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Avenir des PME en Europe : ambassades étrangères et argent facile ?

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Publié 30 septembre 2011, mis à jour 23 décembre 2011

Des ambassades commerciales spéciales au Brésil et dans d’autres économies en forte croissance, des conditions de crédit plus avantageuses et de nouveaux fonds d’investissement visant à soutenir les entreprises innovantes devraient être présentés dans un plan d’action de la Commission européenne prévu plus tard dans l’année.

Des ébauches de ce plan, voué à faciliter l'accès des PME aux financements, circuleront le mois prochain et sa publication finale est prévue pour le mois de décembre, a appris EurActiv.

Il s'agit d'une initiative de Michel Barnier et d'Antonio Tajani, respectivement commissaires pour le marché intérieur et l'entreprenariat.

L'idée maîtresse de ce plan d'action est l'introduction d'une initiative visant à faciliter l'accès des PME au capital-risque en Europe. Ce genre d'initiative est attendu depuis longtemps.

Le capital-risque transfrontalier est une priorité de l'acte pour le marché unique

C'est une priorité, dans la mesure où il s'agit de l'une des principales actions de l'acte pour le marché unique, mais la forme que prendra ce fonds sera longuement débattue.

Il devrait puiser dans les fonds existants de l'UE via le Fonds européen d'investissement, mais également proposer la création d'un nouveau modèle de fonds plus restreints.

L'idée est de reproduire le type de fonds existant aux Etats-Unis, qui peut miser de manière plus stratégique et à plus long terme sur le potentiel d'une entreprise, comme les fonds de dotation universitaires américains.

Le statut fiscal des investissements du fonds et la mesure dans laquelle le capital-risque privé peut être utilisé dans leur établissement sont des questions qui restent controversées.

Gerhard Huemer, directeur des affaires économiques et budgétaires à l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME), a déclaré : « Si vous êtes un investisseur en Allemagne investissant dans un fonds français qui investit dans une PME dont les dividendes sont payés au Royaume-Uni, par exemple, la question de l'endroit où devront être payés les taxes sur les dividendes sera complexe ».

Ross Butler, le responsable communication pour l'Association européenne des sociétés de capital à risque (EVCA), a expliqué à EurActiv que cette idée prendrait probablement la forme de « multiples fonds de fonds, peut-être mis en adjudication pour des fonds de capital-risque privés pour l'investissement ».

Ce plan d'action proposera également différentes façons pour les banques de prêter de l'argent aux PME sans devoir appliquer les critères stricts habituels de valorisation du bilan, l'une des principales raisons pour lesquelles les banques refusent souvent les demandes de prêt des PME.

Un représentant de l'UE proche des négociations concernant le plan d'action à expliqué à EurActiv : « Le classement qualitatif des banques sur la base des bilans est un mécanisme rudimentaire d'évaluation de la solvabilité ». Il a affirmé que le plan d'action proposerait différents critères pour une évaluation « tridimensionnelle » de la bancabilité des PME.

« Nous avons besoin que le degré d'innovation soit évalué en examinant, par exemple, le nombre de brevets en attente d'enregistrement d'une entreprise », a-t-il déclaré.

Une place au soleil pour les PME

Ce plan d'action aura également pour but de proposer des idées non financières vouées à modifier la manière dont les institutions fonctionnent afin qu'elles puissent favoriser les intérêts des PME.

L'eurodéputé danois Bendt Bendtsen, qui préside le cercle des PME du Parti populaire européen (PPE), souhaiterait la mise en place d'un réseau de simples bureaux temporaires pour les PME situées dans des économies émergentes telles que le Brésil et administrées par le Service européen pour l'action extérieure.

Il a déclaré que mettre des bureaux à disposition des PME européennes pour de courtes périodes les aiderait à déterminer efficacement et à faible coût si elles ont ou non une chance de réussir sur ces marchés.

« Nous devons aider les PME à s'imposer sur le marché de l'exportation, car les taux de croissance des pays Brics restent élevés », a-t-il expliqué.

Jeremy Fleming – traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Réactions : 

« Le montant total que nous obtenons, environ 40 milliards d'euros en Europe, devrait augmenter au cours des prochaines années », a déclaré le directeur général du Fonds européen d'investissement, Richard Pelly, faisant référence à des propositions telles que les fonds de capital-risque qui seront présentées dans le plan d'action. « Ce sera le cas car je pense que le FEI sera de plus en plus chargé de gérer les ressources de différents groupes en leur nom, que ce soit au niveau national (les Etats membres) ou au niveau européen (par la Commission européenne et la BEI) », a poursuivi M. Pelly.

« Nous travaillons également sur le peaufinage de plusieurs produits financiers afin de gérer les lacunes du marché de manière ciblée. Dès lors, la combinaison des ressources, un large éventail de produits et le fait que nous soyons considérés comme une institution qui peut générer d'importants stimuli économiques pourraient donner lieu à une importante augmentation d'activités à l'avenir », a conclu M. Pelly.

« Il est positif que la Commission envisage d'autres moyens de financer les PME, comme le réseau d'investisseurs providentiels (« Business Angels ») ou le capital-risque, dans la mesure où les accords de Bâle III rendront l'obtention de prêts bancaires encore plus difficile », a expliqué Patrick Gibbels, porte-parole de la European Small Business Alliance (ESBA).

M. Gibbels a ajouté : « ESBA souhaiterait que le plan d'action comprenne des options plus réalistes qui puissent fonctionner à court et à long terme, comme des systèmes de garanties de prêt et des micro-crédits. De plus, outre la création de nouvelles manières pour les PME d'accéder aux financements, la Commission devrait travailler à la création de réglementations permettant aux PME de conserver une plus grande partie de leurs bénéfices pour réinvestir dans leur entreprise, ce qui réduirait la nécessité de faire appel à des financements extérieurs ».

« Ce serait bénéfique si des actifs non tangibles, comme des demandes de brevets en cours, pouvaient être utilisés comme garanties, au lieu de l'approche traditionnelle des bilans, mais il faudra surtout que ce plan permette aux banques de faire davantage confiance aux PME », a expliqué Gerhard Huemer, directeur de la politique économique et budgétaire à l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME).

« Il n'y aura pas de mesures d'urgence, il s'agira d'un plan d'action horizontal, les mesures plus urgentes font partie d'autres instruments, comme le groupe de travail pour la Grèce », selon un représentant de l'UE proche des négociations sur le nouveau plan d'action.

« Certaines mesures du plan d'action seront des mesures prises au niveau national, et d'autres pousseront les parties prenantes à modifier leur comportement », a-t-il ajouté.

« Ce plan d'action se devait d’être concret, il est temps d'agir », a affirmé l'eurodéputé danois Bendt Bendtsen, qui préside le cercle des PME du Parti populaire européen.

Il a ajouté : « Lorsque j'étais ministre au Danemark, j'ai fondé des bureaux de lancement à Sao Paulo et dans d'autres villes d'économies émergentes, où des entreprises pouvaient louer un petit bureau pour quelques mois et étudier le terrain s'agissant du marché de l'exportation. Nous avons réalisé cela via le service des affaires étrangères, il serait possible de le faire via le service européen d'action extérieure ».

« Il existe une motivation politique à viser des secteurs ou certaines PME sur le marché et à tenter d'en tirer profit », selon Ross Butler, le responsable communication de l'Association européenne des sociétés de capital à risque (EVCA).

Il a ajouté : « Nous pensons que ce n'est pas une bonne solution. Le manque de financement ne devrait pas se régler au niveau des PME et via des approches descendantes créeront une distorsion du marché. Le manque de financement est le résultat d'une déficience structurelle au niveau des gestionnaires de capital-risque qui lèvent des fonds grâce à des investisseurs, comme des banques, des compagnies d'assurances et des family offices ».

M. Butler a ajouté : « Le meilleur modèle d'un système qui fonctionne se trouve aux Etats-Unis, où les gestionnaires de placements sont orientés vers l'innovation. Par exemple, pour les fonds de dotation des universités américaines, il s'agit d'une approche stratégique à plus long terme, et nous ne disposons pas de systèmes similaires. C'est la raison pour laquelle nous avons besoin d'une nouvelle structure et d'un nouveau type de fonds qui permettent que l'argent public soit utilisé pour des investissements privés, et avec le temps, l'argent public sera progressivement abandonné quand le modèle de fonds s'établira en Europe ».

Prochaines étapes : 
  • Oct. 2009 : diffusion du projet de plan d'action de la Commission
  • Déc. 2011 : publication du plan d'action pour l'accès des PME aux financements  
Des PME à Rio
Contexte : 

Le Small Business Act (SBA) a été adopté en Europe en juin 2008.

Il concerne toutes les entreprises qui comptent moins de 250 employés. Ceci signifie que 99 % des entreprises dans l'Union européenne sont des PME.

Le SBA a pour objectif d'améliorer les conditions de l'entreprenariat en adaptant les politiques et les réglementations aux niveaux européen et national.

On espère que ces avancées encourageront la croissance et le développement de petites et moyennes entreprises (PME) dans l'Union.

La révision du SBA (publiée le 23 février 2011) a présenté un aperçu des progrès réalisés dans la mise en œuvre du Small Business Act.

Dans le même temps, la Commission a lancé son nouvel acte pour le marché unique, qui comprend 12 « leviers » de croissance pour l'Europe. L'un d'entre eux était l'accès des petites entreprises aux financements, et la principale action en ce sens est une initiative législative facilitant l'accès au capital-risque transfrontalier dans l'UE.

Le plan d'action sera avant tout un instrument permettant de mettre en œuvre cette proposition.

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