A l'échelle mondiale, cette technologie a été touchée par une chute des prix due à sa surcapacité et à la récession, favorisant ainsi la compétitivité de la technologie concurrente dans ce domaine, l'énergie photovoltaïque (PV).
Mariàngels Pérez Latorre Latorre, la secrétaire générale de l'association européenne de l'industrie solaire thermoélectrique, a déclaré que l'initiative du gouvernement américain, annoncée le 25 octobre, ne changerait pas réellement la donne.
« Ce n’est rien », a-t-elle affirmé à EurActiv. « Cette somme représente un cinquième du prix d'une petite centrale de production de 100 MW, qui coûte généralement aux alentours d'un demi-million de dollars. »
Aux États-Unis, les décisions concernant le financement de la construction de ce genre de centrale font encore défaut, a-t-elle ajouté. Les partisans du solaire à concentration ne sont toutefois pas encouragés par les choix de financement du gouvernement américain.
Un recul certain
En août, Solar Trust of America, une coentreprise rassemblant les sociétés allemandes Solar Millennium AG et Ferrostaal AG, a annoncé qu'elle passerait du solaire à concentration au photovoltaïque, avec l'ouverture d'une nouvelle centrale de plusieurs milliards de dollars à Blythe, en Californie.
En octobre, Solar Millennium, une entreprise spécialisée dans le solaire à concentration, a vendu l'ensemble de son portefeuille solaire américain 2,25 GW. L'entreprise s'est déclarée « prête à jouer le rôle de partenaire de projet, dès que la demande américaine pour l'énergie solaire stockable reprendrait ».
Quelques semaines auparavant, le promoteur industriel de solaire à concentration Stirling Energy Industries avait déposé son bilan.
Le retour à une ancienne technologie
Christopher Burghardt, le vice-président de l'entreprise First Solar, a déclaré à EurActiv que la course à la technologie solaire pouvait être comparée au conflit « VHS-Betamax » — en référence à la guerre des cassettes vidéo qui a vu le format VHS prendre le dessus dans les années 1980.
« Mais la métaphore n'est pas fameuse, car Betamax était en réalité meilleur que VHS, et ils ont tous deux disparus », a-t-il ajouté.
« Sur le marché, le photovoltaïque est le grand vainqueur », a-t-il affirmé. « Le problème est que le fonds de la Banque mondiale pour les technologies propres ne bénéficie qu'au solaire à concentration dans le nord de l'Afrique, une région très prisée par certains gouvernements européens qui encouragent leurs entreprises à s'y installer.
« Dans ces pays, les gouvernements sont parfois poussés à adopter une technologie qui, clairement, ne fonctionne pas très bien dans les pays développés » a-t-il poursuivi. « Nous devrions adopter une approche neutre face à la technologie ».
En Afrique du Nord, de nombreux projets de solaire à concentration sont actuellement encadrés par l'initiative industrielleDesertec, qui vise à répondre, à terme, à 15 % des besoins en électricité de l'Europe.
Paul Van Son, le dirigeants de Desertec, affirme que cette technologie s'avère « très coûteuse » et n'en est «qu'à ses balbutiements » Il pense cependant qu'elle va évoluer.
« Il est normal d'avoir toute sorte d'idées pour l'avenir », a-t-il déclaré à EurActiv. « Bon nombre de technologies auxquelles personne ne croyait ont fini par percer, alors que d'autres, qui étaient attendues, n'ont jamais eu de succès ».
« Nous constatons simplement que cette technologie semble prometteuse, elle suscite l'intérêt des acteurs industriels et des gouvernements, c'est pourquoi nous avons souhaité franchir le pas ».
Certaines organisations militant pour le respect de l'environnement craignent que si les deux technologies sont dressées l'une contre l'autre, les seuls vainqueurs soient les carburants fossiles et l'industrie nucléaire.
« Nous avons besoin de toutes les technologies disponibles dans le secteur du renouvelable si nous voulons que 100 % [des réserves énergétiques] soient fondées sur ce type d'énergie au plus vite, a déclaré à EurActiv Sven Teske, responsable de la campagne Énergies renouvelables à Greenpeace International.
« L'avantage du solaire à concentration, c'est qu'il bénéficie d'une technologie de stockage bien développée. Par conséquent, les centrales de solaire à concentration peuvent fournir de l'énergie cyclable, qu'on peut stocker et utiliser aussi pendant la nuit », a-t-il expliqué.
M. Tesk a ajouté qu'à moyen terme, les deux technologies pourraient être complémentaires, malgré la « concurrence acharnée » qui existe entre elles.



