D’après le rapport « Sizing the digital economy » rendu public par le Boston Consulting Group, l’économie numérique représente entre 5,8 % et 7,2 % du PIB total du Danemark, de la Suède et du Royaume-Uni, contre seulement 2,2 % en Espagne et 1,9 % en Italie.
Ces chiffres prennent en compte la consommation, les investissements et les exportations liés à l'Internet et mettent en lumière les écarts de rendement et le potentiel encore inexploité à travers le continent.
Des inégalités tout aussi flagrantes apparaissent également dans l'échelle mesurant l'utilisation de l'Internet (« cyber intensité ») dans trente-cinq pays sur l'ensemble des continents. Cette échelle inclut l'accès à des infrastructures de télécommunications, le total des dépenses effectuées sur Internet ainsi que le niveau d'activité publique sur le web.
Clivage nord-sud et « cyber intensité »
Cette échelle met en évidence un écart géographique très clair : l'Allemagne , le Danemark, la France, ,le Luxembourg, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède atteignent tous un score de 100 points sur un maximum de 200 points.
Le Portugal, l'Italie et la Grèce, victimes de la crise de la dette souveraine qui frappe la zone euro, ont obtenu un score de 80 points, ce qui souligne leur manque d'infrastructures et d'implication.
Ce rapport, réalisé pour Google, est inspiré de recherches menées à l'échelle internationale par des institutions telles que l'ONU et le Forum économique mondial.
D'autres études consultées par EurActiv ont confirmé ces tendances culturelles concernant l'utilisation d'Internet. Au Royaume-Uni, où le niveau d'endettement des ménages est élevé, les consommateurs sont plus enclins à acheter des articles en ligne sans les avoir vus.
Les achats à crédit sur Internet sont en revanche bien moins fréquents aux Pays-Bas, où le niveau d'endettement des ménages est inférieur.
Les Italiens cherchent leurs produits sur Internet, mais les achètent en magasin
D'après le rapport, les Italiens préfèrent se déplacer pour acheter des produits en magasin après les avoir cherchés sur Internet.
Les conclusions de ce rapport ont une incidence directe sur les petites entreprises, dans la mesure où il souligne une croissance moyenne de plus de 4 % parmi les PME qui ont le plus souvent eu recours à Internet en Belgique et au Royaume-Uni au cours des trois dernières années, contre seulement 1,2 % en Italie.
David Dean, associé principal chez Boston Consulting, considère que les chiffres avancés pour les PIB ne sont pas tout à fait exacts, car ils ne permettent pas de réellement comprendre dans quelle mesure les articles achetés en magasin ont été préalablement recherchés sur Internet.
Lors d'un entretien accordé à EurActiv il a affirmé qu'il était nécessaire d'en faire davantage pour promouvoir l'utilité de l'Internet en matière de croissance pour les PME.
« Il est évident que rien de plus ne pourra être fait sans infrastructures. Mais ce n'est pas suffisant — il est également important d'encourager les entreprises, les gouvernements et les consommateurs à se connecter en ligne. Les décideurs devraient aussi opter pour une approche participative », a-t-il ajouté.
Jeremy Fleming — Article traduit de l'anglais par EurActiv



