Le premier accord dans le cadre de l'instrument de partage des risques (IPR) a été signé avec UniCredit Bank Austria afin de garantir un prêt d'au moins 120 millions d'euros pendant deux ans.
L'instrument a été développé par la Commission européenne en partenariat avec le Fonds européen d'investissement (FEI), le fournisseur spécialisé dans les PME pour la Banque européenne d'investissement (BEI), basée au Luxembourg.
L'IPR vise à encourager les banques à proposer des prêts et des crédits-bail pour des sommes entre 25 000 et 7,5 millions d'euros aux PME et à des sociétés de taille intermédiaire qui se chargent de recherche, de développement ou d'innovation et qui cherchent des financements pour des investissements ou des fonds de roulement.
« Si l'on regarde les marchés boursiers, les statistiques révèlent que la pénurie de capital risque s'accentue », a déclaré à EurActiv, Richard Pelly, le directeur général du FEI. Dans l'ensemble, les PME ont difficilement accès aux financements, de sorte que les entreprises de qualité qui garantissent un retour sur investissement sont privilégiées.
UniCredit Bank Austria est la première banque en Europe à offrir des prêts bénéficiant du soutien de l'IPR, mais d'autres devraient faire de même avant la fin de l'année.
Un nouveau rôle pour stimuler les revenus du secteur privé
Le nouvel instrument de partage des risques reflète l'évolution du rôle du FEI ces dernières années, a indiqué M. Pelly. Ce rôle est passé de la gestion du fonds de fonds visant à stimuler les prêts aux PME à de nouvelles collaborations commerciales avec des business angels et des investisseurs du monde de l'entreprise, tels que les banques qui joignent l’IPR.
Depuis que la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 a déclenché la crise financière actuelle, le FEI a triplé son nombre d'obligations remboursables en actions et a doublé ses volumes de garantie, selon M. Pelly. « Pour parler en données chiffrées, nous avons placé 1,1 milliard d'euros en 2011 dans des actions qui ont rapporté 6 milliards d’euros de nouveaux financements des risques pour les PME en Europe », a-t-il ajouté.
M. Pelly a expliqué que la part des ressources publiques, telles que le financement de la Commission et les régimes de subventions soutenus par les États membres, a augmenté de façon significative en tant que pourcentage du total des prêts depuis le début de la crise. Le FEI contribue également à la moitié de l'argent public actuellement investi dans les PME en Europe.
« Étant donné que les conséquences de la crise financière sont susceptibles de se poursuivre, nous continuons nos efforts en vue de parvenir à un système d'actions équilibré et durable en stimulant des investissements du secteur privé. Des investissements avec de nouveaux partenaires sont également compris dans le système, comme des investisseurs du monde de l'entreprise, afin de cibler des secteurs spécifiques et de les aider à lever leurs propres fonds » a-t-il ajouté.
L’augmentation du nombre de financement public des PME pour le secteur privé reflète toutefois les sérieuses difficultés qu’a le secteur des moyennes entreprises de trouver des financements de prêts.
Les PME sont excessivement pessimistes
À la suite de preuves continues du durcissement de l'accès aux financements plus tôt cette semaine, un rapport publié le 16 octobre a révélé que le moral des PME n'avait jamais été aussi bas.
Les PME européennes sont passées d'une incertitude pesante à un « pessimisme profond », selon une enquête sur le sentiment des entreprises conduite par l'UEAPME, qui représente l'artisanat et les petites et moyennes entreprises.
Le « SME Business Climate Index » de l' UEAPME est passé de 70,5 à 67,5. En dessous de la barre des 70 points, l' UEAPME considère les affaires comme étant un dans climat neutre.
Tous les indicateurs économiques mesurés sont en baisse par rapport au premier semestre de l'année et les plus petites entreprises sont les plus touchées en ce moment.



