Le rapport 2012 de la Commission sur l'évaluation des performances des PME, préparé par le cabinet-conseil Ecorys, a confirmé que les PME dominaient le marché des entreprises européennes, avec 98 % d'entreprises, soit 20,7 millions d'entreprises et plus de 87 millions d'employés.
Quelque 92 % de ces entreprises sont des micro-entreprises, employant moins de 10 employés. Mais les écarts de performance au sein de l'UE se creusent de plus en plus, indique ce rapport publié hier (15 octobre).
Différences considérables au sein de l'UE
Dans la majorité des États membres, les PME n'ont encore été capables de retrouver les niveaux enregistrés avant la crise, peut-on lire dans ce rapport.
Ce rapport évalue les performances des PME au sein des États membres en déterminant s’ils ont retrouvé le niveau de valeur ajoutée et d'emploi enregistré avant la crise de 2008 et examinant la vitesse de la reprise depuis 2009.
Seules l'Allemagne, l'Autriche et Malte ont retrouvé une situation comparable à celle de 2008, même si la performance de ces États membres en termes de valeur ajoutée et de croissance de l'emploi varie considérablement.
L'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la France, le Luxembourg et Malte sont au-dessus de la moyenne des 27 États membres pour l'emploi et la valeur ajoutée. Les performances de l'Espagne, de l'Estonie, de la Grèce, de la Hongrie, de l'Irlande, de l'Italie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Pologne, du Portugal, de la Roumanie, de la République tchèque et de la Slovaquie sont en dessous de la moyenne pour les deux indicateurs.
Mesures de soutien déséquilibrées
« La mise en oeuvre des mesures de soutien pour les PME est toujours déséquilibrée. Un nombre considérable d'États membres ignorent certaines mesures comme l'octroi d'une seconde chance aux entrepreneurs qui ont échoué une première fois et la prise en compte des caractéristiques des petites entreprises lors de l'élaboration d'une législation », indique ce rapport.
En présentant le rapport le premier jour de la semaine européenne des PME, le commissaire chargé de l'industrie et de l'entrepreneuriat, Antonio Tajani, a déclaré qu'un nouveau programme visant à stimuler l'entrepreneuriat chercherait à améliorer la performance des pays mentionnés.
« Le plan d’action le plus ambitieux jamais lancé en Europe pour stimuler l’entrepreneuriat sera dévoilé au mois de novembre. Notre offre d’assistance et de conseils aux entreprises atteint un niveau encore inconnu jusque-là. Nous mettons tout en œuvre pour rétablir la confiance afin que les PME puissent à nouveau progresser et nous faire sortir de la crise actuelle », a-t-il ajouté.
Un réseau de représentants des PME se réunira à Chypre le mois prochain
Ce plan s'appuiera sur le « Small Business Act for Europe » et le complétera. Il sera piloté par un réseau de représentants nationaux des PME, créé il y a un an, dont le rôle est d'encourager les États membres à introduire des mesures visant à favoriser les petites entreprises. Ce réseau sera dirigé par Daniel Calleja Crespo.
La prochaine réunion des représentants des PME abordera la question des progrès à accomplir dans certains domaines d’action relatifs aux PME et se tiendra à l’occasion de l’assemblée des PME, les 15 et 16 novembre prochains, à Chypre.
Un porte-parole de la Commission a déclaré à EurActiv que le prochain congrès des représentants des PME discutera des priorités de M. Crespo pour 2013, notamment l'accès au financement, la licence, la normalisation et l'accès aux marchés internationaux.
Un nouveau dialogue économique
Un porte-parole de l’UEAPME, l'organisation d'employeurs qui représente les intérêts de l’artisanat, du commerce et des PME à l'échelle européenne, a expliqué que le nouveau système de 27 représentants nationaux des PME était « nécessaire », mais a ajouté que « ce n'était pas suffisant pour combler le fossé entre les décideurs et les PME ».
L’UEAPME appelle maintenant à la création d'un « dialogue économique sur les PME », composé de M. Crespo, du trio de présidences du Conseil accompagné de leurs représentants des PME respectifs, des eurodéputés, de l’UEAPME et d'autres représentants des entreprises.
« Le « dialogue économique sur les PME » garantirait l'application du principe « Penser aux petits d'abord » dès le début à toutes les initiatives d'action prises à l'échelle européenne et concernant les PME. Il faciliterait aussi grandement la recherche d'une meilleure réglementation grâce à un dialogue constant et constructif entre les décideurs et les parties prenantes », a ajouté le porte-parole de l’UEAPME.


