y sont moins développés et les zones rurales ont un choix de carburants plus limité, a-t-elle ajouté.

Par exemple, réduire l'utilisation de fioul et de charbon pour chauffer les foyers et les bâtiments commerciaux permettrait d'économiser « 35 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent de l'émission de CO2 d'environ 3 500 petites villes », a-t-elle fait remarquer.

« En remplaçant ces carburants par d'autres à faible teneur en carbone, il serait même possible d'atteindre une réduction d'émissions de CO2 de l'ordre de 150 petites villes », a-t-elle poursuivi.

Economie

En outre, « certains effets économiques sont liés à l'éventail de carburants disponibles, car certains sont plus chers que d'autres », a expliqué Ann Gardiner. Si le fioul a tendance à être plus onéreux, les options les moins chères sont souvent le gaz, ainsi que certaines énergies renouvelables, a-t-elle souligné. 

« Si vous n'êtes pas relié au réseau, il existe bien entendu de meilleures options en termes de biomasse et d'autres énergies renouvelables, telles que l'énergie solaire ou thermique, qui sont disponibles et probablement plus économiques que dans les zones urbaines. Cette tendance est liée au coût relatif du fioul, par exemple ».

Alors que l'agriculture est probablement l'activité économique la plus importante dans les zones rurales, celles-ci ont souvent un choix d'énergies limité – et souvent plus coûteux – et sont donc plus sujettes à des interruptions de leur approvisionnement, en particulier à cause de leur dépendance au fioul de chauffage.

En résumé, inclure les questions énergétiques dans les politiques de développement rural élargirait l'éventail d'énergies disponibles et contribuerait à répondre aux objectifs climatiques européens, tout en augmentant la sécurité énergétique, a-t-elle ajouté. « Certaines énergies renouvelables en particulier peuvent représenter une contribution importante à la sécurité énergétique », a-t-elle fait remarquer.

La stratégie Energie 2020 de la Commission européenne, présentée en novembre 2010, laissait entendre que les zones rurales pourraient utiliser le Fonds européen agricole pour le développement rural afin de lever des fonds pour les projets d'innovation liés aux énergies renouvelables, à l'efficacité énergétique, aux réseaux de chauffage et de refroidissement intelligents.

Potentiel inexploité de l'agriculture

S'agissant de l'utilisation de l'énergie dans l'agriculture, Mme Gardiner a déclaré que ce n'avait pas « particulièrement été un thème central » jusque-là en termes de réductions d'émissions mondiales de gaz à effet de serre dans le secteur.

L'utilisation de l'énergie dans l'agriculture n'est pas facile à évaluer, a-t-elle affirmé, parce qu'elle revêt des formes très diverses – le fioul est utilisé pour les tracteurs mais également pour les petits générateurs, alors que les fermes utilisent principalement l'électricité du réseau. « Tout cela, mis bout à bout, représente une forte consommation énergétique. Et si vous mettez l'accent là-dessus, il reste encore beaucoup d'économies à faire », a poursuivi Ann Gardiner.

Selon la Commission européenne, les zones rurales gagnent toutefois en importance en tant que « centres de production énergétique de biomasse et d'autres sources d'énergies renouvelables ».

« De manière générale, une plus grande attention portée aux politiques relatives au bouquet énergétique du secteur agricole apporterait des réductions d'émissions de gaz à effet de serre substantielles », conclut le rapport d'Ecofys.

Bâtiments

Le rapport Ecofys fait le bilan de la situation actuelle mais ne formule pas de recommandations spécifiques quant aux politiques à mettre en place, a souligné Mme Gardiner.

« Il faut prendre en compte les ressources disponibles dans chaque région. Et il s'agit bien entendu d'une analyse à réaliser au niveau local ou régional », a-t-elle poursuivi. 

Elle a également insisté sur le fait que ce rapport mettait l'accent sur les différents carburants, mais que les politiques publiques pourraient également se pencher sur l'utilisation de l'énergie dans les bâtiments. Il pourrait être notamment plus facile de remplacer le charbon d'une chaudière par de la biomasse que pour une chaudière au fioul, a-t-elle ajouté.

Il en va de même pour le développement de réseaux locaux dans les zones rurales, pour lesquelles un certain nombre de bâtiments est nécessaire. « Ce pourrait être une option dans certains endroits où vous avez des villages, par exemple, mais cette solution serait moins adaptée pour des fermes très éparses », a-t-elle affirmé.

Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

Contexte : 

Plus de 56 % de la population de l'Europe des Vingt-Sept vit dans des zones rurales, qui couvrent 91 % du territoire de l'Union.

Selon un rapport de la Commission européenne, les zones rurales sont caractérisées par « une fragilité intrinsèque dans leurs conditions économiques, environnementales et sociales » et font face à un grand nombre de défis en termes de potentiel d'emploi, de niveaux de revenus et d'accès auxservices.

Pour réduire les disparités entre les zones urbaines et rurales, la Commission met l'accent sur le fait que le développement de nouvelles infrastructures de transport, d'information et de communications est crucial.

Toutefois, elle ne considère pour l'heure pas l'accès à l'énergie comme un problème.

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