Solar Impulse, qui a récemment atterri à Bruxelles suite à son premier vol international, représente une pièce maîtresse en termes de promotion des technologies renouvelables auprès des dirigeants politiques, surtout pour le marché des véhicules électriques.
Avec l'envergure d'un avion de taille moyenne et le poids d'une voiture familiale, cet avion, piloté par le Suisse Andre Borschberg, est le plus grand appareil de ce poids à avoir été conçu jusqu'à présent.
Il aura fallu sept années de travail pour mettre en place les cellules photovoltaïques intégrées dans une structure en carbone qui alimentent quatre moteurs électriques en énergie renouvelable et rechargent les batteries en lithium polymère au cours de la journée, permettant ainsi au « Solar Impulse » de voler la nuit.
M. Borschberg a atterri sain et sauf à Bruxelles le soir du vendredi 13 mai après avoir quitté la base de Payerne en Suisse peu après 9 heures du matin. Le départ a été légèrement différé, dans la mesure où l'équipe de contrôle de la mission en Suisse a dû attendre que les vents au-dessus des Alpes s'apaisent.
L'avion a atteint l'altitude de 3600 mètres à laquelle il peut emmagasiner une quantité optimale de rayons solaires. M. Borschberg, un ancien soldat suisse de 57 ans, disposait tout de même d'un parachute en cas de problème.
Un espoir pour les voitures électriques ?
Cet appareil n'a toutefois pas été conçu comme un prototype d'avion pour le transport de passagers et sa technologie novatrice est davantage adaptable aux voitures électriques.
Claude Michel, vice-président de l'entreprise belge Solvay spécialisée en chimie, le principal partenaire de Solar Impulse depuis 2004, a déclaré : « Les deux technologies qui sont utilisées dans l'avion, la maximisation du ratio efficacité/poids et les matériaux ultralégers, peuvent toutes deux s'appliquer à la conception de voitures électriques plus efficaces. Si vous pouvez réduire le poids, alors vous pouvez réduire les émissions ».
Attraction aérienne
L'appareil sera au centre de l'attention pendant son séjour à Bruxelles lors des prochains jours à l'occasion de la Semaine verte. Il est entreposé dans un hangar de l'aéroport de Zaventem dédié à l'éducation et aux divertissements.
Il a été présenté hier (23 mai) lors d'un dîner auquel ont participé Connie Hedegaard et Viviane Reding, les commissaires européennes en charge de l'action climatique et de la justice respectivement.
Le pilote et cofondateur du projet, Bertrand Piccard, a déclaré à l'assemblée : « Les dirigeants politiques ont besoin du même esprit pionnier que celui de l'industrie aéronautique, aujourd'hui plus que jamais, car les défis qui nous attendent en termes de dépendance aux carburants fossiles sont plus importants que jamais ».
La commissaire à la justice, Viviane Reding, a comparé le Solar Impulse à un « oiseau qui représente le rêve européen ». Elle a déclaré : « Nous avons besoin d'un rêve et de voir que ce rêve peut devenir réalité ».
Alexandra Gindroz, la porte-parole du projet, a affirmé que l'équipe du Solar Impulse attendait également la visite du président de la Commission, José Manuel Barroso, du commissaire au transport, Siim Kallas, du commissaire à l'énergie, Günther Öttinger, d'ambassadeurs et de l'eurodéputé allemand social-démocrate Joe Leinen accompagné des membres de la commission de l'environnement du Parlement qu'il préside.
L'avion restera à Bruxelles jusqu'à son envol pour le Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace à Paris où il sera exposé. L'équipe se concentrera ensuite sur la traversée de l'Atlantique avant de tenter un vol autour du monde en 2013 avec cinq escales seulement.



