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Les énergies renouvelables rurales toujours freinées par l’administratif

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Publié 23 septembre 2011, mis à jour 30 septembre 2011

Les projets d’énergie propre dans les zones rurales restent freinés par le fardeau administratif, un an après le début de la mise en application par les Etats membres de plans d’action nationaux en matière d’énergies renouvelables, a appris EurActiv. Bruxelles pense toutefois que la situation s’améliore.

« Les autorisations lentes et difficiles à obtenir ainsi que les procédures de planification demeurent d'importantes barrières au développement du secteur des énergies renouvelables dans l'UE, notamment pour l'électricité », a confié un représentant de l'UE à EurActiv.  

Des études internes ont révélé que les promoteurs d'énergies renouvelables étaient « surtout ennuyés par l'attente et les coûts élevés  pour l'obtention des permis », selon ce représentant.

« Toutefois, nous sommes convaincus que la situation s'améliore », a-t-il ajouté.

Brook Riley, porte-parole de Friends of the Earth Europe, un groupe de pression environnemental, a prudemment approuvé. « Il est sûr que la directive sur les énergies renouvelables a un impact, car elle stipule des objectifs contraignants que les pays doivent respecter dans leurs plans d'action », a-t-il déclaré à EurActiv.

La mise en oeuvre de la directive par les Etats membres s'avère cependant inégale. « Il y a une grande différence entre l'Allemagne et la Pologne en ce qui concerne les énergies renouvelables », a-t-il repris.

L'UE reconnaît l'existence de ce problème mais maintient que les énergies renouvelables devraient être considérées comme une « priorité dans tous les projets et infrastructures locaux », avec « des procédures simplifiées appliquées aux producteurs d'énergies renouvelables décentralisés et plus petits », selon le représentant de l'Union européenne.

Accès à une énergie durable et propre

Même si elles représentent 90 % du territoire de l'Europe et 56 % de sa population, les communautés rurales font souvent face à des problèmes d'accès à des énergies propres à un prix abordable. Elles ont un choix limité d'options énergétiques – le fioul et le charbon sont encore largement utilisés – et subissent plus souvent des coupures d'énergie.

Cependant, les projets d'énergies renouvelables font encore l'objet de réticences de la part des habitants des campagnes qui sont contre l'installation de turbines éoliennes et de lignes électriques disgracieuses. « Afin d'obtenir le soutien du public pour de nouvelles infrastructures, il est possible d'enterrer les lignes plutôt que des les laisser visibles », a proposé M. Riley.

Les entreprises énergétiques s'opposent souvent à ce type de mesures car elles coûtent 5 à 7 fois plus cher, a-t-il poursuivi. « Mais si vous êtes bloqués pendant 10 à 15 ans à cause de l'opposition de la population, il est bien plus économique de mettre en place des lignes enterrées dès le départ », a-t-il déclaré.

L'infrastructure énergétique en question

Les groupes de campagne pour les énergies rurales tels que Future of Rural Energy in Europe (Free) évoquent d'autres sujets d'inquiétude pour les habitants des zones rurales. Les habitations rurales ont souvent une faible efficacité énergétique, selon eux, et en raison de leur habitat dispersé, les communautés rurales peuvent pâtir d'une mauvaise connexion au réseau.

Le représentant de l'UE a confié à EurActiv que Bruxelles devait contribuer à l'amélioration de telles infrastructures énergétiques en raison de l'« énorme défi d'investissement » qu'impliquent les objectifs de 2020 de l'Union en matière d'énergies propres.

Cependant, « en aucun cas la politique européenne dans le domaine des procédures d'octroi de permis pour de nouvelles infrastructures ne peut entraver la législation européenne relative à la protection de l'environnement », a-t-il insisté. Les périodes de consultation des parties prenantes et des citoyens ne devraient également pas être réduites, a-t-il continué.

L'UE pense que les réseaux intelligents pourraient permettre aux consommateurs ruraux d'économiser de l'énergie et de l'argent, en évitant d'utiliser l'électricité en heures pleines. L'un des bénéfices « les plus verts » du passage aux réseaux intelligents serait « les économies de combustible et une réduction du CO2, dans la mesure où il ne serait pas nécessaire d'envoyer du personnel pour relever les compteurs ou effectuer des dépannages dans les maisons », a déclaré le représentant.

Les réseaux intelligents pourraient également contribuer à réduire les coupures d'électricité et les baisses de tension, améliorer les télécommunications, et mieux intégrer la distribution d'énergies renouvelables, selon l'exécutif européen.

La Commission prépare actuellement une proposition législative sur les infrastructures énergétiques qui, selon elle, améliorera la transparence et augmentera l'implication des parties prenantes. Cette proposition établira un « régime d'intérêt européen » pour rationaliser le processus d'attribution des permis et fixer une limite dans le temps pour les processus de prise de décision.

Cette initiative, qui sera dévoilée fin octobre, visera à étendre et améliorer le réseau de gaz et d'électricité en Europe et permettra aux zones qui en ont besoin d'avoir accès aux énergies renouvelables.

A Wroclaw en Pologne, le 20 septembre, le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, a annoncé que les 200 milliards d'euros dont les pays européens ont besoin pour investir ces dix prochaines années seraient partiellement financés par la promotion des financements privés grâce à l'argent public.

« Dans notre proposition, nous avons demandé un cofinancement intelligent grâce à des emprunts obligataires pour la réalisation de projets et à des subventions, voire d'autres instruments de financement », a-t-il déclaré.

D'ici 2014, le marché unique de l'électricité devrait être créé dans l'UE pour répondre à la demande croissante, aux modifications des types de demande et aux différentes sources d'approvisionnement.

Prochaines étapes : 
  • Oct.-nov. 2011 : l'UE devrait dévoiler sa proposition législative relative à l'infrastructure énergétique
Contexte : 

Le 17 novembre 2010, la Commission européenne a adopté la communication « Priorités en matière d'infrastructures énergétiques pour 2020 et au-delà - Schéma directeur pour un réseau énergétique européen intégré », qui établit les projets d'amélioration de l'infrastructure énergétique, malgré les problèmes de financement public et privé.

Une proposition législative devrait suivre en octobre 2011, pour traiter des questions de réglementation et de financement par le biais de l'instrument de sécurité et d'infrastructure énergétique et pour intégrer les priorités énergétiques dans les différents programmes.

EurActiv a appris qu'un nombre limité de priorités serait identifié. Ces dernières devront être mises en place d'ici 2020 dans le cadre de la législation existante et de récents changements dans les bouquets énergétiques des différents Etats membres. La Commission proposera également une nouvelle méthode visant à identifier les projets concrets d'« intérêt commun ». Ceux-ci devraient avoir un « impact significatif au-delà des frontières », entre les Etats membres mais également avec d'autres pays.

La proposition recommandera des critères simples, transparents et mesurables reflétant les objectifs de la politique européenne en termes d'intégration d'énergies renouvelables, d'amélioration du marché énergétique interne et de la sécurité de l'approvisionnement. Pour évaluer les critères de tout futur projet, l'UE mesurera quel en sera l'apport à la méthodologie d'analyse évaluant les coûts à l'échelle du système énergétique commun.

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