Selon la Commission européenne, le bois représente déjà environ 80 % de la biomasse utilisée dans les énergies renouvelables.
Les multiples utilisations du bois font également des forêts un facteur déterminant dans l'économie rurale et l'emploi, selon elle.
Les forêts couvrent plus de 155 millions d'hectares (37 %) du territoire de l'UE et 21 millions d'hectares supplémentaires sont couverts par d'autres terres boisées.
La Commission pense toutefois que l'utilisation de l'énergie issue des forêts pourrait être intensifiée, dans la mesure où seulement 70 % de la croissance annuelle des forêts est exploitée, dont environ 42 % sont utilisés pour produire de l'énergie.
En outre, brûler du bois n'a pas d'impact en matière d'émission de carbone si les forêts sont gérées de manière durable, ce qui en fait une alternative au charbon et au fioul respectueuse de l'environnement dans les zones rurales.
Un autre avantage de la biomasse est qu'elle peut être directement stockée et utilisée à n'importe quel moment, contrairement au vent ou à l'électricité solaire, qui doivent être consommés directement ou convertis pour pouvoir être stockés.
La bioénergie des forêts pour un soutien accru de la PAC
Si la politique des forêts est avant tout une compétence nationale, la stratégie forestière européenne et le plan d'action de l' UE, adoptés en 2006, ont mis l'accent sur le rôle des forêts dans le cadre du développement rural.
Le principal instrument de l'UE dans le domaine des forêts est le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), qui fait partie du deuxième pilier de la politique agricole commune (PAC).
Ce fonds comprend déjà des mesures qui peuvent être utilisées pour encourager l'utilisation de la bioénergie issue des forêts, et le réseau européen de développement rural (RE DR), qui traite de la mise en application des programmes de développement rural de l'Union, dispose d'une initiative thématique conjointe sur la foresterie.
Cette initiative considère la biomasse forestière à des fins de génération d'énergie comme l'un de ses trois thèmes spécifiques, mettant particulièrement l'accent sur le chauffage à l'échelle locale.
La réforme de la PAC proposée par la Commission pour après 2013, qui sera présentée au début du mois prochain, devrait inclure de nouvelles mesures concernant les forêts dans le cadre de la politique de développement rural de l'UE, et inclure de mesures pour les Etats membres qui souhaiteraient faire des forêts et de la production d'énergies renouvelables une priorité.
Les dispositions actuelles du FEADER peuvent être utilisées, par exemple, pour soutenir la transformation du bois (copeaux, pellets) à petite échelle dans les micro-entreprises. Les petites entreprises peuvent également obtenir un soutien pour produire de l'énergie renouvelable provenant de la biomasse forestière pour l'électricité et le chauffage à l'échelle locale.
Mettre en place des chaînes d'approvisionnement
En se penchant sur la future réforme de la PAC pour 2014-2020, les décideurs cherchent la meilleure manière d'utiliser les maigres financements européens pour soutenir les forêts en tant que source de bioénergie.
Juha-Matti Markkola, représentant du réseau rural national finlandais, a confié à EurActiv que la priorité devait être de mettre en place des chaînes d'approvisionnement afin de « garantir l'approvisionnement » en bois pour alimenter les centrales.
Près de 80 % de la Finlande est couverte par des forêts, et le pays est à la pointe de l'utilisation de la biomasse ligneuse pour générer de l'énergie. M. Markkola a expliqué que les communautés locales en Finlande utilisaient déjà des centrales thermiques de petite taille fonctionnant avec des copeaux de bois pour chauffer les écoles et les bâtiments communaux, partout dans le pays.
Mais ce n'est possible que grâce à des investissements importants dans le développement et la mise en place de chaînes d'approvisionnement, essentielles dans l'utilisation des forêts à des fins énergétiques. « Il faut quelqu'un pour aller chercher le bois dans la forêt, quelqu'un d'autre pour le transporter jusqu'à la centrale, et encore quelqu'un d'autre pour faire fonctionner la centrale », a résumé M. Markkola.
Il suggère de canaliser le financement du FEADER pour soutenir les groupes d'entreprises impliqués dans la chaîne d'approvisionnement en bioénergie ligneuse. A ce sujet, il souligne l'importance de soutenir l'invention de nouveaux procédés qui pourraient améliorer l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement.
Les innovations techniques sont importantes car la récolte du bois peut parfois s'avérer difficile, a-t-il poursuivi, faisant référence à des terrains difficiles tels que des marais, des zones humides ou montagneuses.
La communication, la formation et les services de conseil aux propriétaires de forêts concernant le potentiel bioénergétique font aussi cruellement défaut, a-t-il ajouté.
Selon lui, l'actuel défi politique s'agissant de la durabilité et du changement climatique représente « un grand potentiel pour les zones rurales ». La bioénergie des forêts « rapporte gros » aux zones rurales, a-t-il ajouté, dans la mesure où les chaînes d'approvisionnement fournissent des emplois et de l'argent aux communes rurales.
En outre, selon les régions, il a affirmé que le prix du bois combustible était déjà compétitif, comparé à d'autres types conventionnels d'énergie. C'est particulièrement le cas pour des zones qui, sans le bois, devraient se chauffer au fioul, faisant référence au prix croissant de ce carburant fossile.



