Lors du second Rural Energy Day, qui a eu lieu mercredi (21 septembre) à Bruxelles, a été présentée une nouvelle étude révélant l'importante empreinte carbone des zones rurales d'Europe. Les communautés locales utilisent davantage de sources d'énergie polluantes que les zones urbaines et émettent donc plus d'émissions à effet de serre, conclut cette étude.
Cette situation résulte surtout d'un accès trop limité au réseau de gaz naturel et de l'utilisation de carburants à fortes émissions de carbone dans les zones rurales, comme le fioul et le charbon, peut-on encore lire.
Ce ne devrait pourtant pas être le cas, dans la mesure où les zones rurales ont la possibilité de développer l'utilisation des énergies renouvelables et où des sources d'énergie faibles en carbone sont disponibles, ont souligné les participants à cet évènement.
Plusieurs options sont déjà disponibles, comme l'utilisation de panneaux solaires pour chauffer l'eau, la production d'électricité grâce au photovoltaïque ou à la biomasse issue d'arbres, de plantes, de fumier et de déchets. D'autres technologies ont été mises en avant lors de l'évènement, dont les systèmes de production combinée de chaleur et d'électricité, les pompes à chaleur géothermique, les cuisinières au gaz de pétrole liquéfié et les chaudières de chauffage central.
Les participants à l'évènement ont réclamé une plus grande attention de part de la sphère politique et des encouragements financiers de l'UE et de ses membres pour aider les zones rurales à produire leur propre énergie de manière plus durable.
L'initiative FREE, qui a organisé le Rural Energy Day à Bruxelles, a été lancée en 2010 par SHV gas, un distributeur néerlandais de gaz de pétrole liquéfié (GPL) qui souhaite que les acteurs du secteur s'expriment d'une seule voix sur les questions d'énergie rurale en Europe. Les membres de FREE, parmi lesquels se retrouvent d'autres secteurs industriels et des représentants locaux, demandent aux dirigeants politiques de se pencher sur le thème de l'énergie dans les zones à faible activité économique et de reconnaître leur potentiel s'agissant de réduire les émissions de carbone.
Ils demandent à la Commission européenne que le prochain budget à long terme de l'UE ne se concentre pas seulement sur les projets d'infrastructure énergétique, mais qu'il alloue également des fonds à la « production et à l'approvisionnement énergétiques décentralisés, surtout dans les zones où ce type de production d'énergie est le plus efficace ».
Économie d'énergie
FREE espère aussi que le Commission reliera le budget de l'UE à la directive sur l'efficacité énergétique de l'Union et qu'elle s'assurera que suffisamment de fonds soient alloués pour remédier à ce problème dans les régions rurales.
Adrian Joyce, le secrétaire général d'EuroACE, un groupe commercial spécialisé dans les économies d'énergie dans les bâtiments, a affirmé que cette question était particulièrement pertinente dans les zones rurales où les constructions sont généralement plus vieilles et moins efficaces en termes d'énergie.
« J'ai été moi-même architecte pendant de nombreuses années et je n'ai jamais reçu de commande pour élaborer les plans d'une nouvelle ferme ou d'un nouveau bâtiment agricole, jamais. Donc les bâtiments des zones rurales doivent être rénovés pour réduire la demande énergétique », a-t-il expliqué.
Selon FREE, les ménages des régions rurales consomment en moyenne plus d'énergie à cause de leur type de bâtiments et de leur faible isolation. Par conséquent, les zones rurales pourraient devenir les championnes de l'efficacité énergétique en Europe.
Financement novateur
Même s'il existe un consensus général concernant le soutien des zones rurales pour qu'elles puissent accéder aux énergies renouvelables et faire des économies, les parties prenantes ont également fait savoir que des mécanismes de financement novateurs étaient nécessaires pour atteindre ces objectifs. L'argent est déjà disponible, mais une manière plus « novatrice » d'y accéder est nécessaire, ont-ils argué.
L'eurodéputé néerlandais Lambert van Nistelrooij (Parti populaire européen) a noté que « 7 % des fonds de la politique régionale [étaient] déjà alloués à l'efficacité énergétique et à l'énergie durable. Ces fonds sont toutefois rarement utilisés au niveau régional et national, ce qui est bien entendu dommage ».
Adrian Joyce d'EuroACE a cité le groupe bancaire allemand KFW en exemple. Depuis 2006, cette banque a financé la rénovation de plusieurs bâtiments en accordant des prêts à des entreprises et à des personnes physiques à des taux inférieurs à la moyenne.



