Selon un rapport sur l'innovation publié par la Commission européenne à la fin du mois de septembre, l'accès au crédit bancaire s'est détérioré dans plus de la moitié des États membres de l'UE depuis 2009.
La Finlande était le pays où il était le plus facile d'obtenir un crédit. Elle est suivie par la Lettonie, la Suède, la Pologne et l'Autriche. D'après le rapport, il est toujours « relativement difficile » d'avoir un crédit ou la situation s'est détériorée dans les pays suivants : l’Espagne, la France, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et. Royaume-Uni.
Ce rapport a confirmé les résultats d'une enquête sur 17 pays menée par la Banque centrale européenne plus tôt dans l'année. L'enquête a indiqué que la situation se détériorait pour les PME à la recherche de financement, avec 27 % de bénéfices en moins entre octobre 2011 et mars 2012.
Ce pourcentage est environ deux fois supérieur à la diminution des bénéfices de 15 % enregistrée au cours des 6 mois précédents. Durant la même période, les besoins en financement bancaire ont augmenté de 2 %, passant de 17 à 19 %.
Un durcissement des conditions pour accéder au financement
« On constate clairement une détérioration des investissements, comme le prouvent les statistiques. Les banques ont aussi exigé un durcissement des conditions. Elles se penchent sur l'impact d'une réglementation accrue et établissent des projets en fonction », a déclaré Richard Pelly, le directeur général du Fonds européen d'investissement.
Dans un contexte où l'accès au financement est en déclin, la Commission tentera de faciliter l’accès aux capitaux à risque et aux modes de financement selon le style américain et de trouver une solution à la masse de paperasserie administrative.
L'exécutif européen vise à simplifier la procédure par laquelle les investisseurs en capital à risque lèvent des fonds dans la région au profit des jeunes entreprises, sous la bannière d'un fonds européen de capital à risque.
La proposition permettra aux investisseurs en capital à risque de générer plus facilement des fonds en Europe au profit des jeunes entreprises. Dès qu'un ensemble de conditions est rempli, tous les gestionnaires de fonds qualifiés pourront réunir des capitaux sous la désignation de « Fonds européen de capital à risque » à travers l'UE.
À la recherche de « business angels »
Les capitaux à risque ne devront plus répondre à des conditions compliquées qui varient en fonction des États membres.
Pour obtenir l'adoption finale de la réglementation, le Parlement européen et le Conseil doivent donner leur feu vert. Un accord est prévu dans les prochains mois.
En outre, des « business angels » (des personnes physiques qui investissent leur patrimoine et leur expertise dans de jeunes entreprises à risque en échange d'actions) sont encouragés par le Fonds européen d'investissement (FEI), le « fonds des fonds » des capitaux à risque en Europe.
« Les business angels sont connus pour avoir des procédures et des visions à long terme et, en tant qu'investisseurs individuels, il est moins probable qu'ils se retirent en cas de ralentissement. Ces business angels jouent un rôle important aux États-Unis et ailleurs », a expliqué Richard Pelly à EurActiv.
La FEI a négocié un accord afin de permettre aux business angels de contribuer au financement en coopération avec le ministère fédéral allemand de l'économie et de la technologie. Dans cet accord, les deux parties contribueraient à niveau égal aux ressources d'investissements.
« Nous nous penchons sur la création de systèmes similaires au sein de l'Espagne et de l'Autriche », a annoncé Richard Pelly.
La paperasserie reste un problème
Dans le même temps, la bataille pour réduire la paperasserie administrative est toujours en cours après que la Commission a demandé que des idées soient proposées en amont du sommet de la semaine européenne des PME (voir « contexte »). L'exécutif européen souhaite que les petites entreprises donnent leurs impressions sur les dix lois les plus pénibles.
La commission de l'industrie du Parlement européen a récemment publié un rapport sur la compétitivité et les perspectives commerciales des PME. Elle demande d'établir un « bilan de qualité » de la législation existante afin d'éliminer les incohérences et les règles obsolètes ou inefficaces.



