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Les désaccords sur la taille des PME font resurgir des tensions quant à leur définition même

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Publié 29 septembre 2011, mis à jour 23 décembre 2011

A partir de quelle taille une petite entreprise peut-elle prétendre aux fonds structurels de l'UE ? Cette question donne lieu à des discussions houleuses et fait écho au futur débat qui sera mené sur la définition des PME, un sujet qui fait déjà l'objet d'un lobbying acharné. 

Johannes Hahn, le commissaire au développement régional, présentera la semaine prochaine les règles qui gouverneront la future direction des fonds de développement régional de l'UE. Une première version de ces règles a établi que les fonds devraient être alloués « avant tout aux PME ».

La dernière version de ces règles, toutefois, a abandonné l'expression « avant tout », ce qui a suscité l'inquiétude de la part de la plus grande fédération d'entreprises, BusinessEurope, qui craint que de tels fonds soient maintenant uniquement versés aux petites entreprises. L'association a écrit à M. Hahn ce mardi (27 septembre) pour demander la réintroduction de l'ancienne formulation.

Etre qualifié de PME a ses avantages

Ce récent désaccord souligne à quel point la qualification de PME peut être avantageuse, et le lobbying concernant la définition des PME a commencé bien avant le débat de la Commission sur la question, prévu l'année prochaine.

Il existe actuellement trois grands critères définissant les PME :

  • les micro-entités sont des entreprises qui comptent jusqu'à dix employés ;
  • les petites entreprises emploient jusqu'à 50 entreprises ;  
  • les entreprises de taille moyenne comptent jusqu'à 250 employés.

La Commission a annoncé cet été qu'une consultation commencerait en 2012, lors de laquelle tous les aspects de la définition seront abordés. Tout changement dans la définition issu de la consultation serait mis en œuvre en 2013, mais les représentants de la Commission soulignent qu'ils n'ont pas nécessairement l'intention de la modifier.

La définition actuelle est le fruit d'un compromis politique qui garantit que le nombre maximal d'employés est de 250 pour les entreprises de taille moyenne.

Il s'agissait d'un compromis entre la tradition allemande, où les entreprises Mittelstand dépassent souvent 400 employés, et les pays où ce concept de taille moyenne recouvre un nombre bien plus restreint d'employés.

Les grandes entreprises françaises et allemandes veulent être des PME

EurActiv a appris qu'un certain nombre d'entreprises françaises et allemandes, ainsi que le secteur de l'industrie, avaient commencé à faire pression pour élargir la définition des PME à un maximum de 400 employés, ce que les associations de PME refusent catégoriquement.

Un ensemble de critères supplémentaires est également actuellement envisagé dans le cadre de différentes règles, et pourrait modifier la définition d'une entreprise pour des raisons de taxes spécifiques ou de réglementation. Ces détails font également l'objet de débats houleux.

Gerhard Huemer, le directeur des affaires économiques et budgétaires à l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME), a déclaré que les grandes entreprises tentaient également de modifier les règles qui édictent quelle part de PME elles peuvent détenir avant que ces petites entreprises sortent de la définition.

« S'ils parviennent à leurs fins, cela conduira à des abus, dans la mesure où les plus grandes entreprises européennes vont simplement mettre en place toute une série de filiales pour bénéficier des fonds et exemptions à l'intention des PME », a déclaré M. Huemer.

Jeremy Fleming– Article traduit de l'anglais par EurActiv

Réactions : 

« Je pense que le débat sur les définitions est bien moins pertinent pour les entreprises que les mesures politiques. Néanmoins, nous devons nous assurer que la définition statistique des PME établie en 2003 reflète encore les réalités économiques des 27 Etats membres », a déclaré l'envoyé spécial de la Commission, Daniel Calleja Crespo.

« Je pense que [redéfinir les PME] est une bonne idée », a affirmé Bendt Bendtsen, l'eurodéputé danois qui préside le cercle des PME du Parti populaire européen (PPE).

« Certaines des entreprises, presque grandes, sont définies comme des PME, et cette définition couvre actuellement 98 % de toutes les entreprises. Si nous voulons soutenir les entreprises qui ont besoin d'aide, je les définirais comme plus petites, parce que les plus grandes ont moins de mal à avoir accès à du capital », a-t-il poursuivi.

« Je pense également que nous devons établir des règles spécifiques pour les micro-entreprises. Elles devraient bénéficier d'une exemption d'impôt lors de leurs cinq premières années d'existence, et ne pas être sujettes à  l'obligation de rapport : ce serait un meilleur système pour les aider à se lancer », a conclu M. Bendtsen.

La consultation sur la définition des PME, prévue l'année prochaine, sera l'occasion de déterminer si des modifications sont nécessaires ou non, a déclaré Patrick Gibbels, représentant à Bruxelles de la European Small Business Alliance (ESBA).

Il a ajouté : « L'ESBA ne s'attend pas à ce que la Commission modifie en profondeur toute la définition des PME ou fasse sortir les plus grandes PME de la définition. Ce que nous espérons voir l'année prochaine, c'est un débat de fond sur les différences substantielles entre les micro, petites et moyennes entreprises, qui tombent toutes sous le coup de cette définition. Tout comme la législation européenne sur « toutes les entreprises » n'est pas appropriée, dans de nombreux cas il en va de même pour « toutes les PME ».

M. Gibbels a ajouté : « Une entreprise de quatre employés est tout à fait différente d'une entreprise de 200 employés, pourtant toutes deux sont des PME. Ces différences devraient être mieux soulignées et reflétées dans la législation européenne ». 

Prochaines étapes : 
  • 2012 : la Commission lancera le débat sur la définition des PME.

You stole my bowl
Contexte : 

La Commission européenne a proposé le Small Business Act (SBA) en juin 2008, qui a été adopté par les Etats membres en décembre de la même année.

L'idée initiale était de mettre les PME au premier plan de la prise de décision et de faire glisser l'attention des politiques de création d'emploi européennes des grandes aux petites entreprises, à une époque où nombreux sont ceux qui craignent que la concurrence face aux pays où la main-d'oeuvre est à bas coût puissent donner lieu à d'importantes pertes d'emploi.

La crise économique et financière a toutefois reporté l'attention sur des mesures visant à assurer la survie des petites entreprises, qui ont été sévèrement touchées par l'effondrement des banques et la réduction des liquidités sur les marchés.

On estime qu'en Europe, les PME représentent 99 % des entreprises, ce qui correspond plus ou moins à 70 % des emplois et du PIB de l'UE, et leur flexibilité est perçue comme l'un des plus grands moteurs de l'innovation et de la création d'emplois futurs.

L'exécutif européen a déjà révisé la directive sur les retards de paiement, en accord avec les engagements pris dans le SBA, bien que les associations d'entreprises continuent de se plaindre des délais.

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